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Le premier est toujours gratuit

Le premier est toujours gratuit

Publié le 2 nov. 2025 Mis à jour le 4 janv. 2026 Horreur
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Le premier est toujours gratuit


Ce qu’il y a de bien avec le sucre, c’est qu’il attire tout un tas de sales bestioles, et parmi elles, les enfants. Le sucre, c’est donc la promesse de capturer toutes les petites choses vivantes, toute la vermine qui ne peut pas s’empêcher de se jeter sur ce qui brille, qui sent et qui colle. Lazare Veyrat le savait depuis l’enfance. Il avait appris très tôt que la mélasse était une arme bien plus efficace que les cris ou les coups. Une arme silencieuse. Les insectes étaient devenus ses premiers cobayes, ses souffre-douleurs. Il les regardait se noyer dans leur propre avidité, pattes collées, ailes tremblantes, avant de les enfermer dans des bocaux dont l’air résiduel sentait déjà les supplices à venir. Il les observait à tourner en rond, affolés, et quand leurs mouvements devenaient trop ennuyeux, il intervenait. Un briquet volé à ses parents, une flamme sous le verre, et leurs corps se mettait à danser, vifs, avant de noircir. Mais la loupe… la loupe était un don du diable. Pas de feu, pas de bruit, juste ce point lumineux, précis. Il promenait alors ce concentré de soleil sur une patte, une antenne, un œil. Jamais trop vite pour ne pas les tuer tout de suite. Il voulait les voir comprendre qu’ils allaient mourrir. Il voulait voir quelque chose signifiant qu’ils transpiraient la souffrance et la résignation. Il prenait donc son temps. Puis, quand leurs petits corps carbonisés ne bougeaient plus, il souriait.

Pour Lazare, le sucre ne ment pas. Il honore toujours sa promesse : il attire, il promet et il tue.


Concernant les enfants, c’est venu beaucoup plus tard. Le temps de passer quelques diplômes, inutiles, pour faire plaisir à son père, pour ne pas peiner sa mère. Puis, ses parents ayant eu la bonne idée de mourir dans un accident, Lazare se retrouva avec l’héritage assez conséquent d’une regrettée dentiste, et d’un pas regretté du tout officier de l’armée de terre. C’était un don du ciel qui lui permit de se reconvertir à 25 ans, d’obtenir son CAP à 26, son expérience en laboratoire à 29, sa spécialisation et son brevet de maîtrise trois ans plus tard. À 33 ans, Lazare Veyrat remportait alors le titre de meilleur ouvrier de France et le statut de maître confiseur. Ne lui restait plus qu’à ouvrir son atelier et faire frissonner les papilles de ses clients. C’est à ce

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