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Ce cheval m'a sauvé la vie en 2011

Ce cheval m'a sauvé la vie en 2011

Publié le 11 janv. 2026 Mis à jour le 11 janv. 2026 Développement personnel
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Ce cheval m'a sauvé la vie en 2011

C’est une réalité

Il a réuni toutes ses forces pour nous extraire du cycle de vie qui nous aurait englouti tous les deux

A l’époque, j’étais directrice juridique dans un cabinet de conseils,

Un service de 14 personnes à gérer, des chiffres à réaliser, des critères de rentabilité à remplir, des objectifs à atteindre …

Je me tuais à la tâche pour ne pas avoir à me retrouver avec moi-même,

Tout espace libre était meublé, les miroirs cachés,

Je courais le plus vite possible comme si un animal sauvage me poursuivait sans cesse

m’arrêter était impossible, comme si quelque chose en moi avait pris le contrôle,

je n’avais plus la main sur mon propre ordinateur de bord.

En janvier 2011, il y a eu une sonnette d’alarme sonnée plus fort que les autres, celle-ci j’ai pu l’entendre … un peu

Totophe souffrait depuis des années de bronchites chroniques, avec des périodes de répit plus ou moins longues.

Tous les traitements, internes, externes, anti-inflammatoires, sirops, aérosols, …. avaient été réalisés.

Un soir de janvier 2011, Totophe n’a pas voulu marcher.

Il a refusé de faire un pas de plus.

Il avait 18 ans.

Son pronostic vital a été engagé comme disent les vétos.

Je me suis sentie impuissante à lui venir en aide, à le soulager, à le soigner.

Ce que je n’avais pas compris encore c’est que ce n’était pas un problème de « traitement » médicamenteux mais, de « traitement » relationnel.

Je ne savais pas être présente à moi-même, je ne l’étais pas plus avec Totophe.

Mes gestes étaient mécaniques, les émotions verrouillées dans cette non-relation, comme je l’avais fait dans toutes mes relations.

C’était froid et Totophe souffrait de ça et moi, je ne le voyais pas.

Il cachait une profonde tristesse à l’intérieur de lui, je ne la voyais pas

Ce que je savais faire, c’était mettre des pansements avec les soins que je lui apportais, sur des plaies qui restaient béantes, que je ne voyais pas non plus

Totophe voulait être en relation et moi je n’avais pas le mode d’emploi

Alors on a souffert chacun de notre côté pendant les 10 premières années de notre vie commune

Moi cherchant ma légitimité de toutes mes forces et à tout prix

Lui s’éteignant en silence

Ce soir-là de janvier 2011, après les larmes d’impuissance, ce sont des larmes de colère qui m’ont envahie. J’en ai voulu à tous les vétérinaires de la terre.

Dès le lendemain, j’ai cherché et j’ai trouvé un autre vétérinaire pour un ultime traitement

Avec son ordonnance, ce vétérinaire a prescrit « une mise au vert », des « balades pour respirer » et « reprendre goût à bouger ».

J’ai compris le message pour Totophe et j’ai appuyé un grand coup sur le frein au travail.

Au début, je faisais comme le vétérinaire avait dit, sans ressentir, encore mécaniquement,

il avait dit d’aller promener, j’allais promener,

il avait dit d’écouter la respiration de Totophe, j’écoutais,

il avait dit de prendre le temps, je prenais le temps

Ça restait de l’exécution, il manquait un ingrédient essentiel : la présence, que je sois là entière avec lui

Après 15 jours de traitement, nous sommes partis plus loin en balade,

Tout se passait bien, Totophe prenait plaisir … enfin, ce que je pensais

Et puis, il y a eu un fossé, je n’y ai pas prêté attention, on aurait dû le franchir sans problème

Totophe n’a pas été de cet avis

Il a dit non avec tout son corps

Il a rassemblé toutes ses forces, toute la puissance contenue en lui depuis tant d’années

Il ne m’a pas jeté au sol comme il savait le faire,

Non, il a pris le mors aux dents etil l’a serré très fort

il m’a emmenée dans une course folle sur plusieurs km de bitume jusqu’à ne plus pouvoir respirer

La peur de la mort était là bien présente

Impuissante à l’arrêter, j’ai lâché les rênes,

A bout de souffle, il s’est arrêté

Nous sommes tombés tous les deux

En transe, trempés d’écume, nous sommes relevés,

j’ai vu l’effroi dans ses yeux, la peur

Ce regard-là a fracassé quelque chose en moi

Quelque chose s’est ouvert à cet instant

La porte de la conscience, une profonde compassion

Un réveil brutal dans cette urgence de vivre.

Il nous a fallu quelques kilomètres à pieds pour revenir au calme,

Sur le chemin, son regard est revenu se poser sur moi comme pour ancrer un pacte entre nous

Il n’a pas eu besoin d’en dire plus

J’avais compris

Rien ne serait plus comme avant

Quelques jours après, nous partions de l’écurie pour un lieu qui allait devenir notre lieu de retraite, notre cocon pour apprendre à être ensemble, 3 mois plus tard

3 mois plus tard, je quittais mon emploi

Totophe n’a plus eu de bronchites,

Il entre dans sa 32 ème année en 2026

Mon cœur est rempli de gratitude,

Merci Totophe


www.uncoconpoursoi.com

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Commentaires (2)

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Jackie H verif

Jackie H il y a 21 jours

Le moment de la prise de conscience, c'est le moment où quelque chose se fracasse et laisse entrer...
... ce qui vient de l'extérieur...
... ce qu'on a voulu laisser à la porte pendant trop longtemps...
... ou bien...
... ce qu'on a enfermé à l'intérieur et qui profite de la fissure pour enfin s'échapper et se faire entendre...

Les affections psychosomatiques : quand le corps n'est pas physiquement malade mais qu'il n'est que le messager de l'âme, ou du mental, ou de la psyché, ou bien de... bref : d'autre chose...

Très beau texte, très révélateur 👍🏻🙂

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Christine Renard verif

Christine Renard il y a 20 jours

merci infiniment pour votre commentaire qui me touche profondément. c'est tout ça ... quelque chose de non planifié qui ne s'apprend pas dans les livres, ça nous arrive un jour ... ou ça nous tombe dessus un jour ;-)
Merci

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