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Low - la blancheur du tumulte

Low - la blancheur du tumulte

Publié le 11 sept. 2021 Mis à jour le 11 sept. 2021
time 3 min

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Low - la blancheur du tumulte

Low - HEY WAT 2021

à écouter ici

Cet album je me suis littéralement plongé dedans. Une immersion totale. Et après son écoute, je suis reparti sur les rivages sulfureux de l'avant dernier album, le bien nommé Double Negative 2018

à écouter ici

Low, c'est une longue histoire pour moi. Depuis le premier, en 1994 I Could Live in Hope, en fait, ce couple, Alan Sparhawk (chant, guitare) et Mimi Parker (batterie, chant), est sidérant.

 Je ne connais pas d'autres musiciens capables de manier, avec autant de dextérité, les sons, qui les malaxent, les triturent, les explorent et les font exploser. En ces sillons, c'est la matière même qu'ils ne cessent d'explorer, dégageant peu à peu, d'albums en albums, les textures des mélodies, réalisant, unique et si original, ce bruit blanc, si caractéristique de l'oeuvre du groupe, ce tout le long de 13 albums sans failles, où parfois les morceaux s'étirent avec une langueur et une tendresse profonde, se déroulant en chacun de leurs opus, pareils au fil d'une histoire qui demeurerait inachevée.

De la brutalité à la douceur... De la sensualité à la passion... c'est bien là ce qui affleure dans ce dernier album, si près de l'os, d'une nudité inouïe, c'est tout la force de l'être humain, sa faiblesse aussi, ses fractures, tout comme ses doutes et ses convictions. 

L'album montre aussi toute la fragilité intrinsèque propre à notre condition humaine, nous voilà balayé, tel un simple fétu de paille par les crissements et le bruit qui s'agitent et tonnent et que leur musique élance si haut, si loin, vers ces lointains que peu d'artistes peuvent atteindre. 

Ils nous laissent, comme toile à contempler, des paysages tumultueux, des ciels de traine et de craie blanche où, à certains moments, la seule trace qui demeure, c'est cette voix, si ample et si pure, qui se développe puis qui se trouve soudainement soufflée, rompue par tous ces sons électroniques qui, d'un coup d'un seul, la balaient, provoquant son extinction... 

Alors, le silence vient... Celui-ci éreinté par ces stries sonores qui montent, qui s'élèvent et se mêlent à la voix suave et douce, sensuelle et d'une nudité terriblement effrayante, à certains moments... A d'autres moments, c'est sa chaleur qui s'en vient nous apaiser le cœur comme l'âme, et qui se love en nous, réchauffant notre corps, notre chair, l'apaisant. 

Il y a dans cet album une densité telle... c'est presque un roc qui heurte nos oreilles, qui se replie et frémit dans le même temps. 

Fracas, tumulte. Au creux de la tempête. Au milieu des orages. Puis une accalmie. Une petite pluie. Une petite bruine. Le vent de la voix s'élève, monte, dans les aigus, si nue, si palpable. Elle développe les tentures de soie de ses cordes vocables. Ses voiles se tendent puis se laissent emporter par ce vent furieux qui s'en vient l'enlacer et la recouvrir. 

Et c'est à nouveau le silence, brutal, un voile noir. L'album s'est tut. C'est la fin du disque qui nous abandonne dans notre chambre, essoufflé, avec ce son terrible trainant encore dans nos oreilles. Un murmure frémissant. 

Et devant nous, tout d'abord le vide puis une lumière blanche, aveuglante, terrible... 

Le temps est passé et nous ne l'avons même pas senti. 

Le trouble demeure, alors on replonge encore dans les tréfonds de cet album, pour se retrouver de nouveau dans ce maelstrom, qui saura à chaque fois nous emporter, toujours plus loin, plus haut, vers ces sommets, que chacun d'entre nous, nous souhaitons, si ardemment, atteindre, afin d'entrevoir enfin la cime soulignée d'un simple trait blanc et cotonneux.

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