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La Grande ville (Mahanagar, Satyajit Ray, 1963)

La Grande ville (Mahanagar, Satyajit Ray, 1963)

Publié le 12 sept. 2022 Mis à jour le 12 sept. 2022
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La Grande ville (Mahanagar, Satyajit Ray, 1963)

"Les temps ont changé, les gens pensent autrement. Il faut accepter le changement. Le changement vient par nécessité." Cette phrase prononcée par Subrata (Anil CHATTERJEE) à son beau-père plus que réticent à l'idée de voir sa belle-fille travailler résume bien la philosophie des films de Satyajit RAY que j'ai pu voir. On y voit des gens s'accrocher à une illusion d'éternité figée alors que tout ne cesse de changer autour d'eux. Certains finissent par s'y résigner, d'autres s'y refusent et sont emportés par le vent de l'histoire en marche. Cette attitude n'est pas spécifiquement indienne, la difficulté à accepter le changement est universelle et c'est ce qui sans doute explique du moins en partie que les films de Satyajit RAY continuent à nous parler. Les difficultés économiques sont souvent le déclencheur du changement et "La Grande ville" en est le parfait exemple. Subrata avec son seul salaire doit faire vivre à Calcutta sa famille élargie de cinq personnes sans compter lui-même et il a bien du mal à joindre les deux bouts. Sa femme Arati (la charismatique Madhabi MUKHERJEE qui porte le film sur ses épaules), pourtant plutôt conservatrice lui propose de travailler pour améliorer leur situation, ce qu'il accepte. Ce choix contraint par la nécessité va pourtant bouleverser l'équilibre familial, leur couple et la vision qu'ils ont d'eux-mêmes et c'est cela que filme Satyajit RAY avec génie, transformant un drame social en film d'aventures à suspense avec multiples rebondissements et en fine étude de moeurs. Pendant qu'Arati découvre, non sans crainte le monde extérieur et ses nouvelles capacités, Subrata est accablé par la honte (car à cette époque, une femme qui travaillait c'était mal vu) et par la jalousie de voir sa femme s'affirmer en dehors du foyer. Le beau-père qui n'accepte pas l'argent de sa belle-fille s'humilie pourtant bien davantage en demandant l'aumône à ses anciens étudiants alors que le jeune fils de Subrata et Arati fait un très classique chantage affectif à sa mère (vite oublié devant les cadeaux qu'elle lui apporte). Outre ces perturbations familiales, Ray fait également le portrait d'un pays récemment indépendant ayant fait le choix du modèle capitaliste (qui ne s'était pas encore mondialisé) et de l'urbanisation. Si dans un premier temps, il en montre les aspects séduisants, il ne tarde pas à en dévoiler certains des effets pervers, que ce soit les bulles spéculatives non contrôlées ou les abus patronaux. Ces déboires rapprochent au final Subrata et Arati dans une refondation de leur relation de couple pleine de promesses. Un film aussi subtil que lumineux.

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