Tels des gisants de pierre
Certes rien ne transparait. La douleur a cloué les corps dans cette attitude tels les gisants de pierre au fond de sombres sépulcres. Vocables enlisés dans les eaux grises de la lagune. Lecteur perdu ne lit pas et les signes font leurs milliers de pattes d’insectes qui vibrionnent à la façon des phalènes dans le rayon d’une lampe. Joueuse nue ne joue pas car elle est dépouillée d’elle-même, en-deçà de tout arpège, au-dedans d’une longue fugue que montre la partition vide. Plus rien que cette immense vacuité. Plus rien que l’entaille blanche du silence qui fait son grésillement d’outre-vie. Plus rien que le rien ! Tout semble occlus qui cimente les présences et les remet à une manière d’angoisse archaïque. Comme au seuil de la caverne du paléolithique avec le gonflement des bourrelets orbitaux qui signent le gel des idées, leur impossibilité de dépasser la braise invisible de la mèche d’amadou. De grises qu’elles étaient, les circonvolutions sont devenues des écheveaux de suie d’où suintent les larves du non-paraître. Car être privé de langage revient renoncer à sa statue d’homme, à disparaître dans la masse informe de son menhir de pierre.
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