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Épisode 34 : Onde de choc
Fiction
Conte
calendar Publié le 22 déc. 2024
calendar Mis à jour le 31 mars 2026
time 6 min
Label de transparence créative
15+
Image / Image co-créée avec IA
Texte / Création humaine

Épisode 34 : Onde de choc

🎧 Musique : Archive – Again

Pour profiter pleinement de l'expérience de lecture en musique, si vous n'avez pas d'abonnement YouTube Premium, je vous conseille de lire ce texte sur ordinateur et d'ouvrir le lien musical dans un nouvel onglet. Ça marche tout aussi bien et ça a l'avantage d'être gratuit 🙂

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Mélusine passe les jours suivants comme dans un brouillard.


Elle a à peine conscience du temps qui passe. Elle a souhaité geler tout ce pays mais c'est elle qui est engelée, qui arrive à peine à bouger, qui est paralysée sur place. Le moindre mouvement est un extraordinaire effort de volonté. Elle a bien sûr des tâches à accomplir, un château à gérer, du personnel à commander, des enfants dont elle doit s'occuper. Elle s'en acquitte mécaniquement, comme un corps sans âme. Elle récite et exécute des leçons apprises et mille fois répétées pendant des années. S'il était possible de créer une simple machine capable d'agir comme un humain et de parler comme un humain, même dénuée de pensée, cette machine s'en tirerait aussi bien qu'elle et peut-être même mieux. D'ailleurs il est des circonstances où il vaut mieux ne pas penser... elle est vide, vide de tout, de pensée, de cœur, d'âme. Même la fierté s'est fait la malle.


Les visages défilent dans ses journées comme dans un rêve. Elle joue son rôle, elle joue un rôle, par la force de l'habitude. Rien de plus. Si elle devait faire quoi que ce soit de nouveau, elle en serait incapable. Perdue. Elle n'a plus de cerveau. L'organe qui bat dans sa poitrine sert juste à faire circuler le sang dans ses veines et à la maintenir en vie. Pour quoi, pour qui. Plus rien n'a d'importance. Elle ne mange plus, elle boit à peine. Elle n'a ni faim ni soif. Sommeil, parfois. Sommeil souvent. Dès qu'elle se lève, parce qu'il faut bien se lever à un moment donné, elle n'attend plus que le moment de se coucher. Elle se lave, s'habille, peigne et tresse ses longs cheveux par pure obligation. Elle, auparavant si légère, elle traîne des pieds. Elle, autrefois si fluide, elle stagne désormais comme une eau croupie. Mais au moment de dormir, elle repousse le sommeil. Elle redoute cet état peuplé de cauchemars.


On prononce des noms devant elle. Elle-même en prononce. Ceux des domestiques, du Père Adalbéric. Ceux de ses enfants, qui la regardent sans comprendre. Celui de Heinrich, qui la regarde avec inquiétude et dont le visage lui fait si mal. Parce qu'il grandit, si vite, trop vite, et qu'en devenant un homme, il ressemble à... à lui.


Est-elle à la hauteur ? À la hauteur de son rôle ? Est-elle bonne actrice ? S'acquitte-t-elle bien de ses fonctions ? Elle n'en sait rien. Elle l'espère... ou bien non, même pas. Elle passe d'un endroit à un autre, là où il faut, parce qu'il le faut.


Il y a juste un endroit où elle ne va pas. Un endroit où elle n'ira pas, même si sa vie en dépendait. La population du château devra s'y mettre en entier pour la traîner jusque là-bas, et ce n'est même pas sûr qu'elle y arrivera. Elle-même luttera pied à pied pour que ce ne soit pas le cas. Peu importe comment, même si elle n'a pas vraiment d'idée, pour ça comme pour le reste. Elle trouvera bien un moyen. Il y en a toujours un. La nature trouve toujours moyen, et elle, Mélusine, elle est du côté de la nature. Elle n'ira pas là-bas. Ils la chasseront comme un vulgaire gibier, ils s'y mettront tous pour la rabattre, ça leur donnera peut-être même des idées malsaines, mais elle n'ira pas là-bas. Elle déjouera leurs pièges à tous, à tous et à toutes, parce qu'elles aussi lui en tendront, elles ne sont pas meilleures qu'eux – elle filera le long des murs, elle rampera sur les sols, elle se suspendra aux plafonds, elle se jettera dans le vide s'il le faut et tant pis pour sa survie – elle se jettera plutôt dans l'Alzette, même si les vêtements de Madame la Comtesse y sont moins utiles qu'une queue de poisson – mais elle ne retournera pas là-bas. Tout plutôt que le revoir, lui. Il l'a trahie, humiliée, salie, reniée. Publiquement. Tout le monde est au courant. Même si personne ne le lui dit, même si personne ne lui en parle, elle le sait. Elle se refuse à évoquer son nom. Elle n'écoute pas et elle le brouille dans sa tête quand on le mentionne devant elle. Le prononcer, même en pensée, lui fait monter des larmes de rage et des cris de douleur.


Épisode 35 : Rétribution


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