danser
danser
Superbe sculpture de mon père, danseuse de flamenco, reproduite dans le catalogue de l'exposition de la SAM de 1939, page 146.

Tiens, Panodyssey accélère sur la poésie et la musique, alors j’apostrophe une certaine pratique de la danse.
Comme je ne suis pas poète, je ne suis pas non plus danseur.
J’ai dû danser dans ma jeunesse une dizaine de slows; et NON, j’estime que ce n’est pas de la danse.
La danse classique, je trouve que c’est beau et raffiné, ce n’est pas elle qui me dérange et m’enrage.
Pour les autres danses, et danseurs, je dois sans doute être jaloux.
Je trouve que danser certaines danses de salon fait preuve de bonne condition physique, d’une certaine synchronicité et technique, mais surtout d’une forme de fierté de d’arrogance.
Hé oui, j’aurais vraiment trop honte si on me forçait à danser.
Et si un jour je devais apprendre, je serais bien fier (cela signifierait aussi que je sentirais l'avenir de manière optimiste car j'associe d'office la danse à faire la fête).
Quel lien avec la poésie et la musique de Panodyssey ?
Ben !! est-ce qu’on peut danser sans musique ?
Et de la musique sans parole-poésie-chanson, il n’y a que la musique classique.
Aparté, la musique classique qui me « transporte » le plus est la symphonie du nouveau monde d’Anton Dvorak.
Alors, musique et danse que j’apostrophe.
C’est la « musique » que j’entends depuis le début de l’année sur la nouvelle radio que j’écoute, Mradio (que j'écoutais, j'ai décidé dimanche dernier de passer à quelque chose de plus intelligent).
Je suis atterré par la médiocrité, pour ne pas dire nullité, de ce que j’entends. Il s’agit des chansons qui me semblent interprétées par les toutes jeunes générations. J’ai l’impression d’un glissement de style du RAP (au moins dans le RAP même si je déteste, il me semble qu’il y a message affirmé, souvent haineux et violent) vers quelque chose de plus soft mais totalement insipide. Il me semble entendre une idée, une phrase, associée à une série de notes de musique et accords qui ne dure que quelques secondes, et cela répété ensuite plusieurs minutes sans recherche de message construit et riche de variation de vocabulaire.
Je repense à une chanson à succès de ma jeunesse, « La Californie » chantée par Julien Clerc. Je ne l'appréciais pas du tout, mais à cette époque, cela a passé parce qu’elle était plutôt unique. Les chansons de Sardou, de Johnny, de Goldman, de Polnareff, de Balavoine..., comportaient des strophes et des redites mais il y avait des variations dans les mots et les accords.
Pas la peine de chercher une comparaison avec les chansons à texte de Jean Ferrat, Georges Brassens, Jacques Brel, Francis Cabrel…. J'aurais pu tout aussi bien citer des chanteuses (Céline Dion, Barbara....).
Alors, ces nulles chansons d’aujourd’hui me semblent coller au principe des influenceurs sur Tik-Tok, proposer une séquence dans l’esprit d’une publicité qui ferait juste se trémousser les jeunes générations sur une rythmique sans profondeur intellectuelle.
DANSER, ou plutôt se trémousser, quelle bassesse à mon sens, quelle régression.
Il me serait impossible d’effectuer un seul pas de danse sur les chansons d’Eyma (Le détachement), ou de David Ban (N'être qu'un homme), et sur une chanson de ce style bien plus ancien Jeff Bukley (Hallelujah).
De plus, je me répète, j'associe l'idée de danser au plaisir de faire la fête. Demandez donc de danser à ceux qui ont eu leur maison ou leur commerce inondé, leur enfant kidnappé-violé-assassiné, leur enfant harcelé-suicidé...
Suggérez donc aux jeunes de danser en pensant aux jeunes de leurs âges engagés dans les guerres, côtoyant la mort et pire les souffrances physiques et morales des mutilations.
Danser, c'est totalement indécent aujourd'hui.
J'associe la production musicologique actuelle à une sorte de débilisation-folie ciblant en priorité le trémoussage, engageant les jeunes générations vers une perte totale d'intelligence et les rendant zombies manipulés à la façon du film Orange Mécanique. Comme dans cette satire de Kubrick, dénonçons le projet d'abrutir les gens, le projet de les faire vomir au contact de l'intelligence et de la culture.
Allez, les poètes de Panodyssey, prospérez et défendez une poésie intelligente et respectueuse. Et surtout, si vous avez la possibilité d'y adjoindre de la musique, qu'elle soit aussi poésie et non pas abrutissement et avilissement.
Bruno
Contribute
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