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Billy Elliot (Stephen Daldry, 2000)

Billy Elliot (Stephen Daldry, 2000)

Publié le 21 mai 2020 Mis à jour le 21 mai 2020
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Billy Elliot (Stephen Daldry, 2000)

C'est un film extrêmement riche et extrêmement limpide à la fois. Il aurait pu s'intituler "la révolte". Bien que servant de toile de fond au film, il ne s'agit pas de celle des mineurs face à Thatcher en 1984. Pas seulement parce qu'elle est perdue d'avance mais parce qu'elle annonce la fin d'un monde ouvrier communautaire et solidaire mais également étouffant, limité, insulaire, conservateur, conformiste, uniforme. Un monde dont s'accommodait d'ailleurs très bien l'establishment conservateur ("chacun chez soi et les vaches seront bien gardées").

La révolte, la vraie, provient d'un individu "différent" (donc toujours solitaire, exclu ou incompris) dont la créativité n'a pas encore été brisée par le milieu environnant. Un individu donc très jeune forcément, en phase de construction. Ici il s'agit de Billy, 11 ans. Le générique de début, parfait en tous points, nous dit tout de lui. Sur la musique de T.Rex "Cosmic Dancer", il s'élève, encore et encore sur un fond de papier peint lui-même cosmique (mi-mandala, mi-fleurs de cosmos). On ne peut pas mieux exprimer la rage de s'en sortir, de s'extraire du charbon pour les cimaises des salles de spectacle. Plus tard, on verra Billy se heurter puis s'envoler par-dessus les murs.

Le film explique très bien également pourquoi Billy y parvient. Il bénéficie tout d'abord de la situation de crise sociale que l'on a décrite plus haut qui ôte toute perspective d'avenir aux mines et contraint à chercher des solutions ailleurs. Cette crise sociale se double d'une crise familiale provoquée par la mort de la mère. Billy en se cherchant, cherche également à renouer le contact avec elle ce qui passe par la découverte de sa partie féminine à travers l'art de la danse. Là aussi, il s'engage dans une voie créative et résiliente là où son père et son frère grévistes se murent dans leur carapace de "gros durs". Enfin, il rencontre une bonne fée, comme la plupart des personnes ayant pu bénéficier de la méritocratie. Celle-ci est -logique- une professeur de danse qui repère son talent, l'aide à l'épanouir et surtout lui offre une courroie de transmission pour accomplir son rêve. Issue d'une classe sociale plus élevée (soulignée par sa maison et sa voiture), elle possède également un capital culturel qui s'avère déterminant dans le parcours de Billy. Elle lui fait connaître l'école du Royal Ballet et l'inscrit aux auditions.

Enfin le film montre avec beaucoup de justesse que cette ascension (sociale, artistique, spirituelle) ne va pas sans douleur, sans tristesse, sans déchirement. Et ce même si la libération de Billy rejaillit positivement sur sa famille. Son père et son frère s'ouvrent: pas seulement en découvrant un peu plus le vaste monde mais en laissant leurs sentiments s'exprimer. On a beaucoup critiqué la fin "sentimentaliste" du film avec le père qui pleure devant la prestation de son fils aux côtés de son ancien meilleur ami devenu gay et travesti. Elle est certainement "too much" mais elle a du sens. Elle achève en effet de déconstruire les stéréotypes de genre qui enferment les hommes aussi sûrement que le déterminisme social. Un autre titre aurait très bien convenu à Billy Elliot: "Liberté".

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