Congratulations! Your support has been successfully sent to the author
avatar
Phantom of the Paradise (Brian de Palma, 1974)

Phantom of the Paradise (Brian de Palma, 1974)

Published Jun 19, 2021 Updated Jun 19, 2021 Culture
time 4 min
0
Love
0
Solidarity
0
Wow
thumb 0 comments
lecture 459 readings
0
reactions

Phantom of the Paradise (Brian de Palma, 1974)

Il ne suffit pas d'accumuler, détourner ou parodier des références pour faire un bon film mais quand le cocktail est réussi comme dans le flamboyant et baroque "Phantom of the Paradise", il envoie du lourd. Le film est autant un énorme chaudron-hommage à toute une série d'œuvres d'art l'ayant précédée qu'une distanciation ironique et désespérée analysant l'impossibilité de créer en dehors du système: celui-ci vous broie ou vous récupère ou plutôt vous récupère ET vous broie. Brian De PALMA parlait alors en connaissance de cause car le studio qui l'employait avait pris le contrôle de son film précédent "Get to know your rabbit" (1970). Il a donc eu l'idée d'accommoder à la sauce opéra-rock le thème du pacte avec le diable, le prix à payer pour la perte de son intégrité artistique s'incarnant dans le personnage du compositeur Winston Leach (William FINLEY) qui se situe à mi-chemin entre " Le Fantôme de l'Opéra" (1925) de Rupert JULIAN d'après Gaston Leroux et "Faust" (1926) de Friedrich Wilhelm MURNAU d'après Goethe. Quant au producteur qui symbolise son âme damnée (Paul WILLIAMS), il n'est pas en reste questions références puisque lui aussi a fait un pacte maudit à la Dorian Gray pour rester éternellement jeune sauf que l'image qui vieillit à sa place est sur pellicule et non dans un tableau. Son allure de dandy et son nom proustien, Swan illustre par ailleurs son obsession d'arrêter le temps tout comme celui de la muse interprète à qui il veut voler sa voix, Phoenix (Jessica HARPER).

Le style glam-rock grand-guignolesque du film typique des seventies se marie ainsi avec une atmosphère fantastique qui suggère admirablement le vampirisme à l'œuvre derrière le strass et les paillettes. Les décors expressionnistes rappellent ceux du "Le Cabinet du docteur Caligari" (1919) et la mise en scène du spectacle final, "Frankenstein" (1931). Le vampirisme est d'ailleurs autant le fait du manipulateur de l'ombre qu'est le producteur que celui du public attiré par ces nouveaux "jeux du cirque" où l'on s'enflamme en direct. Brian De PALMA reprend ainsi de façon remarquable la séquence inaugurale de la "La Soif du mal" (1958) de Orson WELLES pour en faire un show à retardement avec une vraie bombe planquée dans une voiture au beau milieu de la scène. Il s'amuse aussi avec son cinéaste favori, Alfred HITCHCOCK en nous offrant une version parodique délectable de la scène de la douche de "Psychose (1960) et de la scène du tireur embusqué en plein concert de "L Homme qui en savait trop" (1956).

Enfin on peut noter que ce film bourré de références a généré son propre mythe au point d'être devenu à son tour matriciel pour toute une nouvelle génération d'artistes de Bertrand BONELLO (M. Swan de "Saint Laurent") (2014) aux Daft PUNK masqués par un casque comme le fantôme et qui se sont associés le temps d'une chanson avec Paul WILLIAMS, l'acteur jouant le personnage de Swan et compositeur de la BO du film.

lecture 459 readings
thumb 0 comments
0
reactions

Comments (0)

You must be logged in to comment Sign in

Are you enjoying reading on Panodyssey?
Support their independent writers!

Prolong your journey in this universe Culture
Melancolia Japonica
Melancolia Japonica

La FailleLa fiasque était tombée là il y a combien de temps, je ne sais plus. Trois jours pe...

Pascal Ducrey
157 min
Taishuengeki theatre ambulant
Taishuengeki theatre ambulant

Définir précisément le théâtre populaire constituerait en soi un sujet complexe. La présente étude adopte une déf...

Pascal Ducrey
56 min
Petite Philosophie du Gland
Petite Philosophie du Gland

Petite philosophie du flan - Alexis Le Rossignol Jeunes adultes, nous occupions nos mercredis aprè...

Eric Linard Mosca
5 min
Jérusalem (5/5)
Jérusalem (5/5)

Une claque émotionnelle ! A voir absolument ! (5/5)Shahid doit quitter sa maison à Jérusalem.

Elodie Vircolls
1 min
Ce que Harry Potter m'a appris
Ce que Harry Potter m'a appris

En tant qu’écrivain, il me paraît indéniable de dire que je suis constamment à la recherche du livre qui saura m’éblouir, et...

Axelle Branco
15 min
Le P'Tit Atelier - programme 2026
Le P'Tit Atelier - programme 2026

Programme 2026Vous ne l'avez peut-être pas encore découvert, vous savez écrire. Moi, je suis juste là pour faire le...

Daniel Muriot
1 min

donate You can support your favorite writers

promo

Download the Panodyssey mobile app