Congratulations! Your support has been successfully sent to the author
Caloubadia 2/2

Caloubadia 2/2

Published Jan 27, 2023 Updated Jan 27, 2023 Music
time 2 min
0
Love
0
Solidarity
0
Wow
thumb 0 comment
lecture 114 readss
2
reactions

On Panodyssey, you can read up to 30 publications per month without being logged in. Enjoy29 articles to discover this month.

To gain unlimited access, log in or create an account by clicking below. It's free! Log in

Caloubadia 2/2

 

Deuxième partie : Mélodie vagabonde (23)

 

Epuiser la signification

Dans sa chanson, Alain Péters explore ce dérèglement des sens à travers quatre éléments qui sont les quatre étapes d'un parcours initiatique, les quatre couplets de Caloubadia : le rhum, le zamal, le miel et l'amour. D'un côté nous avons des psychotropes, herbe et alcools, de l'autre des états émotionnels, le miel étant à prendre ici au sens figuré, mais c'est bien l'ensemble qui agit et réagit, comme les ingrédients d'une recette, une formule chimique.

 

« Le rhum n'a point l' goût d'vant ou 

Le rhum n'a point l' goût»

Le rhum n'a pas de goût comparé à toi

 

« Zamal pas plus fort que ou

Zamal pas plus fort »

« Miel pas plus doux que ou

Miel pas plus doux »

« L'amour pas plus fort que ou

L'amour pas plus fort »

 

Ces quelques phrases sont répétées et répétées encore, comme s'il voulait vider les mots de leur substance, en épuiser la signification. Il multiplie le son « ou » comme pour en diffracter la source, le faire rebondir et l'étirer. L'effet est renforcé par l'usage de simples sons, d'interjections qui font office de refrain :

 

« Ki lélé lé lé i é

Ki lé lé

(ter) »

 

Les mots deviennent ainsi une sorte de bouillie informelle qui se dilue dans la musique, « un sous-produit de la coulée musicale ». Alain Péters met ses intentions en pratique, souvenez vous :

 

 Mais en définitive, j'aspire à jouer une musique sans parole où la voix humaine ne serait qu'un instrument au service de l'ensemble de l'orchestration.

 

Cette fois il y est. L'idée n'est plus de dire les choses mais d'exprimer des émotions par la musique, en se passant du langage, qui n'est plus que tapage. Le sens premier, littéral, se perd au profit d'un sens plus profond, qui n'est plus un langage articulé mais une incantation informelle.

 

« Caloubadia viens

Viens desserre le frein

Nena dans mon gorge

Viens-là dans ma gorge

Nena dans mon rein

 

Caloubadia viens

Viens dig dig à moin

Viens me chatouiller

Caloubadia viens (bis) ».

 

 

Le sorcier

À présent il appelle le sorcier de ses vœux, l'invoque en quelque sorte. Il veut que la formule fasse son effet. Le rhum, le zamal, le miel et l'amour circulent en lui, passent d'abord par sa bouche avant de se diffuser dans son corps tout entier :

 

« Nena dans mon gorge

Nena dans mon rein ».

 

Cette strophe évolue au fil de la chanson, les mots changent :

 

« Nena dans mon tête

Nena dans mon pied »

 

puis :

 

« Nena dans mon tête

Nena dans mon cœur

Nena dans mon pied ».

 

La magie circule, comme la drogue et les endorphines, de la tête au pied pour atteindre le cœur et enfin révéler la vérité. Mais cette vérité n'est pas dite. Il revient à chacun de faire son propre parcours pour la retrouver.

Merci à Eric Ausseil, autre sorcier.

lecture 114 readings
thumb 0 comment
2
reactions

Comments (0)

You can support your favorite independent writers by donating to them

Prolong your journey in this universe Music

donate You can support your favorite writers