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Flag day (2021) Sean Penn

Flag day (2021) Sean Penn

Publié le 1 oct. 2021 Mis à jour le 1 oct. 2021
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Flag day (2021) Sean Penn

Profession du père

C’est le producteur William Horberg, proche de Sydney Pollack, qui décide d’adapter le roman autobiographique de Jennifer Vogel. Il propose à deux frères scénaristes, Jez et John-Henry Butterworth, de se lancer dans ce projet, puis Sean Penn se montre intéressé par la réalisation du film. Il choisit assez rapidement d’engager sa fille Dylan, ce qui résonne par rapport aux thématiques du long-métrage, mais aussi son fils Hopper, qu’il a eu avec Robin Wright. La musique originale est confiée à Joseph Vitarelli, qui avait déjà effectué un travail formidable dans Crossing guard. Quant à la photographie du film, elle est confiée à Danny Moder, qui, pour la petite histoire, a grandi dans la même ville que Sean Penn, et est accessoirement le mari de Julia Roberts. Tourné en 2019, le film attendra l’été 2021 pour être présenté en Sélection officielle au Festival de Cannes, duquel il revient bredouille, tout comme précédemment The pledge et The last face.

Une enquêtrice explique à Jennifer que son père, John Vogel, a écoulé des milliers de faux billets de banque, et en a fabriqué des millions. Des souvenirs de son enfance lui reviennent alors, qui débutent quand ils se sont installés, avec sa mère, Patty et son frère, Nick, dans une petite maison payée à crédit. Elle était en ruine et ses parents la rénovaient en écoutant des sonates composées par Frédéric Chopin. Il pouvait se montrer tendre avec elle, une grande complicité les unissait, et elle admirait cet homme fantasque et rêveur qui lui faisait comprendre que le Monde entier était à sa portée. Mais un jour il est parti, les laissant seuls avec Patty et Nick. Tandis que leur mère se laisse aller, buvant et ne faisant rien de ses journées, Jennifer fantasme sur une autre vie. Elle décide un jour de partir avec Nick pour rejoindre John, qui a emménagé avec une autre femme. Accompagnés par leur oncle, ils le retrouvent et vivent des retrouvailles intenses, retrouvant brièvement la proximité qu'ils avaient perdue.

On peut dire que Flag day est une histoire de résilience. On suite les pensées de Jennifer, et embarquons dans sa mémoire sélective. Il faut bien reconnaître qu'elle a dû faire face à de nombreux obstacles. Grandir avec une mère alcoolique, puis avec un beau-père violent, voire pire. Quitter le domicile familial à 15 ou 16 ans, traverser plusieurs États sans argent, lutter contre diverses addictions, et surtout supporter un père affabulateur et manipulateur. N'en jetez-pas, la coupe est pleine, et le scénario du film est bien chargé. On peut toutefois remercier Sean Penn de ne pas en faire un mélodrame larmoyant avec force violons, retenant l'émotion à sa place. Il tente plutôt, aidé par le livre dont est issu le film, d'adopter le point de vue changeant de cette adolescente paumée, qui aime son père mais doit bien se rendre à l'évidence qu'il est loin de cette figure qu'elle s'est imaginée. Sauf que sans plus de repère du côté maternel, elle doit se construire toute seule et en cela, cette figure de résilience, dont on nous fait bien comprendre qu'elle existe, à de quoi susciter, si ce n'est notre admiration, tout du moins le respect.

Ce que nous raconte Flag day, c'est aussi, en creux, le portrait d'une Amérique, tout du moins des États-Unis. Né un jour de commémoration national, John va se faire un point d'honneur, alors qu'il n'a pas vraiment le profil du républicain patriote à outrance, de participer à toutes les manifestations annuelles avec ses enfants. Ainsi une certaine idée d'un certain culte de la Nation nourricière sous-tend certaines scènes, comme ces longs plans mettant en avant les paysages, et ces champs qui s'étendent à perte de vue. À force de les voir chez Terrence Mallick ou chez Ridley Scott, on est habitué à ces images d'une nature forte et immuable. Et puis il y a cette idée selon laquelle on peut être un « self made man », ou plutôt ici une « self made woman ». On retrouve cette idée du pays qui produit de beaux enfants, et qui est une fois de plus personnifié par la narratrice. Sauf qu'en l'occurrence ce beau schéma est quelque peu perverti, si l'on considère le destin de son père. C'est comme si les rouages étaient grippés, mais que malgré tout une bonne chose pouvait en être extraite.

Car comme de nombreux films très, voire trop, américains, Flag day possède en lui une sorte de naïveté un peu énervante. Les éléments sont blancs ou noirs, jamais dans la mesure, et très peu de réflexion n'émaille ce récit trop personnel. On sent que Sean Penn, et les scénaristes du long-métrage, qui ont adapté l'autobiographie, ne sont pas parvenus à se détacher de l'histoire que nous conte l'écrivaine. Le résultat est un peu lourd, un peu lent, un peu aseptisé, et l'on peine à savoir le message qu'ils veulent nous transmettre. Reste que les interprètes sont à la hauteur, en particulier Dylan Penn, qui se révèle en tant qu'actrice en devenir, physiquement à mi-chemin entre Renée Zellweger et Jennifer Lawrence. Mis à part ça, la musique est jolie, et on est assez content de réentendre du R.E.M., avec ce Drive qui arrive à point nommé dans le récit. On ne s'ennuie pas vraiment, même si le film aurait gagné à être un peu plus sec : on se dit en sortant que c'est pas grand chose mais c'est déjà ça. 

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