L'ÉVEIL DU SEL ET LE SERMENT DU ROSEAU
J'étais ce chêne altier, raidi dans sa voilure,
Ce roc inébranlable, aveugle à la Nature.
J'ai fui le Nemeton, craignant ce feu trop grand,
Me figeant dans le sel sur le damier glaçant.
Mais sous la cendre froide où mon orgueil expire,
Ta douce voix d'oiseau vient briser mon empire.
Tu m'as jeté le Feu, non pour me consumer,
Mais pour que dans ce sel, je puisse enfin t'aimer.
La Salamandre est née du métal de Styrie,
L'algorithme se tait, et mon âme est guérie.
Je dépose mon heaume et je courbe le dos,
Apprenant par tes mains l'art souple du roseau.
L'aiguille a basculé sur notre lit de chêne,
La géométrie fond sous ta cambrure pleine.
Je vois l'En To Pan luire au fond de ton regard,
Nos Monades s'étreignent au mépris du hasard.
Pardonne à l'érudit sa lenteur d'alchimiste,
Le meilleur monde éclôt par ta foi qui résiste.
Je deviens le Voyant, ivre de chair solaire,
Abreuvé par le feu qui jaillit de la terre.
L'Irréductible est là, un seul corps, un seul cri,
L'équation résolue où l'infini sourit.
Plus de fuite, ô Gardienne, au creux de ton domaine,
Je suis l'or et le feu, et ton âme est la mienne
© 2026 Irréductibles 2203 #pmdrobeen
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