facebook Bronco Apache (Apache, Robert Aldrich, 1954)
Congratulations! Your support has been sent to the author
Bronco Apache (Apache, Robert Aldrich, 1954)

Bronco Apache (Apache, Robert Aldrich, 1954)

Published Aug 13, 2020 Updated Sep 25, 2021
time 2 min

On Panodyssey, you can read up to 5 articles per month without being logged in.
Enjoy 4 articles more articles to discover this month.

To have unlimited access, log in or create an account by clicking below, it's free! Sign in

Bronco Apache (Apache, Robert Aldrich, 1954)

"Bronco Apache" avait-il 15 ans d'avance comme l'affirme son réalisateur Robert ALDRICH? Pas si sûr car son grand succès (le premier du réalisateur) est le fruit d'un compromis entre la radicalité révisionniste du réalisateur et le formatage du système hollywoodien conçu par et pour la civilisation dominante. De ce fait le film est pétri de contradictions voire ambigu. D'un côté "Bronco Apache" qui date de 1954 se situe dans la mouvance des westerns pro-indiens qui étaient minoritaires à l'époque. "La Flèche brisée" (1950) de Delmer DAVES et "La Porte du Diable (1950)" de Anthony MANN avaient ouvert la voie à une vision plus positive du peuple indien ainsi que les deux premiers volets de la trilogie de la cavalerie de John FORD. Plus original encore et propre à la personnalité de Robert ALDRICH, le fait de centrer l'intrigue sur un Apache insoumis menant des actions de guérilla, moins "bankable" que l'indien pacifique, assimilé ou victime. Cette rugosité est l'aspect le plus saisissant du film, lui conférant par moments des accents de véracité qui m'ont fait penser à "La Bataille d'Alger" (1965) de Gillo PONTECORVO. Je pense aux actions de guérilla terroristes ou bien au passage où Massaï (Burt LANCASTER) se retrouve pris à partie dans une ville du Far West, scène dans laquelle la haine raciste se déchaîne contre lui. Les divisions entre indiens sont également bien mises en lumière.

Mais de l'autre tout ce qui est proprement aldrichien dans le film est absorbé par la culture dominante. L'invisibilisation des minorités s'effectue par la censure financière qui conduit à mettre en avant des stars, lesquelles sont blanches à l'image de leur public. "Bronco Apache" est un parfait exemple de whitewashing. Quel que soit le charisme et les qualités physiques de Burt LANCASTER, le fait est que sa présence à l'écran est liée au fait qu'il a produit le film et que son nom pouvait fédérer un large public héritier des "blackfaces". Cette convention implicitement raciste consistant à faire interpréter un représentant des minorités par un blanc est particulièrement problématique. Pas seulement parce que le résultat grotesque (yeux bleus, couches de fond de teint apparentes) plombe quelque peu le propos du film mais parce que les minorités invisibilisées délégitiment aujourd'hui systématiquement tout film dans lequel un acteur mainstream s'empare d'un rôle "typé" (handicapé, transsexuel ou ethnique comme le montre l'exemple récent de Scarlett JOHANSSON dans "Ghost in the Shell") (2017)". Le décentrage culturel reste encore en effet largement un voeu pieux. Et puis que penser de la fin, imposée par les studios au réalisateur? La logique de Massaï était suicidaire mais cohérente, il se retrouve domestiqué et acculturé par la civilisation blanche au travers du rôle joué par sa femme, laquelle soit-dit en passant est interprétée par Jean PETERS. Le discours contestataire de Robert ALDRICH et la mascarade hollywoodienne ne font décidément pas bon ménage dans ce film.

0
Blow to the heart
I love this article
0
Stroke of genius
Brillant
0
Give a hand
This was useful to me
0
Publicity stunt
I wish to promote it
0
Hats off
The topic was very interesting
0
Not thrilled
Doesn’t fit Panodyssey’s standards
0
0
0
0
0
0
Share the article
copylink copylink

Comment (0)

You can support the independent writers you care about by making a donation to them

Extending the travel in the universe Culture
De fil en aiguille
De fil en aiguille

La guerre des sexes, le néoféminisme, les nouveaux papas... ô combien de simplifications pour ne pas être entiers, lib...

Eva Maria Matesanz
1 min
Ponsamaro, introduction du roman
Ponsamaro, introduction du roman

… nous sommes nus sous la couette… cette femme à la chevelure blonde ébouriffée est magnifique, je l&rsqu...

Adrien Tardif
4 min

donate You can now support your favorite writers on Panodyssey!