La boule...
La boule…
Petit, ils l’appelaient bouboule
Gentil surnom un peu immonde
Eux trouvaient ça plutôt cool
Lui, en silence, rêvait de fronde
À la récréation, stars de la sphère
L’été chantait fort la gloire des verts
Ils portaient leurs noms mythiques
Lui des chaussures orthopédiques
Parfois un espoir, une proposition :
— Rentrer en jeu, tu peux, si tu veux —
À condition de remplacer le ballon
Tellement fiers d’eux, joyeux hideux
Une fois, juste pour faire le nombre
Gardien de la cage, ils l’ont fait jouer
Hélas, ce ne fut pas sans encombre
Son sale handicap finit par gagner
Heureux — bien sûr, il fit de son mieux
Sur les tirs, impossible qu’il se couche
Méchants — bien insuffisant pour eux
Sous la satire, sa seule place, la touche
Est-ce ainsi les règles du jeu et de la vie ?
Eux héros imaginaires du rectangle vert
Lui, juste né différent sans l’avoir choisi
Ces vrais amis — les mots à la Prévert
Si la télé diffuse leur coupe du monde
Dans ses carnets, il réécrit son monde
La place de bouboule n’est pas la cage
Mais dans les feintes de mots en page.
PascalN ©
« Scènes de vie »
Note d’auteur : Pascal Nicod, alias « PascalN » est l’auteur et seul propriétaire de ce texte « humanuscrit » et de tous les droits qui en résultent il n’en autorise pas l’utilisation sous quelque forme que ce soit, sans accord préalablement écrit et signé par lui-même, ou via la notice de transparence Panodyssey qui accompagne ce texte. Les IA du logiciel Antidote et de ChatGPT ont servi uniquement à des fins de correction (orthographique, grammaticale et typologique).
Crédit photo de couverture : Daniekirsch Pixabay Lite
Article 1 — Les écrits de PascalN ne sont ni en libre-service, ni en libre pâture.
Article 2 — Toute tentative d’ingestion, de recyclage ou de pillage — poétique ou non — expose le contrevenant au risque de se frotter à un humain déterminé à se faire respecter.
Article 3 — Sans le grisbi, circulez : il n’y a rien à vectoriser.
Article 4 — En cas de doute, relire les articles 1, 2 et 3 jusqu’à illumination.
Fin de transmission.
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Commentaires (3)
Lapil'à'folie il y a 21 jours
Je lis ce poème après qu’une vilaine pensée m’a traversé l’esprit.
Ce genre de pensée qui nous replonge dans nos complexes et nous donne la nausée.
Tout est dit dans le commentaire de Line Marsan : un poème très touchant.
J’ajouterais “universel” et “intemporel”, malheureusement.
Mais… parce qu’il y a toujours un “mais” qui se pointe quand le négatif voudrait la scène à lui seul, vous avez ce don de chasser ces vilaines pensées, de faire sourire et d’alléger les esprits, même quand les mots sont baignés dans la mélancolie.
Pascaln il y a 20 jours
Merci beaucoup d'avoir pris le temps de le lire et de partager ici votre ressenti.
Je suis bien conscient que le sujet fait partie de ceux qui chahutent ou peuvent mettre mal à l'aise. Je m'en rends compte au nombre de réactions. Ce n'est bien évidemment pas le but.
Tout comme est la vie, je ne sais pas écrire uniquement à l'eau de rose.
Quand il faut que ça sorte, je laisse sortir comme c'est.
En tous cas, j'aime aussi l'idée que mes écrits ne laissent pas qu'une trace trop sombre dans l'esprit du lecteur et lectrice. Ce que je note et ressens dans la fin de votre commentaire 🙃. Encore merci à vous.
Line Marsan il y a 22 jours
Très touchant... et révoltant. Sais-tu, dans ma vie, il y a longtemps, je me suis rêvée homme, valide, costaud, pour baffer tous ceux qui se moquent des plus faibles, fragiles, handicapés, pauvres, homosexuels noirs, différents... Le problème n'était pas de devenir un homme valide et costaud, le problème c'était le nombre de personnes à baffer 😉.
E C Wallas il y a 22 jours
Permettez-moi de vous dire que je vais vous piquer cette derniere phrase et l’utiliser au quotidien ! 😁
Jackie H il y a 22 jours
Je vous comprends, moi c'était l'injustice qui me révoltait, ou bien quand on s'acharnait sur un innocent sans défense... le nombre de fois que j'aurais voulu pouvoir traverser l'écran pour aller foutre la dérouillée du siècle à quelques lâches ! Surtout qu'en vrai je ne savais même pas me battre 😆😆😆🙁🙁🙁
Pascaln il y a 21 jours
Merci Line pour ton regard sur ce texte personnel que j'ai osé posé ici.
Il y a des fois comme ça où les souvenirs qui remontent font tellement de bruit que l'on ne peut les empêcher de s'exposer en public. Le pire c'est que je ne sais même pas si ça fait du bien ou pas, mais au moins c'est fait.
En tous cas j'adore le récit de ton rêve, j'ai essayé d'imaginer la scène et je crois qu'effectivement il y en aurait bien trop à baffer ! Mais peut-être que l'on pourrait s'y mettre à plusieurs 😉😋😂
E C Wallas il y a 22 jours
Comme presque chacun de vos textes, il y a une douceur/légèreté agréable dans ces mots, on ressent le poids de ce qu’il y a à vivre en se laissant porter.
Merci pour votre plume délicate qui est toujours un plaisir à lire Pascal.
Pascaln il y a 22 jours
Merci beaucoup Wallas pour ce commentaire qui me touche sincèrement.
J'ai adopté cette forme d'écriture peut-être un peu atypique, car avec elle je me sens libre et sans contrainte académique.