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The tree of life (2011) Terrence Malick

The tree of life (2011) Terrence Malick

Publié le 3 janv. 2022 Mis à jour le 3 janv. 2022
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The tree of life (2011) Terrence Malick

2011, l’ode hissée de la vie

Rares sont les réalisateurs à savoir prendre de la hauteur. Avec The tree of life, certains n'ont plus douté de la capacité que possède Terrence Malick à se hisser à de tels sommets. Avec seulement cinq films en plus de 25 ans, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il prenait son temps jusqu'au début des années 2010, et il avait alors bien raison au vu de la qualité de ses réalisations. Pas une fausse note, et chacun des films était attendu de pied ferme par une nuée de fans hystériques. Et le pire, ou le meilleur c’est selon, c’est qu’ils n'étaient généralement pas déçus. Ou plutôt si, certains le furent, et retournèrent leur veste jusqu’à la détestation. C’est peut-être là qu’on pouvait y voir la patte d'un grand créateur. Les années suivantes furent prolixes, puisque durant cette décennie le cinéaste réalisa six longs-métrages, d'une qualité beacoup moins constante.

Dans son village du fin fond des États-Unis, Jack grandit dans les années 1950 entouré de ses parents et de ses deux frères. Son père est ambirieux et individualiste, mais surtout, autoritaire, il veut apprendre à ses fils ce qu’est la vie. Qu’elle est dure parfois, et qu’on doit être fort pour s’en sortir et devenir un homme de bien. Sa mère, une femme au foyer sensible et délicate, n’est que tendresse et affection. Figure angélique, elle prodigue à ses hommes tout l’amour qu’elle peut donner et les éduque religieusement, tentant de transmettre un message de fraternité chrétienne. Entre jeux initiatiques et nature environnante, les trois garçons apprennent la vie, s’endurcissent. Ils vont connaître leurs premières joies et leurs premières peines, sans cesse écartelés par ces deux figures paternelles et maternelles.

Si émotion il y a dans The tree of life, elle est avant tout esthétique. Beauté des plans magnifiant la nature, photographie soignée : chaque image pourrait être en elle-même un tableau de maître. Le film nous rappelle ainsi que le cinéma est encore un art, au-delà de l’usine à pop-corn industrie lucrative qu’il est parfois devenu. La force des images et parfaitement renforcée par une mise en scène fluide et élégante : le film devient élégiaque, un poème sur la beauté du monde qui nous entoure et sur l’existence. Pour peaufiner son cadre et ses images, Terrence Malick a pu compter sur le talent de son chef-opérateur, Emmanuel Lubezki. Celui qui, par la suite, récoltera trois années de suite l'Oscar de la meilleure photographie, met parfaitement en valeur la nature, élément essentiel du long-métrage.

La réflexion prend alors le pas sur l’esthétique, et le propos du metteur en scène prend tout son sens, doucement, délicatement. C’est également un des paradoxes du septième art, maintes fois évoqué par les théoriciens du cinéma, que nous propose The tree of life. La caméra, en filmant, transforme l’être humain en un objet, dématérialisé, et le sujet cesse d’être par lui-même pour ne devenir que représentation. Ce n’est qu’en le mettant face à une réalité qui le dépasse que l’humain reprend sa subjectivité, et pour en savoir plus, et mieux, il suffit de se référer, par exemple, aux écrits du brillant critique allemand du début du XXe siècle, Siegfried Kracauer. Sans se montrer pédant, Terrence Malick nous fait ici ressentir la place de l'humanité, et la contextualise, uniquement avec sa mise en scène et la force de son médium.

Contraint d’admettre qu’il n’est que poussière à côté d’une immensité qui le dépasse, et dont il fait pourtant entièrement partie, l’homme apprend la modestie. D’ailleurs qui peut aujourd’hui se targuer de pouvoir aligner une magnifique, et longue, séquence sur le Big Bang pour ensuite nous narrer les aventures éphémères d’un jeune garçon parmi tant d’autres, et pourtant ô combien singulier ? Démesure de l’absolu, dérisoire beauté de l’intime : The tree of life est un sublime voyage à partager. Bien entend, il fait partie de ces films clivants, qui d'une part s'apprécient beaucoup mieux devant un grand écran, et d'autre part ne font pas que des heureux, bien au contraire. La réception du film au Festival de Cannes fut ainsi chahutée, tant par ses défensers que par ses détracteurs, avant que le film ne décroche la Palme d'or.

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