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Voyage en Italie (1954) Roberto Rossellini

Voyage en Italie (1954) Roberto Rossellini

Publié le 15 janv. 2022 Mis à jour le 15 janv. 2022
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Voyage en Italie (1954) Roberto Rossellini

Je ne t'aime plus, mon amour

La rencontre entre Roberto Rossellini et sa muse Ingrid Bergman mettra fin à la période néoréaliste du réalisateur. C'est une des grandes critiques que les italiens lui feront, en particulier avec ce Voyage en Italie. Pourtant, cette analyse d'un couple en déconfiture ouvrira par la suite la voie à de nombreux auteurs. On pense bien sûr à Michelangelo Antonioni qui usera de ce thème tout au long de sa filmographie. Mais là où Antonioni scrute avec froideur et distance ces couples qui se déchirent, Rossellini, lui, laisse une grande place aux sentiments et aux émotions qu'étreignent ses personnages. En cela la film préfigure la Nouvelle vague dont les auteurs seront les premiers à reconnaître au film ses vertus et sa modernité.

Katherine et Alexander Joyce sont un couple d'anglais mariés depuis neuf ans faisant un voyage en Italie pour régler les détails d'une succession. Dès leur arrivée, ils commencent déjà à se chamailler et se posent des questions sur la solidité de leur mariage. Il faut dire que le contraste est flagrant : pour leur premiers moments d'intimité depuis leur union, ces deux britanniques se retrouvent dans un pays étranger en totale rupture avec  ce qu'ils connaissent. Ils y découvrent une exubérance toute latine, la dolce vita et les merveilles archéologiques. Tandis que Katherine découvre avec émotion des richesses culturelles insoupçonnées, Alex, archétype de l'anglais rigide, se laisse aller aux délices du petit jeu de la séduction à la méridionale.

Petit à petit la découverte de l'échec de leur couple aura diverses répercutions sur l'un et sur l'autre. Ils se rendent compte bien malgré eux qu'ils ne sont pas heureux, mais aussi à quel point ils peuvent être jaloux et possessifs. Ce déluge d'émotions les déconcerte et les amène à remettre en cause tous les fondements de leur relation. C'est quasiment ici une révolution copernicienne qui est effectuée, tant à cette époque la plupart des histoires de couples étaient des histoires d'amour avant tout, et non pas des histoires de ruptures sentimentales. De plus, Roberto Rossellini ne s'encombre pas dans son analyse d'une étude psychologique fouillée à la façon d'Ingmar Bergman. C'est bien les expériences vécues par les protagonistes de Voyage en Italie qui les amènent à se remettre en question.

Ainsi la découverte des joyaux du musée montrant une panoplie de statues d'hommes nus va perturber Katherine tandis qu'Alex perdra un peu de son flegme devant quelques belles italiennes rencontrées au gré de son périple. Ainsi c'est par l'image que Roberto Rossellini veut nous faire ressentir les émotions, pas par un discours dogmatique.  Et des images, on en a à profusion, entre les superbes paysages italiens, l'impressionnante visite du Vesuve et la découverte d'un couple enlacé figé sur le site de Pompéi. C'est aussi en cela qu'on voit l'importance de Voyage en Italie pour les auteurs de la Nouvelle vague, tels Jacques Rivette qui en a fait l'éloge dans un célèbre article, ou Jean-Luc Godard, qui en reprendra quelques images dans Le mépris, là encore une histoire de couple fragilisé.

Si le cinéma de Roberto Rossellini est difficile à appréhender, Voyage en Italie est peut-être un de ses films les accessibles. Ayant recours à des acteurs professionnels et connus, en racontant une histoire linéaire et universelle, il en facilite l'accès pour le spectateur. Du reste, les deux interprètes sont exceptionnels, Ingrid Bergman toute en finesse et élégance, et George Sanders discret mais néanmoins expressif. Cependant le film n'en reste pas moins rugueux et opaque pour qui ne se laisse pas aller à ses émotions, ce qui est justement l'objet crucial de toute cette querelle entre ces deux personnages. C'est toute l'ambiguïté du film : à la fois âpre dans son propos et sensuel dans sa manière de le démontrer, il peut aussi bien dérouter que charmer.

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