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Ce n'est qu'une autre victime

Ce n'est qu'une autre victime

Published Jan 29, 2021 Updated Jan 29, 2021
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Ce n'est qu'une autre victime

Suite de l'histoire du 19 décembre : L.S. Martins Univers - Un jour une image - Le globe d'acier

–      Moridan, ramène tes fesses ! J’ai trouvé des survivants ! 

Il s’était écoulé près de deux jours depuis l’explosion du bloc aux portes de la ville. Deux jours sans trouver aucun rescapé ! Nous avions fouillé tous les débris des immeubles autour de la base, mais rien. Enfin… Seulement des corps brûlés, criblés de métal ou broyés. Une véritable hécatombe ! 

Léila, suivie de ses deux molosses, avait décidé d’arpenter les souterrains qui courraient sous la ville. Construits à partir des égouts, il y a 20 ans, peu de temps après l’apparition des premiers globes sur Terre, ils avaient permis aux plus chanceux de survivre à ces attaques venues d’un autre monde. 

Un véritable dédale… Sans mon PIP-Boy au poignet, je me serais perdu ! Difficile de suivre Léila qui arpentaient à toute allure ces couloirs sombres et humides. Même, si de temps en temps, elle faisait demi-tour pour voir si je suivais et me gueuler dessus.

–      Mais merde ! Moridan, tu fous quoi ? 
–      J’arrive. C’est bon ! 

J’aperçus enfin la lumière blafarde de vielles ampoules éclairant une vaste salle. Elle avait trouvé un nid de survivants. Des hommes, des femmes, des enfants et même quelques animaux, regroupés dans cette infâme taudis qui sentait la merde et la transpiration. J’en eus un haut-le-cœur. Je vis alors ma coéquipière, une arme sur la tempe, qui me flinguait du regard. 

–      Putain, le bleu. Je peux vraiment compter sur toi pour protéger mes arrières ! 
–      C’est marrant ça ! Je m’disais exactement la même chose ! Tu me laisses galérer comme un con au milieu de ce trou à rat depuis des heures ! Tu fais chier Léila.

Elle était tout à fait capable de désarmer toute seule son assaillant, mais pour une raison qui m’échappait elle ne fit rien. 

Un homme au visage creusé par la faim s’approcha de moi, me tenant en joue avec un antique fusil à pompe. Il me sourit de toutes ses dents rongées par le tabac, puis cracha au sol avant de me lancer avec un accent étrange : 

–      Qu’est-ce que vous venez foutre ici ? 
–      Rien, seulement une petite promenade en amoureux ! lui répondis-je avec insolence. 
–      C’est ça… Fais le malin ! Ta copine et toi, vous êtes un de ces connards qui tirent sur tout ce qui bouge là-haut ! 
–      Elle, oui ! Moi, je ne suis que le pauvre con qui doit la supporter tous les jours ! Elle et…

Merde ! Où étaient passés ses deux molosses ? Quelque chose clochait, mais quoi ?

–      Et quoi ? 
–      Son putain de sale caractère ! 

Il se mit à rire, posa son fusil sur son épaule et me tendit la main. 

–      Bienvenue chez nous, l’ami ! 

J’étais perdu. Que venait-il de se passer ? J’entendis alors Léila siffler et vis ses deux monstres hideux accourir. Elle était libre et me souriait. 

–      C’était une blague le bleu ! Rigole !
–      Une blague ? Et si j’avais tiré sur l’un de ces hommes ?
–      T’aurais eu les couilles, tu crois ? 

Je serrai des dents sans répondre à cette nouvelle provocation. 

–      Détends-toi l’ami ! Ça fait deux jours qu’on est coincé ici. Ça fait du bien de rire un peu ! Et puis, on risquait rien. Tu vois notre gars là-bas, caché dans la pénombre, eh bien rien qu’avec la pensée, il peut stopper une balle !

Je scrutais alors le coin sombre à la recherche d’un homme, mais ne vis qu’une créature étrange. Une tête allongée, grisâtre, et de grands yeux noirs. Un frisson me disloqua le corps. Un extraterrestre ? Je le mis en joue en criant : 

–      C’est quoi ça ? 
–      C’est bon, le bleu. Tout va bien. Il est inoffensif. Crois-moi ! 
–      Il ne fait pas partie de ces enfoirés de bonhommes verts qui ont essayé de nous anéantir ? 
–      Non, le bleu. C’est une de leur victime ! Comme nous ! Alors, pose ton arme qu’on discute ! 


30 minutes chrono sans relecture. 

Texte de L.S.Martins
 
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