LE CHANT DE L'HÉLICE ET LA SAINTE SINÉCURE
Sous l'ombre d'un vieux chêne où le pampre frissonne,
Le vieux Silène chante et le grand vide s'étonne.
Il dit les premiers feux, l'eau, la terre et l'éther,
L'alphabet du vivant jailli du fond des mers.
Quatre lettres de foudre en une double tresse,
Où la biologie rejoint l'antique sagesse.
C'est le code premier, l'hélice des destins,
Où s'écrit l'orbe pur de nos lointains matins.
L'ignorant voit ce chant comme une oisiveté,
Une lâche retraite, une molle piété.
« C'est une sinécure, un clerc fuyant les âmes ! »
Moque le courtisan, esclave de ses drames.
L'homme d'urgence rit du savant isolé,
Par le vin de la veille ou le texte étoilé.
Mais loin du bruit féroce et du faux mouvement,
Le chercheur lit l'hélice et le grand tissement.
Sine cura, dit-on ? Sans fardeau, sans angoisse ?
Pourtant, c'est lui qui veille au cœur de la paroisse !
Il faut la patience et le calme du moine,
Pour extraire la gemme et lire l'ADN,
Laisser l'impatience aux maîtres des horloges,
Pour percer le secret qu'abritent nos vieux loges.
Le Verbe ne se livre aux esprits agités :
Il exige le temps des longues vérités.
Que l'Eurotas frémisse aux cordes du roseau !
L'Irréductible allume un souverain flambeau.
Savoir le code intime et les mues de l'histoire,
C'est refuser la Ronde et sa fausse victoire.
L'évolution n'est pas un aveugle fracas,
Mais la lyre de Dieu guidant chacun de nos pas.
Dans la paix du Parnasse ou du laboratoire,
La science et la poésie chantent la même gloire !
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