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Protéger la mémoire

Protéger la mémoire

Publié le 20 oct. 2022 Mis à jour le 20 oct. 2022 Musique
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Protéger la mémoire

Deuxième partie : Mélodie vagabonde (9)

Alain venait chez moi le matin de bonne heure. C'est lui qui a joué de tous les instruments, il faisait du bruit parfois avec n'importe quoi, même avec un sac en plastique frotté devant le micro pour imiter parfaitement le son du kayamb (Jean-Marie Pirot, livret Parabolèr).

 

Jean-Marie Pirot nous donne ici l'impression qu'Alain Péters se saisit du premier objet qui lui passe sous la main pour faire de la musique alors qu'on sait qu'il lui avait fallu beaucoup de temps pour choisir ce sac en particulier. C'est étrange. C'est comme s'il cherchait à mettre en lumière la spontanéité plutôt que la méticulosité du chanteur. D'une interview à l'autre l'anecdote varie un peu selon ce qu'il veut accentuer.

Suite et fin de l'interview :

 

mais à dix heures il fallait qu'il aille à la boutique "pour chercher des cigarettes" et le plus souvent après il fallait remettre le travail à un autre jour (id).

 

Étonnants ces guillemets ! Est-ce Jean-Marie Pirot qui invente pour protéger la mémoire de son ami ou bien est-ce qu'il se contente de relayer le petit mensonge d'Alain Péters ? Il y a en tout cas beaucoup de délicatesse dans l'intention et le propos : « après il fallait remettre le travail à un autre jour ». Alain était parti et ne pouvait plus rien faire de bon car on l'aura compris, « aller à la boutique » n'est qu'un euphémisme pour cacher une triste vérité : Alain Péters avait besoin de boire, et de boire beaucoup certains jours, au point de ne plus être capable de travailler. Les démons rôdent sans arrêt autour de lui à cette époque, et quelquefois ce sont eux qui gagnent.

Ces séances d'enregistrement chez Jean-Marie Pirot à Saint-Gilles-les-Hauts nous confirment en tout cas qu'Alain Péters n'est pas taillé pour un parcours conventionnel. Il fonctionne à l'instinct, sans organisation et sans horaires. Il a besoin de ce désordre. L'ordre le contraint trop. Il n'a toutefois pas renoncé à faire de la musique et à l'enregistrer malgré le champ de ruines qu'est devenue sa vie, ce qui montre bien qu'il garde confiance en sa capacité à réaliser de belles choses. La musique est tout ce qui le tient en vie désormais, c'est la colle qui permet à son univers de ne pas complètement se fissurer. Il vient tôt le matin, à l'improviste, décidé à prendre possession de l'espace d'enregistrement, du micro et du monde. Il suit son inspiration du moment, au lever, sans planifier.

Pour la mémoire, merci à Eric Ausseil.

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