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Filles de joie (2020) Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich

Filles de joie (2020) Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich

Publié le 22 juin 2020 Mis à jour le 22 juin 2020
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Filles de joie (2020) Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich

Émancipation et solidarité féminine

Le projet d'écrire un film comme Filles de joie est venu à Anne Paulicevich quand elle a appris qu'elle allait avoir une fille. Elle écrit une ébauche de scénario et en discute avec son mari Frédéric Fonteyne. Le réalisateur d'Une liaison pornographique s'embarque dans l'aventure et ils décident d'approfondir le sujet. Elle cherche alors à rencontrer des prostituées et parvient par un concours de circonstances à aller dans un bordel en Belgique. Elle observe alors ce qui s'y passe, et discute avec ces femmes qui ont très souvent une vie de famille et des amours. Trouvant le sujet passionnant, ils commencent à monter leur long-métrage, attachant un point tout particulier au casting. Le choix des trois personnages principales leur semble essentiel, et ils parviennent à convaincre Sara Forestier, Noémie Lvovsky et Annabelle Lengronne, qui vont toutes trois passer du temps avec des travailleuses du sexe. Le film, dont la sortie était prévue mi-mars, voit sa sortie repoussée en raison de la crise sanitaire provoquée par l'épidémie de Covid-19.

Sous la pluie, trois femmes traînent un corps inerte dans la boue et l'enterrent. Plus tôt, dans une tour HLM du Nord, Axelle élève en compagnie de sa mère ses trois enfants turbulents. Elles ont du mal à joindre les deux bouts, ce qui occasionne des disputes entre elles. En rentrant chez elle après les avoir amené à l'école, elle se fait siffler par une bande de jeunes de la cité. Elle retrouve ses amies Dominique, elle-même mère d'un garçon et d'une fille, et Conso, avec qui elle part dans une maison close en Belgique où elles officient en tant que call-girls. Plus tard, elle est convoquée par l'école de son fils car il a violenté un de ses camarades. Elle refuse de parler à son mari et lui demande de s'adresser directement à son avocat. Il la suit et la retrouve sur son lieu de travail, où il lui fait du chantage en la menaçant d'appeler la police. Il lui demande alors de jouer un rôle, celui de jeunes mari et femme, avant de lui faire l'amour brutalement.

La structure narrative de Filles de joie n'a rien de novateur mais s'adapte assez bien à son récit. La première scène met le spectateur dans l'ambiance : la pluie est battante, la caméra éloignée, trois silhouettes portent un cadavre. Puis on plonge directement dans le quotidien du personnage interprété par Sara Forestier, et l'on constate alors que nous avons affaire à un drame réaliste. Nous appréhendons ainsi l'histoire selon son point de vue jusqu'à un point de rupture. À partir de là, une autre perspective de ce même incident nous est offerte avec le vécu de Conso, qui prend les traits d'Annabelle Lengronne, qu'on a notamment pu voir dans La Fine Équipe. On pense alors bénéficier d'un troisième point de vue, celui du rôle de Noémie Lvovsky, mais pas du tout : le film s'achemine doucement vers sa résolution, qui boucle avec son prologue. Le scénario est ainsi bien ficelé et la durée relativement courte du long-métrage permet de n'aborder que l'essentiel : voilà qui est rondement mené.

Il ne faut toutefois pas se fier à l'affiche et à la bande annonce de Fille de joie, toutes deux aux allures pop. La thématique principale abordée par le film n'est pas vraiment drôle. Même si son titre insiste sur le fait que ces femmes là ont choisi leur activité, et qu'elles l'exercent principalement dans des conditions qui semblent joyeuses, ce qu'elles vivent n'a rien de bien affriolant. Entre les insultes qu'elles doivent supporter au quotidien, la charge mentale qui leur incombe dans leurs foyers respectifs et les violences qu'elles subissent, on ne peut guère les envier. C'est d'ailleurs un peu ce que l'on peut reprocher au film, que de surcharger les souffrances de ses protagonistes mais il faut avouer que c'est aussi en partie sa raison d'être. On comprend bien les intentions, louables, de la réalisatrice et le réalisateur, et on ne peut qu'être d'accord. Ces trois femmes deviennent alors au film du long-métrage des figures de l'empowerment, très en vogue actuellement.

Si les femmes de Filles de joie sont justement mises en valeur, on ne peut dire que ce soit le cas de leurs homologues masculins. Les hommes du film ne sont résumés que par leur rapport au sexe et à la violence. Ils sont  d'ailleurs tous soit concupiscents soit impuissants, et quand ils ne sont pas transparents c'est pour lever la main sur leur compagne ou la tromper. Cette vision pessimiste de la nature ne semble d'ailleurs pas s'arranger avec le temps puisque même les jeunes générations ne sont pas épargnées. Pour servir leur propos, Anne Paulicevich et Frédéric Fonteyne adoptent une mise en scène assez élégante, bien qu'un peu trop maniériste. Certains flous artistiques pourraient nous être épargnés et la lenteur de certaines scènes nuit un peu au déroulement du récit, et au global l'image est un peu trop léchée. Niveau casting, les trois actrices principales semblent s'être bien entendues et donnent corps à ces femmes fortes qui ne s'en laissent pas compter.

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