Sur le pouce
Avertissement : "Sur le pouce" est une nouvelle mêlant horreur et érotisme. Elle est destinée à un public averti. En poursuivant, vous allez entrer dans mon univers fictif, dans la commune de Gascq, une petite ville très sympathique, nichée au cœur de la forêt des Landes. Je vous souhaite un agréable séjour.
G.DAX

© Valentin Balan
Sur le pouce
La D652 étirait son ruban d’asphalte brûlant au milieu des pins maritimes de Seignosse. Il était seize heures et la chaleur des Landes pesait sur les épaules comme une couverture de plomb. David fit un signe de pouce sitôt sorti du parking de l’Intermarché. Les voitures étaient nombreuses et leur vitesse réduite. Il avait enfilé une tenue propre et engageante afin d’augmenter ses chances d’être pris en stop.
Après quelques touches infructueuses, c’est un SUV sombre, presque silencieux qui fit un léger écart pour se rapprocher de David. La vitre côté passager s’abaissa, révélant le visage d’une femme d’une quarantaine d’années, aux traits généreux. Sa chevelure noire se déversait en cascade pour s’écouler au trou de ses épaules dénudées. Elle sourit. Un sourire qui ne demandait rien, mais qui offrait un voyage extraordinaire vers un paradis bien au delà de Seignosse.
— Vous allez loin ? demanda-t-elle d’une voix claire et limpide.
— Capbreton, bafouilla David en ne réussissant pas à assurer son timbre. En fait, poursuivit-il, n’importe où tant que c’est à l’ombre.
— Je dois juste faire un crochet chez une amie pour récupérer un colis, expliqua-t-elle en déverrouillant la porte. Si ça vous va, montez, l’air conditionné a décidé de fonctionner aujourd’hui, c’est votre jour de chance.
David s’installa, séduit par la fraîcheur immédiate de l’habitacle, mais, pour lui, le jour de chance avait plutôt l’allure de la conductrice.
— Je m’appelle Claire, Claire Pouchet, dit-elle en lui tendant la main.
— David Calgary, répondit-il en lui serrant délicatement les doigts.
Sa peau avait la douceur d’une pêche, bien que ce soit la vanille qui se répandait dans l’habitacle, avec une pointe d’odeur métallique indéfinissable. Il chassa cette idée de mettre un nom sur la fragrance, et revint à la contemplation de cette main dans la sienne, sans voir le regard fugace, mais intense, qu’elle porta sur sa propre main.
— Comme la ville ?
— Comme la ville, répondit-il.
— Je suis désolée, se reprit-elle en reprenant sa place dans le trafic. Tout le monde doit vous dire ça.
— Pas aussi agréablement.
Claire lui jeta un œil souligné d’un sourire qui lui vrilla le bas ventre. La climatisation devenait une nécessité vitale.
Peu après la sortie de Seignosse, la voiture quitta la route vers Capbreton pour bifurquer vers celle dite des lacs, en direction d’Hossegor. Les arbres se resserrèrent, l’ombre envahissait l’asphalte. Claire ralentit l’allure.
— Si ça ne vous dérange pas, ici, je coupe un peu la clim, vous allez vite comprendre pourquoi en ouvrant la fenêtre.
— C’est votre voiture et c’est la conductrice qui
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Kommentar (1)
Pascaln — Le Contemplateur Éphémère vor einem Monat
Put**n Gabriel, tu m'as convaincu de ne plus monter dans l'auto d'une inconnue toute désirable soit-elle...
Et tout autant, de ne plus manger de sucettes, même si la première reste toujours gratuite...
Tendue (je parle de l'écriture...), érotique juste comme il faut et une chute que je n'ai pas vu, pas plus que senti d'alleurs arrivée. Bravo M. Dax !
Gabriel Dax vor einem Monat
Merci, cher Pascal. Disons que plus tu t'approches de Gascq, plus les risques sont élevés. Je suis donc ravi de t'avoir embarqué jusqu'au bout.