Cette terre d’exil
Le jeu subtil
Et illisible
Des Confidences
Les regards chavirés
L’Un en l’Autre
Les yeux
Ces brasiers
Ces phares
Ces immenses sémaphores
Qui disent bien plus
Que des mots médusés
Ai vu les yeux parler
Ai vu les yeux jouir
Ai vu les yeux
Prendre possession
Du Monde
Du Mien d’abord
Cet inconnu à moi-même
Cette terre d’exil
Qu’aucun pied ne foule jamais
Qu’aucune conscience ne parvient
À déchiffrer à la hauteur
De son abyssale dimension
***
La clarté était rare
Propice aux confidences
Médiatrice des formes
En devenir
Antichambre des songes
Corridor des fantasmes
L’ŒIL du Peintre
Me regardait de loin
Sans doute depuis le domaine des Morts
Cette obsidienne aiguë
Ce noir brûlé de Génie
Cette puissance de Minotaure
Qui me clouait
A ma propre stupeur
***
Oui j’étais fasciné
Oui j’étais mis à nu
Oui j’étais celui
Regardant
Regardé
Je ne savais plus
Quand le jour se lèverait
La nuit tomberait
Le Plein était insoutenable
L’Ouvert une comète échevelée
La Clairière un cercle
Où dansaient les figures
De l’Enfer
Et pourtant je demeurais
Sur ce siège noir
Face à l’Enigme
Cette Déesse de papier
Elle était l’Art
En son sortilège
Etais-je l’Artiste
Qui implorait la grâce
D’Être
De demeurer
Là sur ce fil du papier
Seul lieu peut-être
Pour accéder
À Soi
Un
Jour
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