Chapitre 9 : Les secrets dans la tombe

Chapitre 9 : Les secrets dans la tombe
Je n’ai jamais aimé les cimetières. Trop de peine, trop de souffrance ressurgissent. Un lieu pour honorer nos morts, alors que, lors de vivant, certain étaient invisibles aux yeux des autres. S’il n’y avait pas eu ma grand-mère, je n’aurais existé pour personne. Mes bourreaux se rappellent juste la tête de Turc que je suis pour eux. Tête de Turc, dire que cette expression vient d’un jeu de foire. L’ancêtre de notre punching-ball, mais à la place du ballon, une tête coiffée d’un turban était la plus ciblé à frapper. Je n’avais pourtant ni turban, ni travaillait dans une foire, mais qu’est-ce que je ramassais niveau coup. Sandy ? Elle me sourit sûrement par bonté d’âme, pire, par pitié. Si je venais à disparaître, mon nom serait rapidement effacé des mémoires. Je sais avoir pensé à plusieurs reprises à ne plus exister. Finis les souffrances. Finis de côtoyer que des brutes qui ne cherchent qu’à rigoler sur le nombre de fois où tu vas rebondir sur le sol sous leurs coups. Finis, surtout, de réfléchir à tout et à rien. Mais je me l’étais interdit. Je ne voulais pas finir comme mon père. Je considérais sa disparition comme une faiblesse, un abandon, et pas seulement envers moi, mais aussi envers la vie. Mais voilà, il fallait que je me retrouve dans un cimetière.
J’ai toujours détesté parler de la mort, enfin, j’ai toujours détesté la mort, tout court. Aller sur la tombe des défunts pour la fameuse Toussaint était un véritable supplice à chaque fois. Je préférais mille fois faire les courses à la place. Oui, je déteste aussi les courses. Presque autant que la mort. Et dire que la véritable fête des Morts, Samhain, se trouve être la nuit qui précède la Toussaint. Je me voyais mal rendre visite au cimetière la nuit. Rien que d’y penser, la chair de poule parcourait tout mon corps.
J’étais agenouillé là, à prier un Dieu qui n’était pas le mien. Je désirais juste un avenir meilleur, plus serein. Sans grande conviction, sans réel optimisme, j’attendais un signe, une lueur d’espoir. Je n’avais jamais espéré une quelconque intervention divine, car pour cela, il faut y croire. Mais, ces derniers jours, j’étais plus enclin à croire. Bizarre, non ?
Plongeant dans mes souvenirs, Laurel et Hardy à l’impasse des Ixbrucs avaient parlé de distribution. J’imagine maintenant qu’il parlait de ces pouvoirs. Ce qui revenait à dire que je n’étais pas le seul. Que d’autres existent avec des capacités particulières ? Si c’était bien le cas, il fallait que je me lance à leur recherche. Trop de questions restaient sans réponse, et mes nuits sont bordées de cauchemars. Quand je repense à ce qu’ils m’ont fait subir là-bas, de subite douleur au ventre ressurgit. La tête enfouie dans ces plus profondes souffrances, je ne m’aperçus pas que le sol se dérobait devant mes pieds. La terre disparue peu à peu dans un bruit sourd, pour laisser entrevoir l’entrée d’une espèce de grotte sous la tombe.
Par quel mystère encore venait-elle d’apparaître ? Je n’avais pourtant pas prononcé les mots magiques. Non, pas le « s’il te plait », mais « Shazam, ouvre-toi ! ». Ou était-ce plutôt une histoire de graine de sésame, je ne sais plus. Moi et les légendes, cela fait deux. Vu les circonstances, je savais ce qu’il me restait à faire : entrer là-dedans. Mais, la peur me tenaillait. Qu’est-ce que j’allais encore découvrir là-dedans ? Pourvu, s’il vous plaît, qu’il n’y ait pas de zombies ou autres morts non morts. Ce n’est pas que les vers qui parcourent dans les films fassent peur, mais c’est que, c’est dégoûtant. Et puis, après mon passage à l’impasse des Ixbrucs, je sais malheureusement maintenant quel goût ils ont. Je n’ai aucune envie de refaire l’expérience.
Prenant mon courage là où je ne pensais pas l’avoir, j’entrepris d’entrer.
Et moi qui pensais ne plus pouvoir être surpris, j’étais dans le faux le plus total.
Cette grotte changea totalement la vision que j’avais sur ma vie.
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