Les amours imaginaires (2010) Xavier Dolan

Les amours imaginaires (2010) Xavier Dolan

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Les amours imaginaires (2010) Xavier Dolan

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L’ange exterminateur de l’amour sublimé

À l'orée des années 2010, bien des spectateurs sont tombés en amour avec Xavier Dolan. Ce jeune homme de 21 ans avait alors tout simplement les allures de l'homme parfait : beau comme un dieu, il réalisait, écrivait ses scénarios, jouait dans ses films qu’il produisait, montait et accessoirement en choisissait les costumes. Lorsque sortait Les amours imaginaires, peu avaient vu son premier film, J’ai tué ma mère, sorti un an auparavant et sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes, mais en avaient alors entendu énormément de bien. En 2010 c’est à la section Un certain regard qu’était présenté Les amours imaginaires, un film solaire et enivrant.

C‘est à un dîner que Francis et Monia rencontrent Nicolas. Les deux amis tombent immédiatement sous le charme du bel adonis et ils décident de se revoir tous les trois. Une réelle complicité s’installe progressivement, au fur et à mesure des différents rendez-vous qu’ils programment. Et plus ils se voient, plus Francis et Monia deviennent dépendants des moments passés avec Nicolas. À un tel point qu’ils désirent maintenant le voir seuls, et qu’ils commencent à se jalouser l’un l’autre, au point de pratiquement mettre en péril leur solide amitié.

Un film qui contient dans sa bande originale une version de Bang bang ne peut pas être mauvais. C’est un axiome que l'on peut théoriser et qui s’est pour l’instant toujours vérifié. Le court métrage de François Ozon, Une robe d'été, ou bien le premier volume du Kill Bill de Quentin Tarantino en sont une preuve éclatante. La chanson, tout comme l’ensemble de la bande son, a  une place importante dans Les amours imaginaires. Le film prend d'ailleurs énormément soin de tous les détails qui le composent - musique, lumière, couleurs, costumes : tout y est harmonieux. On pourrait d'ailleurs considérer, et nombreux sont ceux qui ne s'y sont pas gêneés que le genre que se donne le film a un côté arty agaçant.

Mais on peut tout aussi bien trouver que, au contraire de chez Sofia Coppola où pleins de détails sont superfétatoires et inutilement empruntés, le style de Xavier Dolan sert ici parfaitement son propos et le magnifie. Le trio amoureux, voilà un sujet moult fois rabattu et sur lequel il est difficile de rajouter quelque chose de nouveau. Or, dans Les amours imaginaires, le scénario, s'il est fin comme une feuille de papier, est subtile et original. Xavier Dolan nous parle avant tout de l’idée de l’amour plus que de l’assouvissement de celui-ci. Et par ce biais, le réalisateur s’attache plus à nous faire le portrait des deux victimes de cet adonis, ce bel indifférent qui fait des ravages.

Francis, finement interprété par Xavier Dolan lui-même est un jeune homme fragile et timide qui idéalise l’être aimé et souffre de ne pas être aimé en retour. Marie, quant à elle, magnifiquement campé par l'exquise Monia Chokri, exprime par une rage intérieure qui explose à certains moments son manque d’amour et de reconnaissance. Ces deux êtres et les relations qu'ils  nouent avec leur bourreau sont magnifiés par une caméra aimante, et l’intrigue principale est entrecoupés de saynètes à mourir de rire sur diverses expériences amoureuses. Tout est beau dans Les amours imaginaires, on s’y laisse séduire, on s’emballe, on est ému par ces personnages plus vraiment adolescents et pas encore tout à fait adultes.

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