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Épilogue

Épilogue

Published Jan 27, 2026 Updated Jan 27, 2026 New Romance
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POV Lili


― Alors, tu es prête ? me demanda Anny en entrant dans la chambre.

― Je crois, oui… soufflai-je en pliant le dernier jean de mon placard.


Une vague de nostalgie me submergea. Une page se tournait, marquant le début d’un chapitre plein de possibilités. De promesses. J’aurais dû être terrorisée, pourtant, je me sentais étonnamment sereine.


Je regardais autour de moi, savourant chaque seconde qui m’était donnée pour faire mes adieux à ces murs qui avaient abrité mes joies, mes peines et ce long chemin de reconstruction.


Ces cinq ans s’étaient écoulés à une vitesse folle. Cinq années d’études acharnées. Cinq années de complicité inébranlable.


― Tu vas me manquer, pleurnicha ma meilleure amie en me serrant dans ses bras. Cet appart va être vide sans toi…


Je laissai échapper un lent soupir, avant de protester.


― Je vais pas très loin. Nous allons littéralement être voisines.

― Je sais… sanglota-t-elle, mais c’est pas pareil…


Je ris doucement dans son étreinte chaleureuse.


Avec une légère réticence, elle recula, reniflant de façon dramatique.


― C’est une étape importante. T’es vraiment sûre de toi ? Tu peux encore lui dire non et rester ici. Au moins le temps de ton stage…


Je secouai la tête, incapable de réprimer mon sourire. J’aimais cette fille de tout mon cœur. Et je savais qu’elle ne cherchait qu’à me protéger, comme elle l’avait toujours fait. Mais je n’étais plus cette petite chose fragile et vulnérable qu’elle avait connue au lycée. Celle qui longeait les murs en souhaitant disparaître, hantée par ses vieux démons. Terrorisée à l’idée de faire à nouveau confiance. Pétrifiée à l’idée de vivre, simplement.


― Il t’en voudra pas si tu lui dis que tu as encore besoin de quelques semaines… insista Anny en réponse à mon silence.

― Je sais, avouai-je tendrement. Et c’est pour ça que je le ferai pas.


Elle m’observa quelques secondes, prenant le temps de considérer la situation, avant d’acquiescer.


― OK. J’ai compris… souffla-t-elle faussement résignée. Tu m’abandonnes.


À cet instant, Logan entra dans la pièce avec une énergie rayonnante. Il s’approcha de moi et m’enlaça amoureusement.

Après un baiser délicat dans le cou, il me chuchota à l’oreille :


― Prête ?


Je lui fis oui de la tête et me retournai pour l’embrasser. Rougissante de sa proximité.


― Hé ! Je suis toujours là ! pesta Anny, en poussant son cousin. Beurk…

― Pardon, murmurai-je sans quitter les bras de mon petit ami.


Logan arborait un sourire malicieux en haussant les épaules, pas le moins du monde mal à l’aise. Il adorait les marques d’affection en public, affichant ouvertement notre bonheur et notre amour aux yeux de tous. Depuis ce jour au lycée, depuis l’arrestation de Morgan, il ne pouvait s’empêcher de tenir ma main chaque fois que nous marchions côte à côte. Il n’hésitait pas à m’embrasser dès que l’envie l’en prenait. Dans les couloirs de l’université. Sur le bord du terrain de football. Ou encore dans la bibliothèque principale du campus.


― Il ne reste plus que ces deux cartons ? me demanda-t-il en me serrant contre lui.

― Oui, c’est les derniers.

― OK, parfait. Je m’en occupe. Profitez bien de votre dernier aprèm entre filles. À partir de demain, tu es entièrement à moi…


Anny s’indigna joyeusement en lui donnant un léger coup sur le bras. Logan lui tira la langue avec malice avant de s’en aller en sifflotant, emportant avec lui mes affaires.


Soudain épuisée, je me laissai glisser sur le sol de la chambre, le dos contre mon ancien lit. Mon amie s’assit à mes côtés. Sa tête reposant sur mon épaule.


Nous avons partagé ce moment en silence. Immobiles. Le regard perdu dans le vide.


― Tu vas prendre une nouvelle coloc ?

― Non ! s’écria-t-elle en se redressant. Certainement pas ! Cette chambre sera toujours la tienne…


J’attrapai doucement sa main et la serrai avec tendresse.


Les larmes me montaient aux yeux. Quitter cet appartement s’avérait plus pénible que je ne l’avais imaginé. Il renfermait tant de souvenirs précieux : nos fous rires en rentrant de soirées un peu trop arrosées ; nos heures studieuses entrecoupées de potins et de délicieuses glaces ; nos pleurs déchirants après une rupture douloureuse ou une dispute sans importance.


― Tu te rappelles de cette soirée chez Ryan ? T’avais tellement bu que t’avais dragué le costume vide de la mascotte, gloussai-je en me remémorant la scène.

― Hé… s’exclama Anny en riant. T’avais promis de jamais en parler… Et pour ta gouverne, il sentait super bon.

― J’imagine ! Les gars l’avaient aspergé de déo après avoir renversé de la bière dessus… pouffai-je.


Elle fit la moue, les bras croisés sur sa poitrine, malgré le sourire qui étirait le coin de ses lèvres.


Quand nous avions appris que l’on était toutes les deux reçues à Stanford, m’installer avec Anny avait été la décision la plus logique. Elle était ma meilleure amie, ma sœur de cœur, et je me sentais à l’aise et en sécurité à ses côtés. Sans elle, ces cinq années auraient été beaucoup moins amusantes et certainement plus difficiles.


― Et toi, alors ? Tu te souviens de cette déclaration d’amour au clair de lune ? T’avais chanté sous la fenêtre d’un inconnu, persuadé que c’était la chambre de Logan. Après des heures de patience, le pauvre type avait fini par te balancer un seau d’eau sur la tête.

― C’était ta faute si j’avais trop bu ce soir-là, lui rappelai-je en la poussant légèrement. Toi et tes idées débiles. Jouer au Beer Pong contre des basketteurs ! Tout ça pour impressionner un mec… c’était quoi son prénom, déjà ?

― Karl… souffla Anny d’un ton rêveur. Un sourire ravageur. Un torse parfait et un pack de huit. Comment résister ?

― Ouais… aussi parfait que celui d’Ethan ?


Elle se crispa en retirant sa main, mais ne dit rien. Comme chaque fois que j’évoquais le sujet. J’avais espéré qu’elle s’ouvre à moi. Sans la brusquer. Même lorsque je les avais surpris, il y a deux ans, dans notre salon, s’embrassant passionnément dans le noir, la veille du départ d’Ethan pour un autre État. Je n’avais pas osé lui en parler. Je voulais que cela vienne d’elle, mais elle ne s’était jamais confiée à moi. Et depuis, elle enchaînait les histoires sans lendemain et avait perdu l’éclat de son sourire.


― Logan m’a dit qu’il revenait en ville. Une opportunité dans une boîte du coin… continuai-je d’une voix douce. Je sais pas ce qui se passe entre vous, mais je sais que tu tiens beaucoup à lui… et lui à toi.


Anny se leva d’un bond et sortit en courant. Je la suivis dans la cuisine.


Je ne laisserai pas tomber cette fois.


― Depuis qu’il a quitté San Francisco, t’es plus la même, Anny… Et maintenant qu’il revient, tu pourras pas l’éviter éternellement…

― Si, je pourrai ! objecta-t-elle avant de se refermer sur elle-même.


Le coin de ses yeux brillait de larmes contenues, témoignant de sa détresse. Elle cligna des paupières dans une futile tentative de les refouler, tout en serrant son verre d’eau entre ses mains tremblantes.


― OK, soupirai-je. Je vais pas insister. Quand tu seras prête, je serai là. Avec un énorme pot de glace chocolat noix de pécan et des litres de café…

― Deux pots, gémit-elle.

― Deux… OK, concédai-je en souriant.


***


Lorsque je quittai enfin Anny, il était presque 19 h. Comme promis, Logan nous avait accordé le temps et l’espace nécessaires pour nos adieux larmoyants. Des adieux qui n’en étaient pas vraiment, puisque je vivais sur le même palier, juste en face. Malgré tout, plus rien ne serait jamais pareil. Irrémédiablement.


Finies les soirées pyjama devant un film en milieu de semaine. Finies les nuits à refaire le monde, allongées sur mon lit dans le noir, les yeux fixés sur le plafond. Finies les descentes de glaces à 2 h du matin. Finies les interminables heures de révisions dans notre salon. Finis les repas en tête-à-tête rythmés de rires, de coups de gueule et de potins.


En ouvrant la porte de mon appartement, une délicieuse odeur de cuisine asiatique m’accueillit, égayant immédiatement mon esprit. Ne plus partager mon quotidien avec Anny allait me manquer, mais j’étais impatiente de commencer ma nouvelle vie avec Logan.


Je posai mon sac dans l’entrée qui était maintenant la nôtre, un large sourire illuminant mon visage, et ôtais mes chaussures. Tout mon corps était douloureux et fatigué. La tension dans mes muscles était presque insupportable. Pourtant, je me sentais heureuse et en paix.


En gémissant, je me dirigeai lentement vers le salon, prête à m’effondrer dans notre canapé confortable.


Logan m’attendait devant la table joliment dressée – nappe noire scintillante, assiettes en porcelaine étincelantes, couverts argentés, et une magnifique rose rouge au centre.


― Bienvenue chez toi, ma déesse.


Il s’approcha, le regard chargé d’amour et de désir, m’offrant un verre de vin blanc. Sec et frais, exactement comme je l’appréciais. Tout me semblait parfait.


― Merci, me murmura-t-il après avoir avalé une gorgée.


Avec douceur, il enroula son bras autour de ma taille et m’attira vers lui. Il posa son front sur le mien, son souffle chaud sur mes lèvres. Il m’observa avec une intensité à la fois réconfortante et brûlante.


― Pourquoi ? demandai-je confuse.


Il peina à déglutir, comme submergé par un tourbillon d’émotions. Une vulnérabilité incroyable, terriblement touchante, se dévoilait juste sous la surface de cette force tranquille.


― Pour m’avoir sauvé, avoua-t-il d’une voix rauque. Pour m’avoir vu quand personne ne le faisait. Pour être restée…


Il m’embrassa langoureusement, avec tout l’amour et la dévotion qu’il ressentait pour moi.


Je compris alors que j’avais fait le bon choix. Cinq ans auparavant, quand j’avais tenu tête à Morgan. Me libérant de mon passé et de ma douleur. La semaine dernière, quand j’avais dit « oui » à Logan. Acceptant enfin d’ouvrir la porte au bonheur.


Je réalisai alors à cet instant que plus jamais je ne me sentirais seule et sans défense.




Texte de L. S. Martins

Image créée par L. S. Martins à l'aide d'Adobe Firefly



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