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Reprenons le contrôle de nos vies (Deuxième partie)

Reprenons le contrôle de nos vies (Deuxième partie)

Published Apr 12, 2021 Updated Apr 23, 2021
time 9 min

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Reprenons le contrôle de nos vies (Deuxième partie)

 

Amener à la transparence

Nos histoires l’ont prouvé, le monde de l’entreprise est celui qui a broyé la majorité des citoyens devenus lanceurs d’alerte. Il est celui par lequel le changement arrivera en termes d’obligation légale, d’obligation morale, à cause du monde de l’Internet où aujourd’hui aucune information ne reste cachée. Le changement de mode opératoire aura lieu grâce à des citoyens, des représentants du personnel, des élus intègres, qui n’hésiteront pas à mouiller le maillot lorsque les problèmes surgiront. Les enjeux sont considérables lorsque l’on connaît les chiffres de la souffrance au travail, le nombre de collaborateurs en arrêt maladie, de ceux connaissant le burn-out et la dépression. Quelles raisons pour un chef d’entreprise de rendre ses collaborateurs affaiblis si ce n’est que pour garder un certain type de pouvoir, pour continuer à diviser pour mieux régner ? Ayant connu une vague de suicides au sein de ses collaborateurs, France Telecom - devenu Orange - est un cas d'école en la matière en France : l'entreprise et ses principaux dirigeants ont été condamnés en 2019 pour "harcèlement moral institutionnel".

On peut également être amené à se demander pour quelles raisons un pays qui se dit "des droits de l'homme" est le premier à ne pas vouloir montrer l'exemple en matière de transparence et d'éthique, tout comme sa haute administration.

L’écrivain Laurent Gounelle (Laurent Gounelle, Les dieux voyagent toujours incognito, Pocket, Paris, 2012) décrypte ainsi la stratégie à adopter face à « l’ennemi » : « Si tu te mets à sa place, tu peux découvrir pourquoi il agit ainsi. […] Quand tu déploies de l’énergie à essayer de convaincre quelqu’un, c’est comme si tu envoyais dans sa direction une force qui s’exerce sur lui, qui le pousse. Il le ressent et ça l’amène à pousser dans le sens contraire. Pousse-le, il te repousse ». « On ne pousse pas, on tire. Pousser, c’est partir de notre position et vouloir l’imposer à l’autre. Tirer, c’est partir de la position de l’autre et petit à petit l’amener à soi ». 

Notre courrier au président d’UBS sur le développement d’un « fonds international de l’éthique », co-écrit avec M. Alexandre Boisson, expert en risques systémiques, envoyé à l’été 2016 est resté sans réponse.

Par ailleurs, nous avons appris fin 2020 que la justice des Pays-Bas avait ouvert une enquête sur une affaire de blanchiment d'argent impliquant Ralph Hamers, ex-dirigeant d'ING. Ce dernier, devenu le nouveau président succédant à Sergio Ermotti à la tête d'UBS, a été recruté alors que ses 'antécédents étaient connus et avaient été pris en considération par le conseil d'administration' (20minutes.ch - jeudi 10 décembre 2020).

Nous avons constaté qu'il est impossible de faire changer nos ex-employeurs, c’est-à-dire de les pousser vers des modèles économiques éthiques. Il faudra donc les y tirer, comme le suggère Laurent Gounelle.

 

 

 

L'analyste financière Ida de Chavagnac devenue lanceuse d'alerte au Crédit Agricole en 2014 partage cet avis lorsqu’elle écrit que « pour briser le culte du secret, la seule solution serait de créer une banque transparente, qui graverait dans le marbre son objectif de transparence  ».

D’autres acteurs de changement se mobilisent pour un monde plus éthique, par exemple dans le secteur de l’hôtellerie.  Laurent Bougras, qui gère  La Note Touristique, déclare que la plateforme de réservation permet aux locations touristiques d’afficher leur note d’impact environnemental (A, B, C, D, E). Cette étiquette environnementale est une certification officielle (sous l’égide de l’Ademe et du Ministère de La Transition Energétique.), elle permet aux consommateurs de comparer des produits et des services en fonction de leur impact environnemental.

 

« Horizontaliser le monde»

La révolution blockchain a commencé. « La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. […] Par extension, une blockchain constitue une base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. […] Une blockchain publique peut donc être assimilée à un grand livre comptable public, anonyme et infalsifiable. Comme l’écrit le mathématicien Jean-Paul Delahaye, il faut s’imaginer « un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible ». La première blockchain est apparue en 2008 avec la monnaie numérique bitcoin, explique encore le site.

Le « serial entrepreneur » Gilles Babinet est un spécialiste du sujet blockchain qui « horizontalisera le monde ». Il analyse qu’« au-delà de la révolution technologique, c’est une révolution anthropologique ». En effet, selon le « digital champion », l’ère de l’hyper-capitalisme est visible depuis la globalisation des services financiers. Depuis 1985, les revenus du travail de la classe moyenne ont fondu et ceux du capital ont explosé, grâce aux plateformes mises à disposition des acteurs de la finance pour que les transactions puissent s’exécuter au niveau mondial. La blockchain, par la certification des transactions, permet de faire en sorte que la capacité de maîtriser les transactions puisse être décentralisée : des services de toute nature peuvent être alors créés dans une logique où les intermédiaires ont disparu.

En un mot, les entreprises (notamment dans l’industrie financière), dont le métier est de prélever des pourcentages sur des transactions quotidiennes à hauteur de milliards d’euros ou de dollars, alors qu’elles ne produisent aucune richesse, n’auront plus lieu d’exister.

Pour Alexandre Boisson, la blockchain est une fenêtre de tir en termes d'éveil des consciences et d'horizontalisation du monde. Comme toute fenêtre de tir, elle s'ouvre puis se ferme. Selon l'expert en risques systémiques, une "tempête solaire - appelée également événement de Carrington - suffirait à fermer cette fenêtre. Sans résilience énergétique suffisante, la blockchain n'est rien : elle consomme trop d'énergie, nuit aux écosystèmes. Si la blockchain avait été le seul système d'échanges au Québec en 1989, on aurait pu voir une société livrée à la perte de repères. Tant que cette technologie fonctionne, elle sert à la prise de conscience sur la corruption systémique qui nous conduit dans le mur. Que l'humanité s'en affranchisse ! Il est temps qu'elle ne laisse plus la corruption d'esprit décider pour elle. C'est une bonne chose qu'elle s'empare de l'économie à travers cette technologie temporairement. Toutefois, la réflexion, la recherche de l'éthique seront celles qui apporteront le plus de pérennité systémique, même en cas de blackout."

 

Un pour tous, tous pour un

Cette devise des trois mousquetaires popularisée par Alexandre Dumas nous a été répétée dès notre plus jeune âge en famille, à l’école. Elle fait partie de notre culture et est chère aux lanceurs d’alerte. Avant tout, ces femmes et ces hommes sont des citoyens du monde qui n’ont qu’un objectif: défendre le bien commun et l’intérêt général. Plutôt que de moralité, les uns parlent d’intégrité, les autres de transparence et d’éthique à des fins d’intérêt général ; chacun essaie alors de fédérer autour de ces valeurs.

Photo : Statues #anythingtosay? de l'artiste italien Davide Dormino devant le Centre Pompidou, Paris, septembre 2015. Collection personnelle

 

Il est temps de mettre du bon sens là où nous avons perdu tout repère éthique. L’heure est venue de décider et d’agir ensemble, l’union faisant la force. Pour remettre le « mieux vivre ensemble » au cœur des débats, regroupons-nous pour nous protéger. Nos combats ont montré qu’il fallait décloisonner tout ce qui a pu créer l’impunité dont certains bénéficient encore. C’est à nous tous, citoyens, d’être solidaires face à l’opacité, au mensonge et l’inertie de la justice puisque les politiques nous font défaut. Nous avons confirmé que le système actuel est à bout de souffle, les pouvoirs en place ont hypocritement trop souvent joué le jeu de l’industrie bancaire et des paradis fiscaux. Nous citoyens ne pouvons compter que sur notre courage pour que vive la démocratie. Nous devons être au centre des décisions. Protéger nos intérêts économiques se fera à l’échelle internationale en se rassemblant ; cela permettra de créer de la richesse pour tous.

Pour le droit de savoir, pour la liberté d’expression, pour contrer une société mafieuse, pour arrêter d’avoir peur, pour donner du sens à nos vies, s’engager pleinement et transmettre aux futures générations, mettons-nous tous debout face à la corruption en bande organisée. Rassemblons-nous pour protéger nos richesses, nos intérêts économiques, éclairer sur l’opacité des informations, lutter contre l’impunité. Ayons l’esprit tourné vers la société des citoyens. Dans ce monde où l’on nous répète du matin au soir qu’il faut gagner, gagner sans règles ou au-delà des règles, l’essence est importante. Gagner de l’argent est nécessaire, mais donner du sens à la vie et à ce qui nous engage l’est encore plus. En réinvestissant ensemble l’espace public au nom de la vérité, de l’éthique, de l’intérêt général ou du simple principe de précaution, nous valoriserons le rôle de la société civile.

Alors que beaucoup déclarent avoir de la compassion pour les lanceurs d’alerte et créent des cagnottes pour les aider à survivre, ne devrions-nous pas nous inspirer de Martin Luther King lorsqu’il déclarait : « La vraie compassion, ce n’est pas jeter une pièce à un mendiant ; c’est comprendre la nécessité de restructurer l’édifice même qui produit des mendiants » ?

La vraie compassion, ce n’est pas jeter une pièce à un mendiant ; c’est comprendre la nécessité de restructurer l’édifice même qui produit des mendiants.

Martin Luther King

 

Nous sommes tous différents, géographiquement disséminés, nous n’avons pas les mêmes objectifs familiaux, professionnels. Les procès ou encore les pressions, voire les menaces, les emprisonnements atteignent des degrés divers. Nous avons chacun constaté que les combats isolés aussi importants soient-ils ne permettent pas le changement. Mais quelle autre option avons-nous à part faire preuve de solidarité citoyenne et entrepreneuriale et par conséquent nous regrouper à l’international face à la corruption et l’impunité ?

La vérité finit toujours par gagner, nous rappelait Julian Assange dans son texte Liberté d'Expression, Parole Libre et Liberté. Agissons tous ensemble pour qu’elle gagne plus vite, partout dans le monde et dans tous les domaines. Pour en finir avec les lanceurs d’alerte.

 

A suivre : Reprenons le contrôle de nos vies (Troisième partie)

 

Photo : Statues #anythingtosay?, Paris, septembre 2015. Collection personnelle

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