facebook Saint Cyr (Patricia Mazuy, 2000)
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Saint Cyr (Patricia Mazuy, 2000)

Saint Cyr (Patricia Mazuy, 2000)

Publié le 4 juin 2020 Mis à jour le 25 sept. 2021
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Saint Cyr (Patricia Mazuy, 2000)

Le cinéma regorge d’histoires de jeunes filles opprimées par des institutions. Pourtant le projet de départ de Mme de Maintenon à la fin du XVII° siècle était d’émanciper et d’élever culturellement et spirituellement les filles de hobereaux. Mais de bienfaitrice, elle devient peu à peu leur bourreau alors que son institution s’avère être une utopie dans un monde dominé par les hommes. Elle-même en dépit de son statut de respectabilité acquise est montrée comme étant d’abord au service des besoins sexuels du roi. Les contradictions dans lesquelles elle s’enferre sont liées au fait qu’elle ne trouve pas d’issue satisfaisante pour ses jeunes protégées. Le film de Patricia MAZUY sous couvert historique s’interroge sur la condition des femmes d’hier et d’aujourd’hui. Peuvent-elles réellement s’émanciper d’une tutelle masculine qui domine tous les rouages de la société ? Le film, divisé en deux parties montre qu’il n’y a guère que deux destins possibles pour ces jeunes femmes : courtisane comme l’a été autrefois Mme de Maintenon ou bien bonne sœur. Deux enfers en apparence antinomiques et en réalité jumeaux, le puritanisme et la débauche allant de pair. Deux mondes où les hommes dictent leur loi et soumettent les femmes à leur tyrannie. C’est d’ailleurs pour échapper à son étiquette de « putain » que Mme de Maintenon devient la « maman » des jeunes filles du pensionnat. Une maman abusive, manipulatrice et perverse dont l’emprise atteint un caractère tragique avec le personnage de Lucie de Fontenelle (Nina MEURISSE), plus dépendante de son regard que les autres. Pour qu’elles ne soient pas livrées en pâture aux appétits des messieurs de la cour, elle leur inculque la mortification, la haine de soi. Elle réprime leurs élans, brise leur vitalité jusqu’au "Virgin Suicides" (2000). Elle les coupe également du monde, son institution finissant par ressembler à un couvent voire à une secte. La manière dont elle se repaît du corps flagellé et sanglant de Lucie fait penser au personnage d’Elizabeth Bathory. Patricia MAZUY insiste, parfois de façon un peu lourde sur le caractère mortifère de l’école, construite sur un marécage et qui provoque une surmortalité chez les pensionnaires. Mais les rapports de domination et leur caractère destructeur sont extrêmement bien décrits. Le jeu stéréotypé de Isabelle HUPPERT convient bien à ce personnage même si elle n’a pas du tout le physique du rôle.

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