le menu standard
Ce texte est d’abord écrit en géorgien, puis traduit en français. J’ai utilisé Perplexity AI comme outil de traduction. La photo de couverture a été prise par moi-même.
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je photographie les ombres étirées sur les murs de la ville
comme pour t’y retenir au moins là-bas
je cherche tes contours
je suis entré dans notre café
il y a toujours cette même odeur
de bois humide et de vieux sucre
dans le coin sont assises les grands-mères du quartier
celles dont le temps n’a rien pu faire
où est ta jolie fille comment va-t-elle m’a demandé l’une d’elles
en effleurant l’air comme si elle touchait tes cheveux
elle va bien j’ai dit et ce "bien" s’émiette dans ma gorge
comme de la vieille farine
comment peux-tu aller bien
quand sans toi
je traîne mes propres pas comme des objets perdus
j'ai commandé le menu standard le moins cher
le croissant et le café noir coûtent quarante centimes de moins
ce café que tu aimes tant et que je déteste
je suis assis
du bout du doigt je palpe les fissures au bord de la table
je vide mon verre jusqu’à la lie
je me lève et en silence entre mes dents
je lâche un juron comme une bête abattue
personne n'a levé les yeux
ici chacun a son propre enfer
ici personne ne comprend ma langue
— Dato
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