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Hostiles (Scott Cooper, 2017)

Hostiles (Scott Cooper, 2017)

Publié le 29 mai 2020 Mis à jour le 29 mai 2020
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Hostiles (Scott Cooper, 2017)

« L'âme fondamentale de l'Amérique est dure, isolée, stoïque et meurtrière. Jamais encore elle ne s'est adoucie. » C'est par cette citation de l'écrivain britannique D.H. Lawrence que s'ouvre un film qui comme de nombreux westerns contemporains démythifient la légende de la conquête de l'ouest et tentent de se rapprocher de la vérité historique. Bref, le contraire de la célèbre citation extraite de "L'homme qui tua Liberty Valance", " Quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende". "Hostiles"  est un film non manichéen qui montre que les Etats-Unis se sont construits dans la violence et s'il n'occulte pas un instant celle que les indiens ont infligé aux pionniers ou à eux-mêmes par des guerres intestines entre tribus, il est hanté par la barbarie génocidaire avec laquelle les soldats et les colons ont anéanti la civilisation indienne, soldats par ailleurs également coupables de massacres de civils lors de la guerre de Sécession qui a eu lieu trente ans avant l'histoire du film (qui se déroule en 1892). "Hostiles" montre le poids que cette violence fait peser sur les épaules d'une poignée de personnages, les terribles conséquences qui en découlent mais aussi comment il est possible d'en sortir. Ainsi la première et la dernière séquence se font écho. La première montre le massacre d'une famille de pionniers par les Comanches, la dernière montre la constitution d'une nouvelle famille à partir des survivants issus de groupes différents. Entretemps, le film montre le cheminement intérieur autant qu'extérieur d'un capitaine de cavalerie pré-retraité, Joe Blocker (Christian Bale) hanté par le souvenir de la mort de ses camarades lors des guerres indiennes et d'une veuve réchappée du massacre de sa famille, Rosalee Quaid (Rosamund Pike) tous deux blessés jusqu'au fond de l'âme (dans des scènes quasi identiques, on les voit hurler leur souffrance) qui vont lentement se reconstruire, échapper au cercle vicieux de la haine et de l'autodestruction, trouver l'apaisement et ce alors même que les morts continuent de s'accumuler autour d'eux. Les soldats qui gravitent autour de Joe Blocker représentent pour la plupart une partie de lui-même; le jeunot sans expérience qui se fait dégommer à la première occasion (sauf que lui ne survit pas), le vieux briscard hanté par la mort subie et infligée, le psychopathe criminel etc. Mais en même temps, le chef cheyenne Yellow Hawk (Wes Studi) qui est malade et qu'il est chargé bien malgré lui d'escorter avec sa famille jusqu'à ses anciennes terres tribales dans le Montana pour qu'il puisse y reposer en paix et Rosalee représentent autant de chances de rédemption.  Il n'est pas faux de voir dans la relation d'estime réciproque qui se construit entre Blocker et Yellow Hawk un lointain écho de "La Grande Illusion" de Jean Renoir où le français et l'allemand fraternisaient en dépit du fait qu'ils étaient dans deux camps ennemis. Et une fois ses pulsions suicidaires et vengeresses apaisées, Rosalee, qu'il traite d'emblée avec un immense respect s'avère être d'une aide cruciale. 

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