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Charcuterie production : histoire et fabrication d'un tube

 

Dans les premiers temps de l’industrie musicale, à la fin du 19ème siècle, quand on enregistrait une chanson, on parlait de faire un saucisson.

Il y a plusieurs explications à ce terme étrange et peu flatteur :

 

- Les morceaux n’étaient pas encore gravés sur des galettes plates, mais sur des cylindres rotatifs pouvant vaguement faire penser à des saucissons. La duplication n’était alors pas possible : on enregistrait en même temps qu’on chantait, et pour produire plusieurs exemplaires d’un même titre, il fallait le rejouer à chaque fois. Faire un saucisson, c’était enregistrer une chanson.

 

- Le sens de l’expression s’est ensuite élargi pour devenir synonyme de faire un succès. Dans les années de disette comprises entre les deux guerres mondiales, un chanteur qui parvenait à percer pouvait devenir riche à se payer du saucisson, luxe absolu.

 

- Le support a ensuite changé, les galettes de cire ont remplacé les cylindres, mais l’image du saucisson est restée. En effet, les disques étaient découpés un par un dans un gros rouleau, comme de fines rondelles. Plus le saucisson était long, plus on débitait de galettes, et plus le nombre d’exemplaires vendus était important. On mesurait la musique au kilomètre.

 

Il paraît que c’est Boris Vian qui a évincé l’image du saucisson au profit d’une autre : le tube. L’idée du cylindre était ainsi préservée, mais une nouvelle dimension intéressante apparaissait : le vide. Les paroles du tube sont creuses, moins on en dit et mieux ça marche. Pour toucher la plus large audience possible, il faut lisser son discours au maximum, quitte à le vider de toute substance.

 

Boris Vian n’avait alors encore rien fait de très sérieux : il était ingénieur et avait écrit quelques romans et nouvelles sur son temps libre. Dans les années 50, il s’est rapproché du monde de la musique : passioné de jazz, il jouait de la trompette et assistait à des concerts dans les sous-sols de Saint-Germain-des-Prés, chroniquant au passage les prestations des grands noms du moment, tels Duke Ellington). Il est devenu directeur artistique chez Philips.

 

En 1957, il écrit Le Tube pour son comparse Henri Salvadore. C’est une mise en abîme dans laquelle il explique comment fabriquer un succès, un tube.

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