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Publié le 13 janv. 2022 Mis à jour le 13 janv. 2022
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SNUS

Voilà encore un nom "savant" qui nécessite une explication bien qu'il ne s'agisse pourtant pas d'une pathologie ORL.

Eh pourtant!

Le Snus - c'est ainsi que l'on appelle en Suéde ce tabac oral - sorte de tabac à chiquer, a pleinement sa place ici entre la e-cigarette et le tabac, précédement évoqués. Il s'agit de fines lanières de tabac séché (scaferlati) disposées dans un sachet qui ressemble à s'y méprendre à celui du thé et que l'on introduira entre la lèvre supérieure et la gencive. Divers arômes peuvent agrémenter l'ensemble.

Pourquoi l'évoquer?

Les Suédois son parvenus par l'usage de tabac génétiquement modifié, en évitant aussi tout engrais nitraté et toute fermentation des feuilles de tabac lors du séchage, à obtenir un tabac pratiquement dépourvu de la moindre teneur en nitrosamine, produit hautement cancérigéne dans le tabac oral.

20% des Suédois se sont tournés vers ce tabac oral. Pour deux raisons.

Peuple à vocation maritime, il apparaissait bien évidemment plus simple de garder en bouche du tabac oral que de fumer en relevant ses chaluts en pleine mer Baltique! Même la bouffarde, indélogeable de nos mémoires lorsque l'on évoque le  marin au long cours (Capitaine Haddock), ou représentée sur les images d'Épinal du marin avec ses attributs indispensables: collier de barbe et ciré, n'était pas une manière simple de fumer surtout en cas de mer déchaînée.

Mais la raison reste avant tout un sujet de santé publique. 36 % des Suédois consomment du tabac. Sous toutes ses formes. On l'a vu, 20% consomment du SNUS. C'est à dire que les 16% restant fument du tabac brûlé. Le chiffre de consommation est donc significativement plus élevé que celui de nombreux pays et, en tout premier lieu la France, où nous l'avons dit, 30% fument bon an mal an.  

Pourtant les courbes de mortalité liées au tabac sont les plus basses du monde.

Alors nécessairement, arithmétiquement, le SNUS ne doit pas présenter les mêmes risques que le tabac brûlé, permettant de surcroît aux "addicts" de ne pas être en manque, c'est à dire d'éviter le craving ( cf tabac).

Toutefois la Cour de Justice des Communautés Européennes (CJCE) ne semble pas de cet avis. Depuis le 14 décembre 2004, s'appuyant sur une directive européenne de 1992 elle affirme n'être pas en état de conclure que le tabac oral est sans danger pour l'individu.

Et pour cause.

La Cour de Justice avait "confondu" ce tabac oral avec le smokeless tobacco (Skoal bandit), tabac sans fumée utilisé par la jeunesse américaine. Ce smokeless tobacco, utilisé par 8 millions de jeunes américains qui en faisaient une consommation régulière, avait échappé à l'interdiction de publicité et l'industrie du tabac en vantait donc ses vertus stimulantes pour toute performance sportive... Or, des cancers buccaux, retrouvés chez des femmes de Caroline du nord utilisant un tabac à priser (snuff dipping) et par-dessus tout, un cancer de la gencive apparu chez un enfant de 11 ans consommant du Skoal bandit avaient déclenché les foudres de la vieille Europe, et par voie de conséquence les réactions de la CJCE.

  Celle-ci feint-elle de confondre ou d'assimiler déliberement des tabac oraux ou à priser, excessivement riches en nitrosamines avec notre SNUS qui en est dépourvu?

C'est à craindre!

D'autres allégations fantaisistes furent avancées...

Ces formes de tabac oral favoriseraient l'entrée des jeunes dans le tabagisme (thème bien connu, repris depuis avec la vapoteuse)... Il y aurait de plus un risque de cancer du pancréas induit par les nitrosamines présents...

Si, répétons-le, le SNUS est pratiquement exempt de la moindre trace de nitrosamide, une enquête épidémiologique parue en 2005 dans le journal Addictive behaviors infirme en outre ces deux hypothéses.

Voilà donc un procès d'intention pour un produit (SNUS) que l'on a assimilé aux autres formes de tabac oral, alors qu'il ne posséde pratiquement plus la moindre trace de nitrosamide, seule molécule potentiellement dangereuse par contact avec les muqueuses.(3% de risque pour les autres formes de tabac oral).

Et hélas, il reste interdit de vente en Union européenne. Sa voisine, la Norvége, n'en faisant pas partie a le droit d'en consommer. Internet permet désormais aussi d'en commander, mais est-ce nécessaire maintenant qu'il existe d'autre moyens efficaces pour cesser sa dépendance?

Pourquoi ne pas conclure avec les propos du Pr Molimard, qui, toute sa vie, a enseigné la tabacologie, étudié les méfaits du tabac, évité tout conflit d'intérêt et très peu passé à la télévision:

Utiliser le tabac sans fumée et particuliérement le SNUS est beaucoup moins dangereux que fumer et ce dernier reste beaucoup plus proche des substituts nicotiniques que des cigarettes.

Et une conclusion:

Je serai tenté de voir, dans la décision de la CJCE, un des avatars d'une véritable guerre économique entre de puissants intérêts, où s'affrontent les multinationales du tabac, celles de la Pharmacie, les politiques fiscales et où l'intérêt réel de la santé publique ne pèse pas grand poids...

 

Pou qui souhaite en savoir plus. site seriniti.fr/blog ORL/rubrique tabac : le SNUS, façon efficace et sans risque d'arrêter de fumer? Même auteur

         
         
         
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