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Point Break (Kathryn Bigelow, 1991)

Point Break (Kathryn Bigelow, 1991)

Published May 11, 2020 Updated Aug 5, 2021
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Point Break (Kathryn Bigelow, 1991)

L'un des films si ce n'est le film crypto-gay le plus célèbre de l'histoire du cinéma. Réalisé la même année que "My Own Private Idaho" avec le même acteur principal, Keanu Reeves, "Point Break" se présente comme un film de genre s'opposant en tous points au film d'auteur de Gus Van Sant. Mais les apparences sont trompeuses. Si "Point Break" est devenu culte et a traversé le temps, c'est parce qu'il transcende son sujet et qu'il n'a pas été réalisé par un manchot (ou plutôt une manchote).

"Point Break" se présente comme un film de mecs ultra testostéronés et shootés à l'adrénaline. Jamais le rythme ne faiblit, on ressent quasiment physiquement l'ivresse qui anime les surfeurs toujours en quête de sensations fortes que ce soit sur l'eau, sur terre ou dans les airs.

Le paradoxe, c'est qu'il s'agit d'un film de femme qui apporte sensibilité et finesse aux personnages principaux et à leur relation. Katryn Bigelow y affirme sa forte personnalité et s'impose comme une des rares réalisatrices marquantes de l'histoire du cinéma américain. Et ce même si à l'époque elle était la compagne de James Cameron dont on reconnaît certains motifs dans le film (l'eau bien sûr, la femme masculine isolée dans un univers masculin, Johnny qui après avoir pris son pied en surfant proclame qu'il est "le roi du monde" etc.)

Bodhi (Patrick Swayze) apparaît comme un être pétri de contradictions. Son nom à la fois charnel et spirituel (Body/Bouddha) fait d'ailleurs à la fois allusion à son rôle de gourou au sein de son groupe et à son goût des sports extrêmes. Apôtre de la non-violence qui finit par se vautrer dedans, robin des bois rebelle et antisystème qui finit par se faire prendre la main dans le pot de confiture, Bodhi est surtout derrière son apparente sagesse un kamikaze tourmenté, hanté par l'extrême limite derrière laquelle se trouve pense-t-il le nirvana. Défier la mort est pour lui le seul moyen de se sentir vivant. Une telle "philosophie" fait des ravages et aucun de ceux qui croisent sa route ne peut en sortir indemne.

Face à lui, Johnny Utah (Keanu Reeves) est un être indécis qui se cherche. Ancien joueur de football américain, il a dû renoncer à son sport favori après s'être pété un genou. Une histoire proche du vécu de l'acteur qui s'est fait cette blessure en jouant au hockey sur glace. Pour l'anecdote, le premier film où j'ai vu Keanu Reeves était "Youngblood", il se déroulait dans le milieu du hockey et Patrick Swayze y jouait l'un des rôles principaux! Dans "Point Break", Johnny s'est reconverti non en acteur mais en flic du F.B.I chargé d'infiltrer le groupe de Bodhi soupçonné de braquer des banques. Mais grisé par Bohdi qui joue le rôle de son initiateur, le voilà qui se laisse entraîner dans la folie de son mentor, jusqu'à perdre ses repères et connaître une véritable crise d'identité.

Car la relation entre Bohdi et Johnny est profondément ambiguë. Le générique montre le nom des acteurs s'opposer puis s'entrelacer. C'est exactement ce qui caractérise leur relation: une énorme tension qui passe par l'affrontement mais aussi le rapprochement comme deux aimants (amants?) qui s'attirent et se repoussent. Il y a certes une femme entre eux, Tyler (Lori Petty) mais elle ne doit pas faire illusion. C'est un garçon manqué qui physiquement ressemble à Johnny Utah comme un jumeau. Surtout, elle est l'ancienne petite amie de Bodhi et il ne fait pas de doute que Johnny sort avec elle comme substitut de l'homme qu'il ne peut avoir. Cette relation triangulaire d'apparence hétérosexuelle mais en réalité homosexuelle est très bien analysée par Almodovar dans "Parle avec elle." Marco tombe amoureux d'Alicia parce qu'elle a Benigno à jamais en elle. Enfin on peut constater que Johnny quelle que soit sa volonté de l'arrêter est "désarmé" par Bodhi. La scène la plus emblématique est celle de la course-poursuite où sur le point de rattraper Bodhi, Johnny se blesse et ne peut tirer sur lui, paralysé par son regard. Furieux de son impuissance, il décharge alors son arme en l'air...

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