Nos vies : entre vide, agitation et quête de sens
Après avoir exploré deux manières de structurer notre temps , le retrait et les rituels , prenons un peu de hauteur afin de donner du sens à cette étrange mécanique de nos existences.
Pour Éric Berne, inventeur de l’analyse transactionnelle, satisfaire nos besoins physiologiques , manger, boire, respirer, dormir ; ne suffit pas à nous combler. Nous sommes également animés par trois soifs subjectives : reconnaissance, stimulation et structure. J’ose en ajouter une quatrième : la soif de perspectives, sur laquelle je reviendrai plus loin.
Les signes de reconnaissance , les fameux « strokes » , qu’ils soient positifs ou négatifs, viennent apaiser notre soif de reconnaissance. Bien sûr, il est plus agréable de recevoir des signes positifs. Mais lorsque nous n’en recevons pas suffisamment, nous finissons souvent par provoquer des signes négatifs. En résumé : tout, plutôt que l’indifférence.
C’est en mobilisant nos cinq sens , marcher dans la nature, savourer un bon plat, écouter une musique inspirante, contempler un tableau, toucher une main amie, respirer une odeur familière ; que nous nourrissons notre soif de stimulation. Mais cette même soif peut aussi nous pousser vers les disputes, les violences, les excès ou les conduites addictives. La stimulation n’est pas forcément synonyme de sérénité. Un conflit bien explosif vaut parfois mieux qu’un vide intérieur trop silencieux.
Notre besoin de règles, de repères et de codes sociaux traduit quant à lui notre soif de structure. Le droit constitue ainsi un rempart contre l’arbitraire et la loi du plus fort. Les résistances au changement et les nostalgies du passé révèlent souvent une difficulté à structurer mentalement l’avenir. Quand le futur devient flou, le passé se transforme facilement en refuge idéalisé.
Nous passons notre vie à tenter d’assouvir ces soifs en structurant notre temps de six manières différentes, du retrait jusqu’à l’intimité. Bien entendu, notre système de soifs est influencé par de multiples paramètres : notre patrimoine génétique, notre enfance, notre éducation, notre culture, ainsi que les événements marquants de notre existence.
Nous partageons tous ces soifs fondamentales. Pourtant, selon notre histoire de vie et nos croyances, certaines peuvent être atténuées, d’autres hypertrophiées.
Après cette parenthèse , que j’espère suffisamment interpellante pour déranger quelques certitudes , je reprendrai l’exploration de la structuration du temps avec les passe-temps.
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