Dénouement
Lundi 12 octobre
Olivier et son équipe se séparèrent à la sortie du Danu. Le major avait tenu ainsi à féliciter les femmes et les hommes qui avaient réussi à remonter la piste ténue de Dumergue et de son acolyte. Le juge d’instruction avait signé un mandat de dépôt pour Mabillon et son donneur d’ordre. Les deux hommes dormiraient ce soir à la maison d’arrêt de Seysses. Il restait encore quelques zones d’ombres à lever et certains éléments historiques ne seraient peut-être jamais clarifiés, mais les charges avaient été jugées suffisantes pour justifier une telle mesure.
Clarisse envoya un message à Markus Zimmer. La réponse ne se fit pas attendre.
« Au même endroit, dans une demi-heure. »
Clarisse n’avait pas revu le jeune traducteur, mais ils avaient échangé des textos à plusieurs reprises. La veille, Markus avait précisé qu’il avait trouvé des documents intéressants dans l’ordinateur de Kaiser.
Le Hopscotch était pratiquement désert en ce lundi soir. Markus était installé au bar, un verre de bière devant lui.
— Je n’ai pas voulu attaquer le whisky avant que tu arrives.
— Tu as bien fait. Mais maintenant je suis là.
Zimmer fit signe au barman, qui patientait près de sa caisse.
— Un Big Peat pour moi, et pour toi ? demanda Markus à sa voisine.
— Je prendrai la même chose.
— Alors, reprit Markus, comme le serveur s’éloignait, vous les avez coincés ?
— Oui, ce matin. On les a cueillis au gite, au lever du jour.
— Une bonne chose de faite, commenta le jeune homme. Et maintenant ? Ce serait dommage que les recherches de Kaiser ne servent à rien.
— Je ne sais pas si le procureur voudra communiquer sur cette histoire. En fin de compte, à part un premier article assez neutre, la presse ne s’est pas intéressée à l’affaire.
— Si la justice ne veut pas s’exprimer, je pourrais le faire.
— Toi, à quel titre ?
— Je suis toujours en lien avec l’université et je suis sûr que je pourrais trouver un chercheur intéressé par ces événements. Kaiser avait bien travaillé avant de venir chez nous. Je ne sais pas comment, mais il avait réuni plusieurs documents issus des archives de la STASI. Il semble que la RDA aurait pu mettre sur pied un programme d’espionnage en Europe de l’Ouest, en particulier en France, en facilitant le retour sous couverture de certains collaborateurs trop voyants pour rentrer au titre de l’amnistie. Le vrai Dumergue est peut-être bien mort dans un camp de travail, mais il se peut aussi qu’il ait été éliminé pour pouvoir bénéficier de son identité. En tout cas, Kaiser avait retrouvé des traces de la substitution.
— Kaiser avait travaillé pour la STASI dans les années 80, peu avant la fin de la RDA.
— Je vais te dire quelque chose de plus troublant. Il y a d’autres noms dans les fichiers de l’ordinateur.
— Je ne veux pas les connaître, objecta l’adjudante.
— C’est bien pour ça que je te parle de recherches historiques, pas judiciaires.
— À chaque jour suffit sa peine. Profitons de ce délicieux breuvage, et puis après on ira chez toi pour cette fois.
*** FIN ***
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