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Chapitre 1 : Le jour de l’éveil

Chapitre 1 : Le jour de l’éveil

Publié le 13 sept. 2021 Mis à jour le 13 sept. 2021
time 11 min

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Chapitre 1 : Le jour de l’éveil

Image de Caixopolis sur Pixabay : Lien 

 

 

« Quand j’ai passé cette porte, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre. Des doutes s’instaurèrent. À en voir la réaction de ce type, je n’étais pas venu pour de l’argent. Alors quoi ? C’était quoi, cette donation ? Crétin comme j’étais, je l’ai suivi pour en avoir le cœur net. Une part de curiosité, et surtout une grande part de stupidité me poussait à découvrir ce qu’il en retournait. Je ne fus pas déçu du voyage … »

  • Hé, heu … monsieur, quand est-ce que je serais ce que vous allez me donner ?
  • Qu’est-ce que j’en sais, moi (fit-il sur un ton désinvolte)
  • Comment ? Mais, ce n’est pas vous qui allez le faire ? On va voir une autre personne pour ça, c’est cela ?
  • Doucement jeunot avec les questions. Je ne suis pas là pour ça.
  • Pour quelle raison êtes-vous là alors ?
  • Te remettre ton … don, voyons (il se mit de nouveau à rire aux éclats)
  • Mais, attendez, vous venez de dire que …
  • Je dois te le remettre, oui, mais je n’ai aucune idée de ce que ça sera.
  • Et bien, filez-moi rapidement l’enveloppe, le cadeau, enfin le truc que vous devez me donner quoi.
  • Je pense qu’il est temps que nous ayons une petite discussion, petit gars.

 « Sur ces mots, je n’en avais pas ramené large. Comme disent certains, j’étais sur le point de faire ‘mouillette’. Malgré que ce gars n’était pas plus épais qu’une feuille de dessin, ses expressions faisaient penser à un tueur. J’étais à la fois en panique et presser d’en finir. Que me cachait-il ? Qu’allais-je devenir ? Toujours vivant, allez-vous me dire. Sinon je ne serais pas là aujourd’hui à narrer mon passé. Mais, je ne suis plus le même homme depuis. Holà non, je peux vous l’affirmer. »

  • J’en ai ras le bol de vos menaces. Dites-moi ce que c’est !
  • Du calme, petit jeun’s, ce n’est pas bon pour tes nerfs de t’exciter ainsi. Et puis, je ne te menaçais pas, tu te méprends.
  • Comment, mais, depuis tout à l’heure vous …
  • … Je te mets à cran, oui, je sais. Que veux-tu ? On ne change pas un vieux bougre. J’ai toujours joué avec les nouveaux. Après tout, une fois que je t’aurais remis ton … don (il ne put réprimer un sourire), on ne se reverra plus, petit.
  • Et bien, qu’on en finisse alors.
  • Sans même connaître les raisons de ta venue ici ?
  • Je m'en fiche. Si je n’ai rien d’ici cinq minutes, je me casse.
  • Hé bien, quelle détermination ! Bravo. Je dois cependant te faire patienter. Irhsys ne va pas tarder. Il sera là pour surveiller que la … transaction a bien été menée. Tu vas devoir attendre un peu plus que prévu, ce gars là à la fâcheuse habitude d'être en retard.

Une sorte de sifflement se fit entendre à peine eut-il fini. Une ombre grandissait derrière lui. Un homme, bien bâti, aux traits durs, surgit devant moi. Sur un sursaut tout à fait naturel et non dû à la peur, du moins, j’avais essayé de m’en  convaincre, je fis un recule de trois quatre pas. Laurel et Hardi étaient face à moi. Et bizarrement, l’armoire à glace qui venait d’entrer ne me faisait pas autant d'impressions que l’autre gars biscornu. Était-ce cet homme plein de muscles, même aux endroits qui m’auraient paru inimaginables, qui m’avait envoyé  ce courrier ? Je n’allais pas tarder à le découvrir.

  • Irhsys ? Te voilà donc. Le jeune homme était déjà impatient. Tu es à l'heure pour une fois. Que t’arrive-t-il ?
  • Armshair !
  • Tu te souviens de mon nom, comme c’est sympathique de ta part et surtout bien pratique. Je ne comprends toujours pas pourquoi c’est … toi, qui te déplaces aujourd’hui, tu ne traites que des cas … particuliers. Ce n'est qu’un … humain, rien de plus. Isra est-elle malade ?
  •  
  • Ta conversation est en nette progression. Je n’ai jamais entendu autant de mots sortir de ta bouche depuis que je te connais. C’est un, … un miracle, je ne trouve pas d’autre mot. Alors, juste une question, pourquoi toi ?
  • C'est sa requête.
  • Donc, non seulement il me met un humain dans les pattes, mais il te fait déplacer ici en plus de cela. Quelle journée mé-mo-rable.

Sur ces échanges, si l’on peut les nommer ainsi, j’avais eu ma réponse. Ce Irhsys n’était juste qu’un tas de chair, zéro pour cent de matière grasse, qui devait surveiller que tout se passe bien. C’était du sérieux. Mais, je n'arriverai toujours pas à savoir à qui j’avais affaire. Je ne connaissais que leur nom, et seulement depuis leur conversation, mais qui étaient-ils ? Travaillait-il pour une organisation ? Une association ? L’état ? Quand je le découvris enfin, j’étais bouche bée. Et encore aujourd’hui, j’ai beaucoup de mal à réaliser.

  • Bon, Irhsys, on doit s’occuper du petiot.
  • Je ne suis là que pour constater. Je te laisse faire.
  • Oui, comme d’habitude. Toujours les mêmes qui bossent.

Il tourna son regard vers moi, avec, encore, cet air grave. Bien que cette salle soit peu lumineuse, j’avais eu le temps de remarquer ces reflets violacés dans ses cheveux mi-courts. Au-delà du fait que je n'étais pas pour cette mode de se colorer les cheveux, cela m’avait interpellé, car j’avais cru les voir briller. Ces mèches passaient d’un fuchsia très clair à un violet plus prononcé et plus foncé. Je ne savais pas que l’on pouvait faire ce type d’effet sur sa tête. Je ne savais pas par quel miracle il avait fait cela, mais j’étais comme fasciné. J’allais de surprise en étonnement, et ceci n’était que le début.

  • Hey, fiston, tu es avec nous ?
  • Heu, oui, oui, bien sûr, Armshair.
  • Et voilà, merci Irhsys. Le gamin est fier de connaître mon nom. On va aller loin avec ça. Bon, si tu permets, maintenant que tu parais attentif, on va y aller.
  • On change encore de pièces ? Il va falloir signer des documents ?
  • Arrête avec ta paperasse. Tu es bien dans un monde d’humain toi. Vous et votre continuel besoin de laisser des traces à l’encre de chine. C’est maladif pour votre espèce.
  • Heu, non. Maintenant on le fait sur un PC, plus besoin de papier. Et pourquoi vous parler tout le temps d’hu…
  • ... Tu es vraiment un rigolo, toi. Mais tu riras moins dans quelques minutes.
  • Et je peux savoir pourquoi ?
  • Mais toi au fond de la salle et attend.
  • Ah, on reste ici, c’est cool. J’ai cru qu’on allait encore devoir bouger.
  • Oui, cette salle est parfaite, elle est complètement insonorisée.

Je n’eus pas le temps de répliquer qu’il ouvrit sa chemise brutalement, mettant son torse à nu. On m’avait souvent surnommé le ‘tas de squelette’, mais, là, c’était hallucinant. Si sa peau ne recouvrait pas un minimum ces os, je ferais face à un mort-vivant. Le plus étrange était son ventre. Il était arrondi comme s’il avait mangé trois repas d’affilés sans avoir eu le temps de digérer. Le plus particulier dans tout ça, ce que l’on n’aurait jamais imaginé qu’il soit si gros avant qu’il n’enlève son vêtement. Peut-être était-ce là une illusion d’optique.

  • Tu notes ? (Fit Armshair à Irhsys)
  •  
  • Heure dix. Minute 58.
  • Secondes 36 (fis-je amusé)

Armshair m’adressa un regard noir, qui m’avait rapidement calmé.

  • Année 2058. Sujet humain. Identité …

Il s’arrêta là et me regarda à nouveau. Je ne compris pas ce qu’il me voulait, je m’étais tu, comme il l’avait demandé.

  • Ton nom, imbécile ! (Me fit-il en hurlant)
  • Heu, bin, heu (fis-je sur un sursaut de panique). Je sais que mes amis m’appellent « couille de loup », oui, je fais une très belle imitation de Michael Jackson, mais sinon je m’appelle Léorys.

Armshair se retourna vers Irhsys d’un air désemparé.

  • Les humains. Pourquoi a-t-il fallu que ce soit un humain ? Il n’y avait pas d’autre choix ? C’est une punition ? Lui, mon vieux, il va morfler.
  • Fais ce que tu dois faire et arrêtes de piailler. Mon temps est aussi précieux que le tien alors agit en conséquence.
  • Morfler ? Comment ça ? (Fis-je inquiet.)
  • Oh que oui, et ça commence maintenant.

Armshair se courba vers l’arrière de telle sorte que son ventre soit dirigé vers moi. Une sorte de boule sortie de son. Je sentis mes yeux s’exorbités devant cette vision d’horreur. Je n’eus pas le temps de réagir. Cette chose fut projetée violemment sur moi et me projeta en arrière de quelque mètre, tellement le choc fut important. Ce fut le trou noir suite à cela. Quand je repris mes esprits, j’entendais Armshair et Irhsys se gueuler dessus comme des chiffonniers. Ma tête était lourde, chaque son me donnait un mal de crâne insupportable. Leur querelle était un supplice, mais je n’arrivais pas à trouver la force de les interrompre. Ma vue était encore trouble et mon odorat était devenu bizarrement très sensible à chaque odeur. Tout ceci n’arrangeait pas mon état.

  • Mais qu’est-ce tu as fait ?
  • Ça doit faire au moins la cinquième fois que je me répète, Irhsys, je lui ai envoyé ma boule de pouvoir. Je n’y peux rien si ça n’a pas réagi. Ce n'est qu’un humain après tout. Il s’est peut-être trompé à son sujet, voilà tout.
  • Tu sais très bien que ce n’est pas possible, il ne fait jamais d’erreur.
  • Et bien il y a un début à tout.
  • Envoie-lui une autre sphère, celle-ci devait être vide.
  • Vide ? Vide ? Mais c’est ta tête qui est vide. Je n’ai jamais eu de problème pour la distribution. Ja-mais. Tu entends ?
  • Fais-le ! Envoi lui une autre !
  • J’en ai plus que deux en réserve. Elles sont destinées à Mikey et Jaran. Je dois faire la distribution demain, et tu sais qu’il me faut du temps pour en refaire. Je dois reprendre des forces. Mon état cadavérique est le résultat des trois dernières.
  • Je sais. Je te connais depuis bientôt vingt ans. Je connais tout cela. Mais nous ne pouvons pas nous permettre de lui dire que son spécimen n'a rien reçu. Mikey et Jaran attendront. J’en assume la responsabilité. Lance-lui-en une autre !
  • Puisque c’est toi qui décides.

Je commençais tout juste à me relever que je fus de nouveau projeté. Cette fois-ci, par chance, je ne fus pas assommé. Mais tenir debout m’était impossible. Que m’avait-il fait ? C'était quoi ces projectiles qui lançaient sur moi tel un boulet de canon ? En plus de me faire horriblement mal, une sorte de mal-être était survenu. Une envie de vomir mes tripes, certainement due au fait que c'était mon ventre qui avait reçu. Leur dispute s’intensifia. Le ton monta.

  • Mais ce n’est pas vrai ! Tu le fais exprès ? Celle-ci aussi ne lui a rien fait. Tu as perdu ton pouvoir, ce n’est pas possible autrement.
  • Je suis sûr qu’il ne doit pas être compatible, voilà tout. Je n’y peux rien.
  • Oui, bien sûr. Et je vais m’empresser de le lui dire. Je vois ça d’ici. « Monsieur, Armshair pense que votre sujet n’est pas compatible aux sphères de pouvoir ». Tout ira pour le mieux, voyons.
  • Et que veux-tu que j’y fasse ? Je ne fabrique pas ces sphères sur commande, ce ne sont pas des pokeball mec.
  • Il t’en reste une.
  • Oui, et ?
  • Vas-y. Et ne discute pas.
  • Mais tu n’es pas bien. Mickey et Jaran vont devoir attendre plus d’un mois avant que je puisse en fabriquer d’autres.
  • Je t’ai déjà dit que j’en prenais la responsabilité. Ils ont attendu 100 ans. Quelques mois de plus, ce n’est rien.
  • Et tu leur diras quoi sur le fait qu’ils se soient déplacés pour rien ?
  • Ils feront un petit séjour sur cette terre, ce n’est rien. Je leur dirais que ce sera un stage, celui d’apprendre à vivre dans un autre univers.
  • Pas sûr qu’ils acceptent.
  • Ils n’auront pas le choix.
  • Comme tu le souhaites. Je ne suis que l’exécutant. Un dernier point, un détail, et si le jeune ne survit pas. Je n’ai jamais envoyé plus d’une seule sphère et il a l’air déjà bien mal au point.
  • Et bien dans ce cas, on se débarrassera de lui et je ferais mon rapport. Il stipulera qu’il n’était pas le sujet attendu.
  • Et bien, allons-y.

J’avais cherché à trouver la force de leur dire d’arrêter, mais j’étais trop assommé après le deuxième coup. À quelle expérience ces deux gars se pliaient-ils ? Ma vie était engagée. Était-ce la fin ? Non, pas question. Mon avenir allait devenir enfin prometteur. Mes années de sacrifices, ainsi que ceux de ma grand-mère, allaient finir par payer. Je ne pouvais pas renoncer de la sorte. Je me rappelle juste de mettre relevé et d’avoir hurlé quand je fus touché pour la troisième fois. Le reste fut le black-out complet.

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