Congratulations! Your support has been sent to the author
The Servant (Joseph Losey, 1963)

The Servant (Joseph Losey, 1963)

Published Jan 13, 2021 Updated Jan 13, 2021
time 2 min
3
Love
0
Care
0
Wow
thumb 3 comments
lecture 23 lectures
3 reactions

On Panodyssey, you can read up to 10 articles per month without being logged in.
Enjoy 9 articles more articles to discover this month.

To have unlimited access, log in or create an account by clicking below, it's free! Sign in

The Servant (Joseph Losey, 1963)

Très grand film se situant au confluent du social et de l'intime, "The Servant" est l'histoire d'une relation d'emprise d'un valet sur son maître, nourrie de revanche sociale, de sadomasochisme et d'homosexualité refoulée. Comme l'époque interdit d'être explicite, ce sont le décor, l'agencement de l'espace et la mise en scène qui vont "parler" bien mieux que les propos des personnages. La première scène, programmatique, dit déjà à peu près tout. Un homme tiré à quatre épingles, impeccable d'élégance mais qui n'est pourtant qu'un domestique de niveau supérieur -un majordome en somme- entre chez son futur maître pour se faire embaucher. Mais en lieu et place du haut standing attendu, il découvre un lieu vide et décrépi et un homme endormi dans un laisser-aller total qui fleure bon l'esprit faible et décadent. Les yeux froids et intelligents de Barrett n'ont pas perdu une miette du spectacle (immense Dirk BOGARDE dont la fausse impassibilité cache une intériorité de plus en plus terrifiante) alors que la caméra le filme en contre-plongée, au-dessus du corps endormi de sa future victime. D'emblée, c'est Barrett qui domine, c'est lui qui rénove la maison selon ses propres directives et c'est lui qui va n'avoir de cesse d'en prendre possession, ainsi que du corps et de l'esprit de son propriétaire. Tâche d'autant plus facile que celui-ci n'offre que bien peu de résistance aux assauts de plus en plus violents de son bourreau dont les manières si parfaites cachent des trésors de perversité. Car Tony (James FOX, trente ans avant de rejouer les aristocrates dévoyés chez James IVORY) ne maîtrise rien de se qui se passe en lui et n'est qu'une chiffe molle sans volonté, rapidement vidée de toute substance. Il y a bien la fiancée de Tony, Susan (Wendy CRAIG) qui a flairé le piège et tente de reprendre prise sur l'espace et sur l'homme (l'enjeu des fleurs, des coussins etc.) mais le problème pour elle est que les instincts profonds de Tony sont contre elles et avec Barrett*. Ce dernier incarne de façon perverse un Figaro écrasant l'ADN supposé supérieur par sa seule intelligence. On a beaucoup parlé à propos du film de la dialectique du maître et de l'esclave et à juste titre tant celui-ci souligne notamment à travers la métaphore de la traversée des miroirs la dépendance infantile du maître à son domestique qui comble ses besoins et exerce un contrôle total sur lui mais celle-ci se double d'une attirance et fascination sexuelle tout à fait semblable à celle de "Furyo" (1982) ou de "Reflets dans un oeil d or" (1967). Est-ce un hasard si les deux hommes ne se retrouvent sur un pied d'égalité que lorsqu'ils évoquent avec nostalgie l'époque de la "camaraderie" du régiment?

Joseph LOSEY utilise exactement le même procédé que Basil DEARDEN dans "La Victime" (1961) pour révéler l'homosexualité refoulée de son personnage principal: des photos d'hommes érotisées accrochées au mur de sa chambre. C'est "La Victime" (1961) qui a révélé la vraie personnalité de Dirk BOGARDE et donné l'idée à Joseph LOSEY et à Luchino VISCONTI de l'employer.

lecture 23 lectures
thumb 3 comments
3 reactions
Share the article
copylink copylink

Comments (3)

Ah, je ne connais pas le film dont vous me parlez (coréen d'après le nom du réalisateur), il faudra que je le découvre pour que je puisse répondre à votre question.
avatar

Sophia Humbert 1 month

C'est un excellent film, Sud Coréen, fait durant la dictature. Qui parle des problèmes de la société Coréenne sous le prisme d'une servante provocatrice.
avatar

Sophia Humbert 1 month

A votre avis, est-ce un remake assumé de "la Servante" de Kim Ki-Young ? sorti en 60 pour 63 pour The Servant, les thématiques étant très proches même si l'histoire diffère de beaucoup, et pour cause, le pays et les moeurs de celui-ci sont très différentes.

You can support the independent writers you care about by making a donation to them

Extending the travel in the universe Culture
Episode 8 - Dans la forêt
Episode 8 - Dans la forêt

Son panier au creux du coude, Emma quitte la petite maison de berger, cachée au creux de la forêt de Sambuccalia. Eliane et Mariann...

Visperine Cargal
6 min
La poudre des ans
La poudre des ans

                                        &nb...

Juste Alain Abanda
2 min
La contrée oubliée
La contrée oubliée

Il était une fois dans un pays nordique où la neige était eternelle vivait un homme et sa femme dans une magnifique demeure...

Arthur Mede
17 min
The End
The End

Titre original : Fin

Stéphane Hoegel
1 min

donate You can now support your favorite writers on Panodyssey!