facebook There Will Be Blood (Paul Thomas Anderson, 2007)
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There Will Be Blood (Paul Thomas Anderson, 2007)

There Will Be Blood (Paul Thomas Anderson, 2007)

Publié le 22 févr. 2021 Mis à jour le 22 févr. 2021
time 2 min

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There Will Be Blood (Paul Thomas Anderson, 2007)

Cela faisait déjà un moment que je voulais voir cette fresque contemporaine sur "la naissance d'une nation" ramenée à l'échelle d'un trou perdu regorgeant de pétrole. D'une grande maîtrise formelle tant dans le domaine des images (très belle utilisation de la profondeur de champ par l'utilisation des lignes de fuite dans les grands espaces, de la verticalité pour suggérer la construction du pouvoir ou du gros plan en plongée ou contre-plongée pour suggérer les rapports de force) que dans celui de la musique (qui souligne très efficacement les moments de tension), le film est la fausse success story d'un petit prospecteur devenu magnat du pétrole qui à force de misanthropie, d'individualisme, de cupidité et d'arrivisme acharné fait le vide autour de lui au point que sa vie n'a plus de sens (d'où le parallèle souvent effectué avec un autre célèbre self-made-man du cinéma: Charles Foster Kane dans "Citizen Kane") (1941). Il faut dire que tout dans le film de Paul Thomas ANDERSON est fait pour sonner faux et de ce fait, susciter l'esprit critique du spectateur: on y évoque la terre promise et l'on ne voit qu'une étendue stérile bientôt souillée par la matière visqueuse que Plainview arrache du sous-sol, on y parle de salut et d'élévation spirituelle mais on y est damné par la soif de l'or (noir) et les hommes se traînent misérablement au sol comme des vers de terre quand ils ne sont pas abattus comme des chiens, on y célèbre la famille mais les femmes -symbole de fertilité- en sont absentes et on s'y déchire quand celle-ci ne s'avère pas bâtie sur des faux-semblants (le faux frère, le fils adoptif renégat). Bref s'il y a un mot qui pourrait parfaitement qualifier le film de Paul Thomas ANDERSON, c'est "sécheresse".

J'ai cependant une réserve à apporter en ce qui concerne la direction d'acteurs. Daniel DAY-LEWIS dans le rôle du capitaliste et Paul DANO dans celui du prédicateur corrompu par l'argent sont tous deux un poil trop hystériques ce qui donne à leurs affrontements un caractère grand-guignolesque qui est peut-être voulu mais qui selon moi affaiblit le film. Plus de retenue aurait permis à celui-ci de gagner encore en puissance.

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