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Au nom de la terre (Edouard Bergeon, 2019)

Au nom de la terre (Edouard Bergeon, 2019)

Publié le 27 juil. 2020 Mis à jour le 28 sept. 2021
time 2 min

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Au nom de la terre (Edouard Bergeon, 2019)

L'un des plus gros succès français de l'année 2019 n'est pas une comédie mais une tragédie qui met crûment en lumière une réalité dont la majeure partie de la population a peu conscience: l'épidémie de suicides chez les agriculteurs qui est l'un des multiples signes du mal profond qui ronge nos sociétés. Si on nous répète souvent qu'une femme meurt tous les 2 jours 1/2 sous les coups de son conjoint, on ne dit pas qu'il en va de même chez les agriculteurs. A partir de l'histoire de son propre père et grâce au soutien de Guillaume Canet qui l'interprète très justement dans le film (il a lui-même des racines terrienne, son père élevait des chevaux), Edouard Bergeon brise le tabou et raconte de façon limpide une tragédie vécue à huis-clos. Celle d'un homme broyé entre le marteau et l'enclume. Le marteau c'est l'héritage familial, incarné par un père (Rufus) dont le savoir-faire artisanal désormais obsolète s'est mué en mépris accablant pour son fils. Une fracture générationnelle entre le paysan et l'exploitant agricole entrepreneur qui reflète les mutations du secteur depuis les 30 Glorieuses en France. Fils qui par ailleurs s'est senti obligé de reprendre la ferme familiale alors que son rêve était d'élever des chevaux dans le Wyoming. L'enclume ce sont les exigences du système productiviste qui obligent les agriculteurs à s'endetter jusqu'au cou pour produire à la chaîne avec une multitude d'intrants* et à grande échelle une matière première de faible qualité et à bas prix, système qui les exploitent jusqu'à ce qu'ils y laissent la peau. Il n'y a pas que la nature qui est malade de ce système, ceux qui sont chargés de nourrir les hommes s'empoisonnent avec leurs propres produits phytosanitaires. C'est toute la chaîne du vivant qui est atteinte. Heureusement, la porte de sortie, c'est le fils (soit le réalisateur lui-même) à qui le père enjoint de ne pas reproduire le même modèle et d'aller voir ailleurs.

* Depuis que l'exploitation agricole a été avalée par le système capitaliste elle n'est plus qu'un maillon de l'agro-industrie qui génère des milliers d'emplois et de bénéfices dans la construction d'engins agricoles, les biotechnologies, les engrais, la distribution, le marketing ou les industries agroalimentaire alors que l'exploitant qui produit la matière première à faible valeur ajoutée dépend des cours et des exigences de la PAC (politique agricole commune de l'UE) qui le subventionne en échange d'une productivité maximale.

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