Enfin libre

Odeur divine de printemps. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas humé ce parfum si frais et délicat. Plusieurs années. 10, ou peut-être 15. J’ai arrêté de compter. Trop fatigué. Trop las.

Les scientifiques nous avaient prévenus. Ils nous avaient mis en garde. Mais nous n’avons pas su écouter. Nous avons refusé d’entendre. Jusqu’au jour où tout s’arrêta. La vie disparut de la surface de la Terre. Les plantes, les animaux puis nous.

Je ne me souviens pas vraiment ce qu’il s’est passé. J’étais beaucoup trop jeune pour comprendre. Je me rappelle seulement avoir aperçu une lumière brûlante et des bras puissants attraper mon corps fébrile. Et puis plus rien…

Je me suis réveillé quelques jours plus tard, dans une pièce sombre et humide entouré de dizaines d'inconnus. Des hommes, des femmes, des enfants. Confinés dans ce bunker high-tech. Au fil du temps, ils sont devenus ma famille. Ils m’ont protégé, nourri, instruit.

Mais cette pseudo-vie ne pouvait être éternelle. Nos installations nous lâchèrent une à une. La nourriture se fit de plus en plus rare. L’air devint de plus en plus vicié. Les disputes se multiplièrent. Pour un morceau de pain. Pour une couverture. Pour un rien.

Alors je me suis enfui. J’ai actionné cette porte massive qui nous isolait de la mort. Dans une plainte effroyable, elle s’ouvrit laissant entrer une douce brise. Le soleil réchauffa ma peau blafarde. Je pris une profonde inspiration attendant que mes yeux fatigués s’adaptent à cette nouvelle luminosité.

Quel spectacle époustouflant. La nature avait repris ses droits. Elle était revenue à la vie et avait envahi la ville. Cette architecture terne de métal et de verre était à présent verdoyante. Somptueuse.

 

20 minutes chrono, sans relecture.

Texte de L.S.Martins

Image par Igor Schubin de Pixabay : Résumé Arch Architecture - Photo gratuite sur Pixabay