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Mauthausen et le coronavirus.

Mauthausen et le coronavirus.

Publié le 31 déc. 2020 Mis à jour le 1 janv. 2020
time 2 min

Mauthausen et le coronavirus.

En ce dernier jour de l’année 2020, je me suis réveillé en pensant à mon père et mon oncle. Les deux frères ont combattu trois ans pour les républicains lors de la guerre civile d’Espagne et furent ensuite déportés politiques pendant cinq ans dans le camp de concentration de Mauthausen. Ils ont survécu et sont morts de vieillesse beaucoup plus tard. Ma fratrie est née après la guerre et lors de notre enfance et adolescence, ils nous ont raconté, les répétant souvent, des histoires du camp. Certaines étaient horribles , par exemple les exécutions arbitraires, les suicides et les expériences médicales. D’autres étaient « humaines », comment on protégeait les déportés malades, comment on se partageait en parts égales une queue d’âne ou un lapin, comment on faisait pousser clandestinement des pommes de terre…

Précisons Mauthausen était un camp de concentration de travail se distinguant des camps d’extermination. 

Mon père et mon oncle, malgré leurs épreuves, nous donnaient des leçons de bonheur et d’optimisme. Mon père a construit une famille heureuse avec ma mère. Je leur posais souvent la question : « comment avez vous fait pour survivre? » Leurs réponses, agrémentées d’exemples, tournaient autour de deux thèmes. Le camp, système fermé et totalitaire, pouvait accaparer toute votre attention et énergie vitale. Ils pensaient que le monde n’était pas réduit aux limites du camp et que la vie reprendrait ses droits après. Ils insistaient aussi sur la solidarité entre camarades et sur le rejet des conduites égoïstes et individualistes.

Nous avons eu la chance d’avoir des parents qui nous racontaient ces histoires et exprimaient leurs pensées et émotions. Forts de ces ressources, nous adoptons les mêmes représentations face à la pandémie de coronavirus. Nous ne nous laissons pas enfermer dans le système clos qui accapare les esprits dans les médias, réseaux et discussions entre amis. Notre système de vie est beaucoup plus grand et varié que nos lieux de confinements. Nous pouvons nous cultiver, nous ouvrir à d’autres actualités plus heureuses, jouer, nous aider les uns les autres, partager nos talents. Cette voie est probablement plus difficile pour des médecins, soignants et malades confrontés à la souffrance et à la mort. C'est aussi plus compliqué pour les personnes ayant perdu leur emploi ou leur entreprise. Néanmoins, cela vaut la peine de l'explorer.

Loin d’être de l’optimisme béat, cette approche est un élargissement dans le temps et dans l’espace de notre système de vie. 

Bonne année 2021.

Jean Louis Muller-Garcia travaille et réfléchit au sein du groupe ECOSYSTEMIC’S avec Eva Matesanz, Minh-Lan Nguyen, Stéphanie Flacher, André de Chateauvieux, également présents sur Panodyssey, Loïc Deconche et Christophe Martel. 

Dessin réalisé par mon oncle Juan Garcia

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