Faire le vide CHAPITRE I
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Faire le vide CHAPITRE I
CHAPITRE I : NASTIA
Parmi tous ses camarades de CM2, c’était elle la plus douée. Le président l’avait repérée. D’ailleurs il voulait qu’elle devienne membre du club, et rapidement. Aucune tireuse du stand n’avait son potentiel, malgré le peu de séances qu’elle avait effectuées avec son école. Il la voyait déjà sur le podium des futurs championnats de France. Elle devait s’inscrire ! Il se leva, s’approcha du pas de tir et se dirigea vers elle sans détour.
- Alors Anastasia, ça te plait de venir au tir ?
- Oui, répondit-elle timidement. Le président du club l’impressionnait, autant par sa voix caverneuse que par sa stature.
- Tu as de très bonnes dispositions pour devenir une grande championne Anastasia. J’aimerais que tu passes samedi avec tes parents. On t’inscrirait au club, tu aurais une licence de tir et tu pourrais venir aux entraînements quand tu le souhaites. Tu aimerais ?
Anastasia ne fût pas vraiment étonnée par la proposition du président. C’était la plus garçon manqué des petites filles de sa classe. Malgré ses cheveux bruns nattés jusqu’aux fesses, les circuits, les petites voitures et les garages n’étaient-ils pas ses jouets préférés ? Elle fixa les yeux bleu océan du coach et dit :
- J’en parle à maman ce soir.
Le président savoura sa demi-victoire, se leva puis passa une sacrée soufflante aux deux garçons qui se permettaient de rire et parler sur le pas de tir.
« Le président du club dit que tu as des dispositions pour le tir à la carabine, c’est ça ? demanda la mère de Nastia, dubitative mais en même temps très intriguée par ce sport méconnu.
- Monsieur Mähler pense qu’en m’entraînant dur, je pourrais devenir une championne, s’expliqua Anastasia. Et ça me plaît vraiment.
- Nastia, c’est cher une licence. Tu devras utiliser tous les sous que ta babouchka t’a donné pour ton bulletin de notes si tu veux faire du tir.
- D’accord, répondit Nastia, le regard déterminé.
- Alors je t’accompagne samedi au stand ?
- Da, mamouchka ! Spaciba ! Oui maman, merci ! s’exclama Nastia, utilisant le russe pour montrer sa profonde reconnaissance.
- Pajalosta ! Je t’en prie ! »
Quel soulagement quand le président vit Nastia arriver à la porte de son bureau, accompagnée d’une femme qui ne pouvait être que sa mère tant la ressemblance était frappante. Mähler vint leur ouvrir. Les papiers nécessaires à l’inscription de sa petite protégée étaient déjà sortis, étalés sur le bureau.
"Vous ne pouvez pas savoir quelle joie vous me faites-là Madame Bajenov ! Je vais faire de votre fille une compétitrice de très haut niveau, c’est certain !"