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Urilgarde

Urilgarde

Publié le 6 déc. 2022 Mis à jour le 29 mai 2024 Science fiction
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Ma belle Urilgarde... Du haut de ma prison dorée, je ne me lasse de t'admirer. Lorsque les nuages se retirent, telle une mer de coton, je vois apparaître tes courbes délicates et te regarde te réveiller. Je me délecte de chaque lever et coucher du jour appréciant les magnifiques couleurs du ciel jouer avec les yeux de tes bâtisses immenses et les lumières peu à peu illuminer leurs façades incroyables.

Je t'ai vu grandir alors que peu croyait en toi. L'immensité de ce ciel étoilé et tes terres sauvages semblaient les effrayer. Il faut dire que cette nature indomptée leur a réservé quelques belles surprises : inondations, glissements de terrain, empoisonnements, etc. Elle ne les a pas épargnés ! Pourtant, cela ne t'a pas empêché de naître.

À présent, tu es prospère et splendide, fière de te dresser devant mes yeux fatigués. Tu t'étends sur des kilomètres, protégée par ces tours gigantesques, surveillée depuis les cieux par ces drones effrayants.

Je n'ai jamais eu la chance de te visiter. Personne ne m'y a autorisé, moi le misérable Terrien. À leurs yeux je ne suis qu'un cancrelat, qu'un horrible cafard indigne de ta beauté. Ils ont sûrement raison... Pourtant, il me tarde de pouvoir fouler les pavés de tes rues animées, de respirer les odeurs alléchantes de tes étalés colorées. Peut-être serais-je déçu, moi le rêveur invétéré. Peut-être que le travail de tes créateurs ne sera jamais à la hauteur de mon inventivité. Peut-être que tu n'es faite que de métal et de verre, déshumanisé et stérile, à l'image de ces bâtiments au loin.

Oh, Urilgarde… je souffre de ne t’avoir jamais réellement visitée. Depuis ma capture, je ne suis jamais sorti de cette chambre d'acier. Oui, je jouis d'une vue imprenable sur toi. Oui, je suis nourri et plutôt bien traité, si l’on oublie le collier électrique qu’on m’a mis avant de m’installer ici, mais ma planète me manque. La voir m’aide mais ne me console guère. La nostalgie me ronge et la solitude me rend fou. Alors je passe mes journées à me raconter tes histoires, tes légendes que seul moi connaît.

Texte de L. S. Martins (20 minutes chrono, sans relecture). 
D'après Image par gene1970 de Pixabay : Espace Ville Planètes - Photo gratuite sur Pixabay

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