La clairière de la lune rousse
Avertissement
La clairière de la lune rousse est un texte érotique destiné à un public averti. Il passe de la suggestion à la réalité crue et peut heurter un lectorat nourri de fausse pudibonderie. Vous êtes donc libre de cesser la lecture ou de poursuivre plus avant.
Avant propos
Cette nouvelle érotique est d'ores et déjà lauréate, puisqu'elle fait partie des trois textes retenus, en fiction, pour le concours La Clairière 2026. C'est désormais à vous de l'installer sur l'une des trois marches en allant voter.

Illustration Chat GPT
La clairière de la lune rousse
La chambre sentait le vieux papier et l’encre séchée. Une odeur de musée où le temps s’était figé en poussière épaisse sur les meubles. Assis à son bureau, Antoine fixait désespérément la page vierge devant lui, elle lui faisait l’impression d’un rectangle de lumière trop blanche qui le jugeait. Depuis plusieurs mois, ses phrases s’alignaient avec la perfection d’un métronome. Il écrivait sur l’amour, mais un amour sans vie et sans âme. Aujourd’hui, face à cette feuille vierge, il voulait autre chose, mais il n’y parvenait pas. Les mots restaient muets.
Il se leva et fit les cent pas dans le salon avant de passer à la salle de bain pour retrouver son visage dans le miroir. Son reflet lui renvoyait l’image d’un homme sage, cheveux coiffés en arrière et chemise boutonnée trop haut. Il se sentait coincé dans un carcan trop serré tandis qu’il aurait voulu aller plus loin et écrire la sueur et le sexe. Mais sa main s’arrêterait toujours, retenue par une pudeur académique.
— Il me faut salir l’encre, lança-t-il à son double devant la glace. Mais il baissa aussitôt le regard, le laissant tomber sur un guide posé sur le rebord de la baignoire. C’était un condensé sur le fleuve Saint-Laurent avec ses courants, ses dangers, mais aussi ses légendes oubliées. Il ne se souvenait plus où il avait déniché ce bouquin, mais s’était juré de le lire après son écriture. Sauf que l’écriture ne venait pas. L’idée de procrastiner commençait alors à germer et à chuchoter à son oreille, lui disant qu’il devait changer d’air et aller chercher, dehors et en kayak, les miettes de son inspiration.
Le soir tombait et une lune pleine se levait sur l’horizon. Elle était teintée de ce rouge sanguin que les anciens prétendaient occulte, affirmant que c’était la couleur de la folie et des révélations. Les eaux du fleuve, elles, apparaissaient tel un miroir sur lequel il pagayait dans un silence religieux, outrageusement rompu par le clapotis rythmique de sa pagaie. Une brume venait parfois s’enrouler autour de lui avant de s’effilocher derrière lui.
Alors qu’Antoine avançait en déchirant le brouillard, une silhouette apparut sur le fil de l’eau. Un autre kayak glissait vers lui avec à son bord, une femme aux cheveux flamboyants. Antoine la contempla, le cœur battant bien plus vite que d’ordinaire. Il n’aurait su dire pourquoi, mais il était certain que cette rencontre n’avait rien de fortuit. La femme tourna alors la tête, laissant la cascade de ses cheveux lui caresser ses épaules. Elle lui sourit.
— Tu cherches l’île, Antoine ?
Sa voix était à la fois douce et rauque.
— Tu cherches celle qui ne se donne qu’à ceux qui ont faim de plus que des mots ?
Antoine ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit.
— Elle n’apparaît que le soir, lorsque la lune est rousse et que la brume déchire ses berges. Tu fais donc bien d’être là, car elle est la source de l’inspiration pour celles et ceux qui veulent découvrir le plaisir absolu qui brise les chaînes.
Elle accompagna ses mots d’un geste vers une zone
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Comentario (1)
Pascaln — Le Contemplateur Éphémère hace 1 mes
J'en ai presque (presque seulement..) marre de me répéter mais bon, what else ?
Du Gabriel Dax dans toute sa splendeur de plume et j'aime beaucoup.
Je me permets une petite question ici :
(...) Ils n’étaient plus que trois cops d’une seule entité à la recherche d’orgasmes multiples.
n'y a t-il pas une petite coquille sur le mot " cops " pour corps, peut-être ?
Gabriel Dax hace 1 mes
Merci pour l'appréciation, encore, et la coquille.