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La grande muraille (The Bitter Tea of General Yen, Frank Capra, 1932)

La grande muraille (The Bitter Tea of General Yen, Frank Capra, 1932)

Published May 13, 2021 Updated May 13, 2021
time 2 min
CREATIVE ROOM

Cinépassion

La grande muraille (The Bitter Tea of General Yen, Frank Capra, 1932)

Rainer Werner Fassbinder aimait les flamboyants mélodrames hollywoodiens mettant en scène des histoires d'amour impossibles. Il a transposé dans "Tous les autres s'appellent Ali" une scène de "Tout ce que le ciel permet" de Douglas Sirk et le titre "Les larmes amères de Petra von Kant" est une référence au thé amer du général Yen, titre en VO de "La Grande Muraille" de Frank Capra. Oeuvre pré-code Hays d'une grande élégance et d'une tout aussi grande précision dans la mise en scène qui précède également la période des chefs d'oeuvre les plus rassembleurs du maître (de "New-York Miami" à "La Vie est belle") c'est un très beau film qui met en scène dans une période troublée de l'histoire de la Chine, celle de la guerre civile entre nationalistes et communistes la relation non moins trouble qui s'établit entre le général Yen et une jeune américaine qu'il a fait enlever. L'amour entre un chinois (fût-il général et fût-il pour une question de conventions d'époque joué par un acteur suédois, Nils Asther) et une américaine étant loin d'aller de soi, Frank Capra s'amuse à tordre le cou aux préjugés et à renverser les perspectives avec une grande lucidité. Sans affadir le général Yen qu'il montre en chef de guerre impitoyable et cruel, c'est pourtant la pieuse Megan (Barbara Stanwyck), pétrie de valeurs chrétiennes et d'ailleurs fiancée à un missionnaire qu'il montre en pleine "conversion". Non pas tant à l'attrait de l'orientalisme qu'à son attirance pour le général dans un rêve particulièrement osé pour l'époque qui semble préfigurer "Répulsion" de Polanski avant qu'il ne transforme Fu Manchu (l'image xénophobe que les occidentaux se faisaient des chinois) en séduisant "chinese lover". On savoure également l'ironie de la phrase prononcée par Yen quand son conseiller financier lui fait remarquer que Megan est blanche "ce n'est pas grave, je n'ai pas de préjugés". Il faut dire qu'avec la Chine, les occidentaux se sont heurtés à un os, la richesse de sa civilisation et sa longue histoire impériale l'ayant rendue non seulement peu perméable à l'évangélisation mais capable de renverser le rapport de forces (n'est ce pas ce qui est arrivé aussi à Hergé-Tintin avec Tchang?). La Chine travaillait visiblement européens et américains puisque "The bitter tea of general Yen" est contemporain de "Shanghai Express" de Josef von Sternberg.

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