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Chapitre 8 Un pas après l'autre

Chapitre 8 Un pas après l'autre

Publié le 9 nov. 2021 Mis à jour le 9 nov. 2021
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Chapitre 8 Un pas après l'autre

Didier porte des bouteilles de vin.
— Valérie ? Aurais-tu vu un fantôme ?
Valérie tient encore la feuille dans la main.
— C'est tout comme. Tu comptais me transmettre la lettre de ma sœur ou tu as laissé volontairement cette lettre pour que je la lise.
— Je ne savais pas comment te l'annoncer. Tu ne me parles pas de ta fratrie.
— Et pour cause, ils m'ont banni de leurs vies. Elle voudrait que je recontacte mes parents. C’est aberrant, c'est à moi d'avancer vers eux.
Didier se débarrasse de son vin et l'enlace.
— Je sais que c'est dur pour toi. L'eau est passée sous le pont depuis. Tu étais jeune, ils te pardonneront maintenant.
— Non, ce n'est pas du tout ça, ils vieillissent, elle veut que je les revoie pour éviter d'avoir des remords. Je n'étais pas une écervelée à l'époque, mais éperdue amoureuse de Pierre. C'était clair pour moi. Ce sont les aléas de la vie qui m'ont distancés d'eux.
— C'est une blague ! Tu m'as toujours dit qu'ils t'ont regardé de travers lorsque tu étais enceinte de Matthieu. Ils avaient une dent contre Pierre. Il y a eu un gros blanc dans ton existence. Tu as préféré te taire sur ton passé. Il serait temps de mettre à plat avec eux. C'est inespéré d'avoir cette ouverture qui s'offre à toi.
— Je ne cherchais pas un homme athlétique. Rien ne pouvait me désunir à Pierre jusqu'à ta rencontre. Si seulement, ils avaient ravisé sur leurs jugements, je ne correspondais pas à leurs critères. Je ne suis pas fière et je ne vante pas non plus, pourquoi reviendrai-je vers eux ? J'ai envie de te câliner au lieu de parler d'eux.
— Si tu ne fais pas, tu vas le regretter. Ne reste pas dans la négation.
— Tu es toujours irrésistible.
— Ne change pas de sujet.
Valérie colle ses lèvres sur les siennes. Elle réussit à la convaincre.
Depuis seize ans Valérie n'a pas remis les pieds sur les lieux de son enfance. Elle ne réside plus, mais elle représente beaucoup dans son cœur. Le ponton du port de Vannes où les piétons longent les bateaux. Les vergues soutiennent les voiles repliées. Le clapotis et les mouvements de l'eau oscillent sur les coques. Le cri perçant des mouettes qui s'agitent dans le ciel. La circulation bouchonne et les klaxonnes fusent et favorisent un boucan infernal. Un manège installé à la Rabine anime avec sa sono. Des stands s'étalent avec la fête foraine. La douceur tarde et éternise pour profiter le plaisir de ressentir les émotions de son passé où jadis, greffée à cette ville, une partie d'elle reste dans ces murs imprégnés d'histoire et liée à tout jamais. Un couple promène un bébé qui gigote dans son landau. Les parkings saturent, Valérie roule vers la plage de conleau à l'heure où le déclin du jour tombe comme un rideau sur l’océan bleuté se déferle sur les rochers. L'horizon forme une ligne verticale avec le récif. La mer immerge le plot et entraîne avec elle les algues. Les aoûtiens profitent et c'est déjà la fin de la journée. Le vent s'engouffre sous ses jupons et elle songe.
Valérie se voit encore en tong sur le rivage à ramasser des praires avec ses frères et sœurs à faire les pitres en s'amusant avec un ballon. Se lancer du sable, manger des cornets de glace, ces moments de joie qui la rendent nostalgique. Les sottises avec le cordeau mal rangé et entremêlé avec d'autres fils, le tissu matelassé sur le lit des parents lacéré avec ciseaux pour se venger d'une punition, les découpes de gâteaux partagés de façon inégale. Les promenades à l'étang au duc le dimanche après-midi, les joutes verbales lui remontent dans sa mémoire jusqu'au scandale de sa grossesse et la paternité de Pierre. Son père, Jean, récepteur, atone, déléguait à sa femme Rose qui travaillait dans une usine pour une paie de misère.
— J'ignore si cela est bon d'étaler à nouveau tout de déballage. Elle ne voudra peut-être même pas me voir et se réconcilier avec moi.
Un chaton se faufile entre ses jambes et se cache sous la haie. Elle flâne sur le long de la plage.
Le restaurant avec trois étoiles face à la mer, un coin-bar où sirotent les clients, Valérie avec sa tenue peu glamour, elle pénètre à l'intérieur. La carte des menus avec le rouget en proposition. Diverses formules lui plaisent avec des tarifs différents. Une animation l'attire par son attraction. Des hommes fredonnent avec fond de musique d'accordéon. Une ribote se déroule avec des plats gras de charcuterie en entrée. Un sort du lot charismatique et à l'aise pousse à la chansonnette, il chante avec un micro. Des personnes dansent. Dans une pièce à côté, une partie de billard se joue. Elle ressort mal à l'aise dans cette ambiance, elle préfère admirer la côte avec la beauté du paysage. C'est presque pour elle le nirvana. Elle marche dans les ruelles et elle s'égare. Un peu perdue, elle ne retrouve pas ses repères. Le changement par de nouvelles constructions la chamboule. Elle finit par rejoindre au point de départ. Elle repousse l'échéance avec sa mère. Sur la terrasse d'une crêperie dans un renfoncement des personnes attablées avec leurs galettes de sarrasin dans leurs assiettes.
— Vais-je oser ?
Le temps s'écoule et elle continue dans ses rêveries. Elle s'assied sur un muret tagué. Cette mission promise à elle-même va-t-elle aller jusqu'au bout ? Elle n'est pas retournée au bercail depuis logtemps et elle hésite encore. Elle se relève et elle se cache derrière ses lunettes de soleil. Elle passe devant un café et une devanture de peintures surréalistes. Un adolescent muni d'un casque sur la tête roule avec son vélo, il écoute de la musique dans ses oreilles. Peu confiante, elle s’opine au moindre bruit.
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