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La clairière de la lune rousse
Fiction
Erotica
calendar Veröffentlicht am 28, Aug., 2026
calendar Aktualisiert am 29, Aug., 2026
time 17 min

J'en ai presque (presque seulement..) marre de me répéter mais bon, what else ?
Du Gabriel Dax dans toute sa splendeur de plume et j'aime beaucoup.

Je me permets une petite question ici :

(...) Ils n’étaient plus que trois cops d’une seule entité à la recherche d’orgasmes multiples.

n'y a t-il pas une petite coquille sur le mot " cops " pour corps, peut-être ?

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La clairière de la lune rousse

Avertissement

La clairière de la lune rousse est un texte érotique destiné à un public averti. Il passe de la suggestion à la réalité crue et peut heurter un lectorat nourri de fausse pudibonderie. Vous êtes donc libre de cesser la lecture ou de poursuivre plus avant.


Avant propos

Cette nouvelle érotique est d'ores et déjà lauréate, puisqu'elle fait partie des trois textes retenus, en fiction, pour le concours La Clairière 2026. C'est désormais à vous de l'installer sur l'une des trois marches en allant voter.


Illustration Chat GPT



La clairière de la lune rousse

La chambre sentait le vieux papier et l’encre séchée. Une odeur de musée où le temps s’était figé en poussière épaisse sur les meubles. Assis à son bureau, Antoine fixait désespérément la page vierge devant lui, elle lui faisait l’impression d’un rectangle de lumière trop blanche qui le jugeait. Depuis plusieurs mois, ses phrases s’alignaient avec la perfection d’un métronome. Il écrivait sur l’amour, mais un amour sans vie et sans âme. Aujourd’hui, face à cette feuille vierge, il voulait autre chose, mais il n’y parvenait pas. Les mots restaient muets.


Il se leva et fit les cent pas dans le salon avant de passer à la salle de bain pour retrouver son visage dans le miroir. Son reflet lui renvoyait l’image d’un homme sage, cheveux coiffés en arrière et chemise boutonnée trop haut. Il se sentait coincé dans un carcan trop serré tandis qu’il aurait voulu aller plus loin et écrire la sueur et le sexe. Mais sa main s’arrêterait toujours, retenue par une pudeur académique.


— Il me faut salir l’encre, lança-t-il à son double devant la glace. Mais il baissa aussitôt le regard, le laissant tomber sur un guide posé sur le rebord de la baignoire. C’était un condensé sur le fleuve Saint-Laurent avec ses courants, ses dangers, mais aussi ses légendes oubliées. Il ne se souvenait plus où il avait déniché ce bouquin, mais s’était juré de le lire après son écriture. Sauf que l’écriture ne venait pas. L’idée de procrastiner commençait alors à germer et à chuchoter à son oreille, lui disant qu’il devait changer d’air et aller chercher, dehors et en kayak, les miettes de son inspiration.


Le soir tombait et une lune pleine se levait sur l’horizon. Elle était teintée de ce rouge sanguin que les anciens prétendaient occulte, affirmant que c’était la couleur de la folie et des révélations. Les eaux du fleuve, elles, apparaissaient tel un miroir sur lequel il pagayait dans un silence religieux, outrageusement rompu par le clapotis rythmique de sa pagaie. Une brume venait parfois s’enrouler autour de lui avant de s’effilocher derrière lui.


Alors qu’Antoine avançait en déchirant le brouillard, une silhouette apparut sur le fil de l’eau. Un autre kayak glissait vers lui avec à son bord, une femme aux cheveux flamboyants. Antoine la contempla, le cœur battant bien plus vite que d’ordinaire. Il n’aurait su dire pourquoi, mais il était certain que cette rencontre n’avait rien de fortuit. La femme tourna alors la tête, laissant la cascade de ses cheveux lui caresser ses épaules. Elle lui sourit.


— Tu cherches l’île, Antoine ?


Sa voix était à la fois douce et rauque.


— Tu cherches celle qui ne se donne qu’à ceux qui ont faim de plus que des mots ?


Antoine ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit.


— Elle n’apparaît que le soir, lorsque la lune est rousse et que la brume déchire ses berges. Tu fais donc bien d’être là, car elle est la source de l’inspiration pour celles et ceux qui veulent découvrir le plaisir absolu qui brise les chaînes.


Elle accompagna ses mots d’un geste vers une zone où la brume semblait plus épaisse, plus dense.


— La Clairière t’attend, mais attention, une fois entré, tu ne seras plus tout à fait le même.


Avant qu’Antoine ne puisse formuler une question, la femme plongea son regard dans le sien, puis, d’un mouvement fluide, fit pivoter son kayak et pénétra dans la brume. Son sillage commençait à disparaître, alors Antoine n’hésita pas une seconde et s’enfonça à son tour, passant le seuil de l’interdit.


L’atmosphère changeait à mesure qu’Antoine avançait dans le voile opaque. L’eau devenait plus visqueuse, la lumière prenait des reflets irisés et le silence s’épaississait. Antoine pouvait entendre son sang pulser derrière ses oreilles. C’est alors que la terre émergea de la densité laiteuse. Il accosta.


En posant le pied sur le sol, la sensation fut étrange. La terre, ni solide ni molle, épousait ses pas. La brume réagissait à sa présence et des bras de vapeurs venaient s’enrouler à ses chevilles. Son pantalon s’imprégnait d’un parfum d’ozone et de musc. Antoine se laissait emporter par cette fragrance qui le guidait inexorablement vers le cœur de l’île.


Peu à peu, son appréhension se dissipait, remplacée par une excitation grandissante qui irriguait son corps jusqu’à faire dresser sa verge. Il avait l’impression que la brume le connaissait et qu’elle lisait ses désirs les plus inavouables, s’insinuant en lui, et absorbant ses inhibitions pour atteindre l’homme dans sa nudité primaire, débarrassée de sa carapace sociale. Il avançait dans cette sorte de rêve éveillé avec une envie grandissante de se laisser aller, quitte à succomber sans même savoir pourquoi.


La brume continuait de le guider jusqu’à ce qu’elle s’écarte pour révéler une clairière presque circulaire. Au centre, l’air vibrait d’une lueur plus charnelle et le sol était recouvert d’une mousse rase qui dégageait un parfum plus captivant encore que les bras de brume. Deux silhouettes l’attendaient au milieu.


À côté de la rousse se tenait une autre femme aux cheveux noirs de jais et aux yeux sombres. Toutes deux ne portaient que de fines chemises de soie, si transparentes qu’elles révélaient plus qu’elles ne cachaient. Le tissu dessinait les courbes de leurs seins, de leurs hanches et de leurs ventres avec une précision enivrante. Plus bas encore, Antoine lisait la présence de leurs sexes qui se dessinaient d’un trait d’ombre sur des lèvres ourlées. Il voulut parler et demander où il se trouvait et qui elles étaient, mais sa voix mourut dans sa gorge.


La rousse s’approcha alors, ses pieds nus ne faisant aucun bruit sur la mousse tendre. Elle posa une main sur son torse, juste au-dessus de son cœur. Le contact lui fit l’effet d’une décharge dont l’onde se propagea dans tout son corps jusqu’à faire trembler ses genoux.


— Tu as franchi le seuil, murmura-t-elle, maintenant il n’y a plus de retour en arrière. Il n’y a plus de mots interdits, plus de pensées refrénées, il y a seulement le ressenti.


La brune s’approcha à son tour. Ses doigts effleurèrent sa nuque et descendirent le long de sa colonne vertébrale. Puis, repassant devant lui, leurs regards se croisèrent et le monde bascula dans un flot stroboscopique où des images explicites se superposèrent. Il sentit s’insinuer la langue de la brune dans sa bouche tandis que les tétons de la rousse vinrent lui effleurer le visage.


Tout tournoyait autour d’Antoine dans un ensemble de masturbations intellectuelles devenues chair. Il ne pensait plus. Les concepts de morale et d’interdit s’étaient évaporés. Il ne restait que les sensations brutes. Les deux femmes continuaient et l’entouraient. Elles le déstabilisaient avec une aisance sans retenue. Il sentait leurs souffles chauds sur sa peau devenue incandescente. Elles le disséquaient de plaisirs et lisaient chaque recoin de son âme pour découvrir et décupler ses désirs, ses envies et ses fantasmes. Elles ne cherchaient pas à le séduire, mais à le révéler à lui-même.


L’étreinte commença avec la lenteur calculée d’un rituel antique. La brune traça des lignes brûlantes sur son corps avec la pulpe de ses doigts. Elle suivait le tracé de sa musculature, de ses veines. Chaque toucher était une étincelle, allumant des brasiers sur sa peau. La rousse s’était collée à lui. Son souffle chaud venait lui susurrer des mots qu’il ne comprenait pas. Les sons étaient des vibrations assénées directement à son système nerveux.


Submergé par les sensations nouvelles, Antoine laissa affluer une vigueur ancestrale dans son propre sang. Ses mains se levèrent enfin pour toucher à son tour. Pour saisir, pour agripper. La bienséance avait volé en éclats. Il n’était plus l’écrivain trop sage, mais un animal en quête de vérité.


Les deux femmes l’entraînèrent alors dans une danse où la limite entre le plaisir et la douleur s’estompait. Elles l’embrassèrent et le mordillèrent avec une intensité vampirique. La brume se joignait à leurs ébats et s’épaississait pour mieux les accueillir tous les trois.


La clairière fut alors recouverte d’un dôme vaporeux, créant un univers clos, hors du temps. Il n’y avait plus de Saint-Laurent, plus de kayak ou de vie antérieure. Il n’y avait que des corps en quête de plaisir. Deux femmes et lui, se donnant et s’offrant sans répit ni repos. Chacun puisait dans les autres l’essence même de la créativité, de la passion et de la jouissance, pour restituer le pur instinct du plaisir ancestral.


Le rythme s’accéléra. Les mouvements devinrent frénétiques, syncopés par les battements de cœurs affolés. Les fluides s’échangeaient entre les langues et les lèvres, entre les doigts et les mamelons. Les clitoris enflaient sous les plaisirs multiples. La verge d’Antoine en faisant autant, sa turgescence empalant chacune des femmes à tour de rôle, par tous les orifices qu’elles lui présentaient. Les vagins perlaient, son méat coulait. Les fluides passaient de bouche en bouche. Chacun y allant de ses envies, donnant, recevant et prenant. Les bouches et les langues se mélangeaient, les lèvres fusionnaient et les corps s’épousaient dans des transes extatiques de possessions mutuelles où salive, sperme et cyprine se mêlaient sans discontinuer. Ils n’étaient plus que trois corps d’une seule entité à la recherche d’orgasmes multiples.


De pénétration en retraits, de léchages en succions, de palpations en caresses, Antoine était une plume qui trempait ses mots nouveaux dans les encres de la brune et de la rousse. Il écrivait sur les peaux, effleurant les pores, suivant les sillons. Il s’insinuait dans les interstices et plongeait au sein des muqueuses. Les deux femmes étaient les parchemins qui accueillaient ce qu’il n’avait jamais osé écrire, ni même concevoir dans son esprit. Chaque caresse était un paragraphe de chair. Chaque baiser devenait un nouveau chapitre. Chaque orgasme, un nouveau tome.


De ces multiples extases monta alors une déferlante. Une marée soudaine qui submergea tout, brisant les dernières digues de sa raison. Il sentit rompre toutes ses limites pour exploser à son tour. Alors, au sommet de leurs jouissances, dans un cri commun et bestial, Antoine eut l’impression de se dissoudre dans la rousse et de fusionner avec la brune. Ils étaient l’unicité de l’île dans un instant d’éternité. Un point de bascule où l’homme qu’il était mourut pour laisser place à un être nouveau, un être indéfinissable.


Le silence revient aussi soudainement qu’il avait disparu. La lueur rougeoyante avait laissé place à une grisaille d’un nouveau ciel. Antoine était allongé sur une berge, seul, nu, humide. Son corps était courbaturé d’efforts intenses et prolongés. Son kayak gisait échoué quelques mètres plus loin. Il se redressa péniblement et jeta un œil autour de lui. Il n’y avait rien d’autre que l’eau du Saint-Laurent qui s’écoulait paisiblement entre deux rives. Aucune trace alentour. Aucune île. Personne.


Il rentra donc chez lui, dans un état second, entre tremblements et fièvre. Son esprit était encore embué et pourtant, des esquisses de souvenirs se dessinaient par intermittence. Dès qu’il franchit le seuil de son bureau, il s’assit, poussa la feuille blanche et alluma son ordinateur. Devant lui le curseur clignotait avec frénésie. Ses doigts se posèrent alors sur le clavier et se mirent à voler sur les touches avec une vigueur qu’il ne soupçonnait pas. Les mots jaillissaient sur l’écran, crus, presque violents. Il décrivit la dentelle de la brume, le roux flamboyant, le velours noir. Il écrivit le goût des eaux et du sang. La texture de la soie mouillée, des corps, des sexes. Il exprima l’extase absolue dans la clairière. Il laissa passer les heures sans discontinuer, les phrases s’enchaînaient avec une fluidité nouvelle, portant en elle le parfum du désir lubrique dans sa vérité nue.


Lorsque la nuit céda au jour, un feu embrasait la pièce. Antoine s’arrêta de taper. Il ne parvenait pas à concevoir qu’il avait réellement vécu cette histoire sur une île fantôme avec deux femmes sorcières ou vampires. Il se demandait s’il n’avait pas fait surgir tout cela de sa propre psyché, épuisé d’avoir ramé inconsciemment jusqu’à la frontière de ses capacités. Une transe induite par la fatigue qui aurait alors brisé ce qu’il refoulait. Il relut les derniers paragraphes visibles sur l’écran et un sourire de satisfaction étira ses commissures douloureuses, révélant quelques écorchures qu’il attribua à des coupures de rasoir.


Antoine se leva enfin. Son dos le tiraillait, mais sans cette douleur habituelle d’une position trop longtemps assise. Une autre étrangeté effleura sa conscience lorsque le plaisir de finir un texte ne lui engorgea pas le sexe. Sa verge ne lui réclama pas une énième masturbation quotidienne. Il se dirigea tranquillement vers la salle de bain. Il voulait voir l’écrivain devant la glace. Il savait qu’il avait brisé le carcan, qu’il était cet écrivain qu’il voulait devenir. Devant son double dans le miroir, il se fit la promesse d’écrire dorénavant sans aucune retenue. Qu’importait désormais la frontière entre le rêve et la réalité. Ça n’était pas une fausse promesse, mais une certitude. La même que celle qui le frappa lorsqu’il se déshabilla devant la glace. Son corps portait les stigmates de sa nuit sur l’île.


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Kommentar (1)

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J'en ai presque (presque seulement..) marre de me répéter mais bon, what else ?
Du Gabriel Dax dans toute sa splendeur de plume et j'aime beaucoup.

Je me permets une petite question ici :

(...) Ils n’étaient plus que trois cops d’une seule entité à la recherche d’orgasmes multiples.

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