Le Brasier
Je refuse le tiède et l’instant sans noblesse,
Le souffle qui s’éteint dans l’ombre des troupeaux.
Je veux l’incandescence et la sainte allégresse,
Le brasier souverain qui forge les métaux.
Je choisis les sommets qui déchirent les mains,
Les sentiers escarpés où la rocaille blesse.
Car il vaut mieux chuter sur les rudes chemins,
Que mourir à genoux de sa propre faiblesse.
Je veux tout consumer, rire jusqu’au matin,
Offrir toute ma part de lumière et d'aurore.
Aux âmes de mon cœur, à ceux de mon destin,
Je livre ce brasier que l’amour seul dévore.
Et quand viendra la nuit, le grand saut dans le froid,
Qu’elle me trouve debout, affranchi de mes chaînes.
La mort n'est point l'effroi pour qui se tient tout droit,
Ayant semé l'éden au milieu de ses peines.
Je ne quémande rien, ni trône ni laurier,
Mais qu'au dernier soupir, digne des anciens dieux,
L’Irréductible en moi, comme un libre guerrier,
S’élève vers l'éther en brillant de mille feux.
PMD Robeen (Extrait inédit de La Geste des Irréductibles)
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