Félicitations ! Ton soutien à bien été envoyé à l’auteur
avatar
Épisode 41 : Délibération
Fiction
Conte
calendar Publié le 24 déc. 2024
calendar Mis à jour le 31 mars 2026
time 8 min
Label de transparence créative
15+
Image / Image co-créée avec IA
Texte / Création humaine

Épisode 41 : Délibération

🎧 Musique : Fate of the Fallen (Official Music Video)

Pour profiter pleinement de l'expérience de lecture en musique, si vous n'avez pas d'abonnement YouTube Premium, je vous conseille de lire ce texte sur ordinateur et d'ouvrir le lien musical dans un nouvel onglet. Ça marche tout aussi bien et ça a l'avantage d'être gratuit 🙂

-----------------------------------------------------


— Quelqu'un qui regrette sincèrement le mal qu'il a fait et qui est réellement prêt à changer, il mérite qu'on lui laisse une chance. Enfin moi je trouve.


Geerty a peut-être raison. En tout cas Mélusine aimerait le croire.


Mais comment savoir si lui est vraiment prêt à changer ? À revenir sur certaines choses ? Comment être sûre que son repentir est sincère ? Si repentir il y a en premier lieu, commençons par le début ?


Après tout, par elle-même, Mélusine n'en a rien vu. Tout ce qu'elle en sait, c'est ce que quelqu'un d'autre lui en a raconté. Et la personne qui le lui a raconté ne l'a peut-être même pas vu elle-même : elle aussi ne fait que transmettre ce que quelqu'un d'autre lui en a dit. Quelqu'un d'autre qui a pu se tromper dans son interprétation. Au mieux. Au pire, c'est quelqu'un d'autre qui lui a fait dire ce que les collègues veulent qu'elle dise parce que ça les arrange – parce qu'ils pensent que Madame la Comtesse peut leur apporter une solution à leur problème – et tous les beaux discours de solidarité de Geerty n'étaient peut-être qu'une pièce de théâtre, un texte mi-récité par cœur mi-improvisé au gré de la conversation tout en sachant dans quelle direction il fallait aller.


Franchement, qui au château ou ailleurs a vraiment à cœur les intérêts et le bien de Madame la Comtesse, si ce n'est Madame la Comtesse elle-même, et probablement aussi elle seule ? Chacun dans la vie pense à soi-même d'abord, dans la nature ou chez les humains.


Donc la prudence est de rigueur.


Mais il n'en reste pas moins que tout intéressé qu'il puisse être en réalité – et qu'il soit probablement – le discours de Geerty a titillé la curiosité de Mélusine.


Et elle a bien envie d'en avoir le cœur net.


Elle doit bien le reconnaître : ça ne lui déplairait pas de le découvrir humble et repentant, avec pas mal de sa superbe en moins.


Le tout étant alors de savoir s'il serait sincère ou s'il serait en train de jouer un rôle et de se moquer d'elle encore une fois...


Une moitié d'elle-même lui dit de ne pas y aller parce que de toute façon, même si tout cela devait se révéler vrai, cela ne changerait rien. On ne peut pas défaire ce qui a été fait. Une fois perdue, la confiance ne se retrouve plus – ou si elle doit se rétablir, il faut longtemps. Très longtemps. Trop longtemps pour pouvoir réparer efficacement une relation comme la leur. Et même dans ce cas-là, rien n'est jamais garanti. La plus élémentaire prudence lui dit, sinon de partir - puisque ce n'est pas possible – quoi que la colère ait pu lui inspirer dans un premier temps – au moins de garder dorénavant ses distances.


Mais l'autre moitié d'elle-même a envie de savoir – et à vrai dire, il ne s'agit pas seulement de curiosité.


Après tout, quoi qu'elle en dise, cet homme, elle l'a aimé. Et on ne tire pas du jour au lendemain un trait sur quinze ou seize ans d'amour ni sur tout ce qu'on a construit dessus. Cette moitié-là ne peut pas s'empêcher, malgré tout ce que dit la première, d'espérer contre tout espoir. Mélusine s'en veut, elle s'accuse de faiblesse, de manque de dignité. Elle se méfie de cette moitié-là d'elle-même, qu'elle sait prête à faiblir à la moindre occasion. Elle sait qu'elle devra se méfier autant d'elle-même que de lui.


Mais elle a trop viscéralement besoin de savoir.


Elle ira donc le voir. Seule, puisqu'apparemment ce qu'il a à lui dire ne peut pas être transmis par messager – donc ça ne peut probablement pas être dit non plus devant témoins.


Elle devrait lui faire le coup de venir accompagnée, pourtant – tiens, de Geerty, justement, par exemple. Après tout, s'est-il gêné, lui, il y a déjà quelques semaines, pour la trahir et la renier à l'improviste devant deux hommes ?... Ce serait l'occasion ou jamais de lui rendre la monnaie de sa pièce.


Mais le problème, c'est que si elle le fait, elle risque de se retrouver devant le personnage qu'il va jouer en public, pas devant lui en vrai. Elle compromet ses chances d'apprendre ce qu'elle veut savoir.


Balivernes, lui rétorque sa moitié méfiante. Avoue plutôt que ce dont tu as vraiment envie, c'est d'une chance de te montrer faible devant lui sans avoir à te blâmer devant autrui.


Oh, pour ça, pas de danger, répond l'autre moitié.


Ouais. Peut-être. Ce qui est sûr, c'est qu'elle ira le trouver ce soir, après le coucher du soleil. Mais il est tout aussi sûr qu'elle devra se protéger. À la guerre comme à la guerre.


Alors elle choisit soigneusement sa tenue. Une tenue d'apparat, avec une ceinture, difficile à enfiler, compliquée à défaire – d'ailleurs, pour la revêtir, elle devra déjà se faire aider de Geerty, ce qui en dit long en la matière. Un tissu rare et soyeux, luisant, qui flamboiera à la lumière des torches comme une armure au soleil sur un champ de bataille. Des bijoux, aussi. Mélusine ne porte habituellement guère de bijoux, à part son alliance bien entendu, mais cette fois-ci, elle en portera. Et pas n'importe lesquels. Son collier de pierreries. Sa bague la plus imposante avec son aigue-marine anti-poison. Pas cette coiffe conique qui la vieillirait, et qui de toute façon est impraticable avec sa longue chevelure et avec les coiffures élaborées qu'elle impose, mais ce diadème en argent avec son lapis-lazuli sur le front, comme la couronne d'une reine.


Il paraîtrait qu'il se fait tout beau pour elle ? Non mais qu'est-ce qu'il croit ? Là, elle va lui en imposer. Il va savoir ce que ça signifie, la beauté. Vu l'état de faiblesse dans lequel il paraît qu'il se trouve encore, elle sera une reine visitant l'un de ses vassaux. Ou même un simple manant.


Il va voir dans quelles eaux elle est capable de nager. Et s'il est capable de l'y suivre.


Épisode 42 : Observation


Crédit images : toutes les images publiées dans cette Creative Room sont mes créations personnelles assistées par IA sur Fotor.com, retouchées sur Microsoft Photos


© Jackie H, 2024

Tous droits réservés selon toutes législations et conventions nationales et internationales en vigueur, qu'il s'agisse d'individus humains, d'organisations ou d'intelligences artificielles

Texte entièrement rédigé par un être humain

Transparence autour de la création, usage IA
Image de Couverture création personnelle assistée par IA sur Fotor.com, retouchée sur Microsoft Photos
Propriété intellectuelle et crédits
© Image de Couverture création personnelle assistée par IA sur Fotor.com, retouchée sur Microsoft Photos
© Texte principal Jackie H
Gestion des licences Creative Commons
cc_by_nc_nd
Crédit requis, pas de modifications, usage non commercial uniquement CC BY-NC-ND
La clause du chat
Jackie H verified
Attention les vibrisses numériques : on sniffe, on regarde, mais on ne touche pas et on ne mord pas, sinon Maman Chat donne une tape sur le museau, et la patte de Maman Chat a des griffes acérées qui peuvent faire très mal ! Si on a faim, on miaule et on demande la permission à Maman Chat d'abord 🐱 et si elle dit "non", c'est non ! Par contre, on peut ramener les copains – et les copines. S'ils sont sages et s'ils se contentent de regarder, pas de problème les chatons !

Commentaire (0)

Tu dois être connecté pour pouvoir commenter Se connecter
Prolonger le voyage dans l'univers Conte
Régine Pelladeau-Kornmann verif
Régine Pelladeau-Kornmann
Emmanuelle
Régine Pelladeau-Kornmann verif
Régine Pelladeau-Kornmann
Emmanuelle
31 mars 2026 7 min de lecture
Conte
31 mars 2026 7 min de lecture
Conte

donate Tu peux soutenir les auteurs qui te tiennent à coeur

promo

Télécharge l'application mobile Panodyssey