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Le Silence de la mer (Jean-Pierre Melville, 1949)

Le Silence de la mer (Jean-Pierre Melville, 1949)

Published Jul 5, 2021 Updated Jul 5, 2021
time 2 min

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Le Silence de la mer (Jean-Pierre Melville, 1949)

"Le Silence de la mer" d'après la nouvelle éponyme de Vercors est le premier film de Jean-Pierre MELVILLE. Tourné dans l'après-guerre, dans des conditions très difficiles et dans la clandestinité (car Melville n'avait pas les droits d'adaptation du livre), il révéla le cinéaste qui devint l'un des inspirateurs de la nouvelle vague (comme on peut le constater par exemple dans "À bout de souffle" (1959) dans lequel Jean-Pierre MELVILLE fait une apparition dans son propre rôle).

"Le Silence de la mer" est une oeuvre magnifique sur les ravages que la guerre cause à l'humanité, d'autant plus magnifique qu'elle fonctionne à un niveau métaphorique extrêmement dépouillé qui en fait toute sa force. Vercors et Melville (pseudo de Jean Bruller et de Jean-Pierre Grumbach) ont été Résistants et de cette expérience, ils ont su immédiatement tirer la substantifique moëlle puisque le livre a été écrit en 1941 et le film, réalisé entre 1947 et 1949. Pour mémoire, il s'agit d'un quasi huis-clos entre trois personnages: un homme d'une soixantaine d'années, sa nièce et un officier allemand que ces derniers se voient obligés d'héberger chez eux. Pour manifester leur opposition, l'oncle et la nièce décident de faire comme si l'officier n'existait pas. Chaque fois que celui-ci tente d'entrer en contact avec ses logeurs, il se heurte donc à un mur de silence buté. Pourtant il ne se décourage pas et c'est avec une grande habileté que Jean-Pierre MELVILLE parvient grâce aux cadrages, à la lumière et à la composition des plans à faire comprendre comment évolue leur relation, la voix off de l'oncle ne servant que de point d'appui. Ainsi la première apparition de l'officier dans l'encadrement de la porte ne met en avant que ce qu'il représente: l'ennemi nazi en uniforme. Mais les deux personnes apparemment impassibles qui semblent ignorer son existence lorsqu'il monologue auprès d'eux sont aussi en représentation. Des plans plus détaillés ou agencés autrement révèlent à certains mouvements du corps (les mains notamment) qu'il n'en est rien et que chacun souffre en réalité du rôle dans lequel il est enfermé. Car le cadre intimiste du salon le soir et la personnalité de l'officier, idéaliste, sensible, amoureux de la France et qui ouvre son coeur et son esprit à ceux qui l'hébergent pousse au rapprochement. Car c'est un mouvement naturellement humain alors que la guerre elle, est inhumaine. D'ailleurs lorsque l'oncle se rend à la Kommandantur et qu'il croise l'officier, tous deux sont sous le choc. Ils sont filmés à travers des cadres (en représentation donc) qui leur rappellent le rôle de chacun alors qu'ils l'avaient presque oublié. Pour renforcer cette impression, l'officier qui est en uniforme (alors que pour mettre à l'aise l'oncle et la nièce, il ne se montre chez eux qu'en civil) est placé sous un portrait d'Hitler. Et voilà comment Vercors et Melville parviennent à montrer le gâchis humain de la guerre. Dans une autre vie, Werner (Howard VERNON qui est magnifique de sensibilité dans le rôle de cet homme d'honneur qui découvre avec horreur le véritable visage du nazisme) aurait épousé la nièce (Nicole STÉPHANE) et l'oncle (Jean-Marie ROBAIN qui a un petit air de Georges BRASSENS) serait devenu son beau-père.

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