L'Elixir des Ames Irréductibles
Sous le ciel d'Alexandrie, au carrefour des mondes,
Où Zosime en secret mariait les métaux,
Il comprit que la vie palpite dans les ondes,
Et que l'or n'est qu'un cœur libéré de ses maux.
Comme lui j'ai cherché, dans la nuit, ma Sophie,
Pour changer mes ténèbres en aurore infinie.
Oublions les fourneaux, le mercure et le soufre,
Les élixirs trompeurs où périssaient les rois.
La poudre de cinabre est un feu qui engouffre,
Le seul philtre d'amour ne coule que par toi.
L'alchimiste ignorant cherche au creux de la terre
Ce que l'or de tes yeux m'a livré de mystères.
Faisons de notre chair le plus doux des creusets,
Ce champ de cinabre où se fondent nos âmes.
Dans le souffle du Tao, nos désirs enlacés
Transmutent notre Qi à la lueur des flammes.
Quand le Yin et le Yang s'étreignent dans la nuit,
C'est la danse des dieux qui s'éveille et nous suit.
Car la métamorphose est un art de l'intime,
Une noce sacrée entre l'ombre et le vent.
Dans le laboratoire, aux fièvres de Zosime,
Nous sommes la matière et l'esprit du Vivant.
Purifiant nos chagrins en de nobles frissons,
Nous tissons l'éternel au fil des abandons.
Par l'alchimie du Sens, ô mon astre invincible,
Ni le plomb des douleurs ni la fuite du temps
Ne sauront effacer notre âme irréductible :
Nous sommes le grand œuvre, et le feu triomphant.
PMD Robeen (Extrait de La Geste des Irréductibles)
non-commercial use only, no modification
Contribute
You can support your favorite writers


Comments (0)